Sept millions de Français ont recours à l’aide alimentaire. Dans le même temps, le pays jette chaque année 3,8 millions de tonnes de produits parfaitement comestibles. C’est de cette contradiction qu’est née SOLAAL, qui organise du 1er au 30 septembre la 12e édition des Journées nationales du don agricole, sous le haut patronage du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire.
Pendant un mois, agriculteurs, coopératives, entreprises agroalimentaires, grossistes et acteurs du monde agricole donnent des produits — essentiellement frais — aux associations d’aide alimentaire.
Les chiffres
Côté précarité. Selon les dernières estimations du CREDOC, environ 16 % de la population française est concernée par la précarité alimentaire, soit un Français sur six. Près de 7 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire, un chiffre en progression constante depuis dix ans.
Le public a changé : familles monoparentales, retraités isolés, étudiants, travailleurs précaires. Face à la hausse du coût de l’énergie, du logement et des charges, l’alimentation est devenue la variable d’ajustement d’un pouvoir d’achat en baisse.
Côté gaspillage. Les données de l’ADEME font état de près de 9,7 millions de tonnes de nourriture gaspillées chaque année en France, dont environ 3,8 millions de tonnes de produits parfaitement comestibles, jetés à tous les stades de la chaîne — de la production à la consommation.
Côté résultats. L’édition 2025 des Journées avait permis de collecter l’équivalent de 1,3 million de repas. Depuis sa création, SOLAAL a redistribué plus de 47 000 tonnes de produits agricoles, soit environ 84 millions de repas.
Un chiffre mérite d’être souligné : 96 % des produits collectés par SOLAAL sont frais, et donnés en proximité. L’association en fait un principe — l’aide alimentaire a droit à la qualité.
D’où vient SOLAAL
L’association a été créée en 2013 par Jean-Michel Lemétayer, ancien président de la FNSEA, parti du constat qu’il était intolérable qu’un agriculteur jette sa production quand des gens ont faim.
La même année, il signait le premier Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, initié par Guillaume Garot — aujourd’hui parrain de l’association et par ailleurs à l’origine de la loi qui porte son nom.
SOLAAL est reconnue d’intérêt général et rassemble plus de 40 organisations issues des secteurs agricole, industriel, de la distribution, des interprofessions et des marchés de gros. Elle s’appuie sur un réseau de 12 antennes régionales, chargées de gérer les dons au plus près des donateurs et des besoins locaux. Sa présidente est Angélique Delahaye, intervenue en février dernier aux États généraux du gaspillage alimentaire.
Ce qui est prévu en septembre
Les Journées prennent des formes variées selon les territoires : glanages et cueillettes solidaires, dons lors de foires et salons agricoles, chaînes du don, visites d’exploitation.
Au-delà de la collecte, l’association met en avant la dimension de lien social : rapprochement entre monde agricole et associatif, découverte du métier par les bénévoles et les bénéficiaires, et un écosystème réunissant producteurs, transporteurs, logisticiens, associations d’insertion et étudiants.
Angélique Delahaye résume la logique de l’opération : chaque tonne de fruits, de légumes, de lait ou d’œufs sauvée du gaspillage est une tonne qui nourrit des familles plutôt que des bennes. Elle relève que cette édition intervient dans un contexte social difficile pour tous — le monde agricole compris — et appelle ceux qui hésitent encore à rejoindre le mouvement en septembre.
Agriculteurs, coopératives et entreprises souhaitant donner peuvent se rapprocher de l’antenne régionale de SOLAAL ou passer par le site solaal.org.
La liste complète des actions organisées sur l’ensemble du territoire doit être communiquée dans les prochains jours. Nous la relaierons pour la Bretagne dès qu’elle sera disponible.
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