Sa prise de fonction a donné le ton : le 20 juillet au soir, quelques heures après son installation, le nouveau préfet de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire, Laurent Hottiaux, se rendait en urgence sur l’incendie d’un camp de Roms à l’est de Nantes — un sinistre qui aurait pu faire des morts, de son propre aveu. 2 mois plus tard, ce mardi, le représentant de l’État, arrivé des Alpes-Maritimes, a dressé devant la presse l’état des lieux des dossiers chauds nantais. Immigration illégale, narcotrafic, bidonvilles : le programme tranche nettement avec la politique d’accueil revendiquée par la maire socialiste Johanna Rolland.
Un centre de rétention à Nantes : « une urgence »
Le dossier le plus sensible reste la construction, d’ici 2028, d’un centre de rétention administrative (CRA), destiné à retenir les étrangers sous mesure d’éloignement en attendant leur renvoi. Pour le préfet, l’absence d’un tel équipement dans la 6e ville de France constitue une anomalie — et le combler, une urgence. Le chiffre qu’il avance pour le justifier est lourd : à Nantes, 40 % de la délinquance de voie publique serait le fait de ressortissants étrangers, en grande majorité en situation irrégulière. Les 10 derniers individus placés en rétention l’ont été pour vol, blanchiment ou violences — des profils que l’État entend reconduire dans leur pays d’origine, dans le cadre de la loi.
Le successeur de Fabrice Rigoulet-Roze annonce donc une intensification de la lutte contre l’immigration irrégulière, au nom de la sécurité. Le projet de CRA, engagé dès 2022 près de la maison d’arrêt, fait bondir la gauche locale, de la mairie aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes. Le chantier a commencé, un référé-liberté des opposants vient d’être rejeté, mais une manifestation est annoncée samedi sur le site — surveillé jour et nuit depuis que 11 personnes ont été interpellées pour avoir planté des clous dans les arbres. Le préfet prévient : les fauteurs de troubles trouveront la police et la justice en face d’eux.
Narcotrafic : 43 points de deal dans le département
La priorité affichée du préfet rejoint directement le dossier migratoire : sur les points de deal, constate-t-il, les étrangers en situation irrégulière sont nombreux — d’où, là encore, le besoin d’une capacité de rétention. Le printemps nantais a été marqué par une série d’homicides d’une rare violence liés au trafic de stupéfiants. Le département compte 43 points de deal, dont 33 dans la seule métropole nantaise.
L’arsenal annoncé va au-delà de la rétention : fermetures administratives de commerces alimentant les réseaux, expulsions de logements sociaux, interdictions de paraître, et pression sur les consommateurs — près de 2 000 amendes forfaitaires délictuelles ont déjà été dressées, à 500 € désormais, avec inscription au casier judiciaire. Venu de Nice, ville la plus vidéosurveillée de France avec près de 5 000 caméras, le préfet mise aussi sur la vidéoprotection et salue l’engagement récent de la commune, tout en relevant le retard nantais : 504 caméras installées, 131 à venir. Un sujet technique et non politique, balaie-t-il.
Bidonvilles : une situation « totalement atypique »
Dernier front : les 64 bidonvilles de la métropole nantaise, peuplés d’environ 3 500 personnes — une situation que le préfet qualifie d’inacceptable et sans équivalent sur le territoire national. Un plan mêlant fermeté et humanité doit être déployé avec la métropole et une future sous-préfète dédiée. Tensions croissantes avec les riverains, départs de feu estivaux, occupations illicites : le représentant de l’État promet de faire exécuter chaque décision de justice, rappelant qu’on ne s’installe pas sur la propriété d’autrui. Si les ressortissants européens bénéficient de la liberté de circulation, ceux qui sont dépourvus de ressources peuvent être reconduits, souligne-t-il.
Sur le terrain, la fermeté annoncée est déjà à l’œuvre : le 8 septembre, le bidonville de la Petite Meilleraie, aux Sorinières, occupé illégalement depuis février par 7 caravanes, a été évacué sans incident sur décision de justice, avec le concours de la force publique autorisé par le préfet — 3 semaines après le démantèlement de 2 campements à l’est de Nantes, près de la Prairie de Mauves. C’est dans ce camp des Sorinières qu’un incendie parti d’une caravane s’était propagé fin août à un immeuble voisin, détruisant plusieurs appartements et jetant des riverains à la rue. Les associations d’aide aux Roms dénoncent, elles, des punitions collectives et s’inquiètent de la scolarisation des enfants — tandis que les occupants évacués en août s’étaient réinstallés 3 jours plus tard à quelques kilomètres, sur des terrains municipaux, poussant la ville à porter plainte. Un jeu du chat et de la souris qui illustre l’ampleur de la tâche du nouveau préfet.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.