450 animaux secourus : l’autre mobilisation des feux du Sud-Ouest

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Un marcassin, les pattes brûlées, récupéré quelque part dans les pinèdes girondines. C’est l’une des dernières prises en charge signalées par les équipes bénévoles qui travaillent depuis une semaine derrière les lignes de feu — et l’un des premiers signes que la faune sauvage, jusque-là terrée ou fuyante, commence à ressortir.

Il y a les hectares, les maisons, les campings évacués, les pompiers blessés. Et puis il y a ce que les bilans ne comptent pas : les animaux. Ceux que l’on n’a pas pu emmener au moment de partir, ceux qui se sont échappés dans la panique, ceux qui sont restés dans un pré au milieu d’un secteur bouclé.

Une cellule de crise montée en quelques heures

L’association FUTUR, qui coordonne ce dispositif, a activé sa cellule de crise le 25 juillet, à la suite d’un appel à renforts lancé par la Brigade de Secours Faune Sauvage. Une équipe est descendue en Gironde dans la nuit du 25 au 26.

3 jours plus tard, le bilan qu’elle communique fait état de près de 80 interventions réalisées ou coordonnées, concernant plus de 450 animaux, avec plus de 2 600 bénévoles qui se sont portés volontaires et une permanence assurée 24 heures sur 24.

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Le procédé n’est pas improvisé : la même structure avait déjà été déployée lors des incendies de Fontainebleau, où plus de 6 000 personnes s’étaient signalées. En Gironde, l’appel diffusé sur les réseaux a été vu près d’un million de fois en 3 jours.

Ce que fait une organisation qui fonctionne

Le point intéressant tient moins au nombre de volontaires qu’à la manière dont ils sont employés — et il mérite d’être détaillé, parce qu’il tranche avec l’image d’Épinal de l’élan spontané.

Les bénévoles rejoignent d’abord un groupe d’information général, avant d’être orientés selon leurs compétences et leurs moyens réels vers 4 filières distinctes. Les soins animaliers, réservés aux vétérinaires, aux auxiliaires spécialisés et aux soigneurs disposant de connaissances en faune sauvage. Le transport, pour ceux qui possèdent un véhicule adapté, des cages ou une remorque. L’accueil temporaire, assuré par des familles ou des structures disposant de box, de pâtures ou d’espaces sécurisés. Et la prise en charge des animaux blessés, confiée aux centres de soins.

Chaque demande fait l’objet d’une évaluation avant d’envoyer qui que ce soit. Autrement dit : personne ne part faire n’importe quoi. C’est exactement ce qui distingue une chaîne de solidarité efficace d’un attroupement de bonnes volontés — et personne n’a eu besoin d’un texte réglementaire pour le comprendre.

Des chats, des ânes et un marcassin

Le détail des interventions dit assez bien à quoi ressemble une évacuation vue d’en bas.

L’essentiel des demandes concerne des animaux domestiques séparés de leurs propriétaires au moment de partir. Beaucoup de chats, qu’il faut capturer, nourrir, transporter, héberger le temps que les familles puissent revenir les chercher. Des chiens restés dans des secteurs bouclés. Et une part importante d’animaux de ferme : chèvres, boucs, moutons, chevaux, poneys, ânes, lapins, poules, oies, canards. Ceux-là exigent des moyens lourds et des solutions d’accueil que l’on ne trouve pas en 20 minutes.

S’y ajoutent des opérations de nourrissage sur place, lorsque l’évacuation immédiate est impossible — c’est-à-dire lorsqu’il faut choisir entre laisser des bêtes mourir de faim et prendre un risque.

Les communes concernées dessinent la géographie du sinistre : Cestas, Marcheprime, Le Haillan, Saint-Médard-en-Jalles, Andernos-les-Bains, Mérignac, Mios, Lège-Cap-Ferret.

La consigne qui compte

Un point est martelé par les organisateurs, et il faut le relayer tel quel : personne ne doit se rendre spontanément dans les zones sinistrées.

Aucune intervention n’est menée dans un secteur interdit ni lorsque les conditions ne le permettent pas. Tout passe par la cellule de coordination, en lien avec les professionnels et les autorités présents sur place. Un civil qui s’aventure seul dans un périmètre bouclé pour récupérer un chat ne sauve pas un chat : il mobilise une équipe de secours pour aller le chercher, lui.

Le président de l’association le formule sans détour : l’objectif n’est pas d’envoyer le plus de monde possible, mais les bonnes compétences au bon moment.

Ce qui s’est monté là, en quelques heures, c’est une organisation logistique complète — recensement des besoins, tri des compétences, transports, hébergements, soins vétérinaires, permanence continue — bâtie par des particuliers, financée par personne, et articulée aux services de secours sans les gêner. Le tout coordonné, faute de mieux, par des groupes de discussion sur téléphone portable.

On a beaucoup glosé cet été sur l’élan citoyen face aux flammes, tantôt pour s’en émouvoir, tantôt pour s’en inquiéter. Voilà à quoi il ressemble quand il est bien fait : ni héroïsme désordonné, ni attente passive d’une instruction préfectorale. Des gens qui savent quelque chose, et qui se rangent là où ce qu’ils savent est utile.

Les besoins, précise l’association, restent importants : vétérinaires, auxiliaires spécialisés, soigneurs, transporteurs équipés, familles d’accueil, structures capables de recevoir des animaux blessés. Les demandes continuent d’arriver quotidiennement.

Rejoindre la mobilisation

Les personnes souhaitant proposer leur aide peuvent rejoindre la cellule de coordination de FUTUR via les groupes WhatsApp dédiés : (lien sur les réseaux sociaux de l’association)

https://chat.whatsapp.com/LrhHkP3oASXE0xk2XQUQm9?s=ms&p=a&ilr=0&amv=3

Crédit photo : DR
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