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Tout le petit monde économico-politique français est en émoi. L’équation financière face à laquelle nous ont mis nos dirigeants paraît aujourd’hui insoluble. Et elle l’est probablement, surtout si on recherche une solution à l’intérieur du système qui a conduit notre pays à cette situation.
Un petit retour s’impose
La plupart des pays avaient compris que la monnaie était un instrument essentiel pour leur économie et que la façon de l’émettre devait respecter un certain nombre de conditions. Parmi celles-ci, une est absolument déterminante : la monnaie d’un pays doit être émise par ce pays et seul le peuple peut et doit contrôler cette émission. Après tout, c’est toujours le peuple qui, en dernier ressort, a toujours payé les dettes.
Un épisode célèbre, celui de la guerre d’indépendance des Etats-Unis, est resté largement ignoré jusqu’à nos jours. L’affaire débute en 1763, lors d’un voyage en Europe effectué par Benjamin Franklin. Il était devenu, après une carrière bien remplie, un homme politique très écouté dans les colonies américaines. Bien que rattachées à la Couronne Britannique, elles jouissaient d’une certaine indépendance, notamment sur la monnaie utilisée.
En visite au parlement britannique, un de ses membres lui demanda quelle était l’origine de la prospérité des colonies.Laissons Franklin lui répondre :
« C’est très simple. Aux colonies, nous émettons notre propre monnaie. Elle s’appelle « l’effet colonial ». Nous l’émettons en proportion des besoins du commerce et de l’industrie pour faciliter l’échange des producteurs aux consommateurs. De cette manière, créant nous-mêmes notre propre monnaie, nous contrôlons son pouvoir d’achat, et nous n’avons pas d’intérêt à payer à quiconque. »
Stephen M. Goodson, dans son livre « Histoire des banques centrale et de l’asservissement de l’humanité (Editions Omnia Veritas) poursuit ainsi :
« L’année suivante, en 1764, la Banque d’Angleterre introduisit le « Currency Bill » qui restreignit le droit des colonies à émettre leur monnaie et interdit, de fait, son statut légal pour le paiement des dettes publiques et privées. Ils furent forcés d’émettre des bons du trésor portant intérêts et les vendre à la Banque d’Angleterre afin d’obtenir de la monnaie anglaise. Mais seule la moitié de la monnaie fut donnée. Cette loi eut pour conséquence de faire chuter l’économie des colonies et en un an la situation devient catastrophique. L’abolition de la monnaie coloniale fut la cause première de la révolution américaine »
Cela permet de mettre en évidence le lien étroit qui existe entre la monnaie et l’économie d’un pays.
Pourquoi nous a-t-on retiré le contrôle de notre monnaie ?
Cela s’est fait progressivement. L’idée de substituer une monnaie qui possédait une valeur intrinsèque, telle que l’or, provient de la pratique de certains orfèvres qui émettaient des « certificats de possession d’or » sans posséder tout l’or nécessaire, remonte probablement au XVI ème siècle.
Cette pratique a été développée par les banquiers (souvent orfèvres à l’origine) qui ont compris que l’essentiel, le cœur de toute la machinerie était la confiance. Les gens devaient être intimement persuadés que les billets imprimés qu’ils recevaient en échange d’un bien ou d’un service avaient réellement la même valeur que le montant en or imprimé dessus. Autant il était relativement difficile de falsifier une pièce d’or (on pouvait, dans une certaine mesure, diminuer la quantité d’or en réalisant des alliages) autant il est facile de mettre sur un billet la somme choisie. On est donc passé de la monnaie « pleine » celle dont la valeur intrinsèque correspond à la valeur faciale, à la monnaie fiduciaire qui repose entièrement sur la confiance.
A partir de là, tout devenait possible. Cependant, il y avait un hic, un petit problème, qui résidait dans le fait qu’on ne pouvait pas mettre en circulation trop de monnaie à la fois sans provoquer une inflation importante.
Le gain se fait au niveau de l’intérêt et non du capital.
Les banquiers ont vite compris (après quelques échecs retentissants) que le jeu n’était pas d’augmenter la masse monétaire en circulation, (du moins pas au-delà de ce que permettait le développement économique d’un pays) mais de transférer vers eux l’argent gagné par le travail des autres. Pour cela, il fallait émettre de l’argent créé à partir de rien et le prêter contre intérêt. Les intérêts ainsi payés ne pouvaient l’être qu’avec de l’argent à valeur économique et l’idéal pour le banquier était de voir les intérêts payés sous forme d’impôts par les contribuables.
Pour arriver à cette situation, la monnaie devait être émise par les banquiers eux-mêmes et non plus par les instances dirigeantes d’un pays.
Dans ce système, le capital prêté ne doit jamais être remboursé, car les banquiers émetteurs seraient obligés de le détruire pour ne pas augmenter la masse monétaire en circulation, mais continuer indéfiniment à produire des intérêts. Le paiement de ces intérêts en augmentation constante ne peut, à terme, que ruiner les peuples et c’est ce qui est en train d’arriver. Tous les efforts qui seront faits en diminuant les dépenses et en augmentant les impôts seront vains et ne feront que retarder l’échéance en enrichissant davantage ceux qui en bénéficient.
C’est de cette nasse dont il faut sortir en retrouvant notre droit fondamental de frapper notre propre monnaie.
Jean Goychman
Cercle Patria
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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4 réponses à “Sortir de la nasse [L’Agora]”
L’oxymore de l' »épisode célèbre… ignoré jusqu’à nos jours » est cocasse, mais non, le Currency Act de 1764 n’est pas la « cause première de la révolution américaine », il n’en est que l’une des causes, derrière l’augmentation des impôts, notamment le Stamp Act de 1765.
Comme le dit justement M. Goodson, le Currency Act « restreignit le droit DES colonies ». LES colonies, parce que chacune d’elles émettait ses propres billets. Or elles n’étaient pas toutes vertueuses, certaines faisaient chauffer la planche à billets. Le Massachusetts, en particulier, connaissait une hyperinflation, et le dérapage risquait de s’étendre. Au passage, les fournisseurs anglais qui vendaient à crédit à des clients américains étaient spoliés par la baisse de valeur rapide des billets. Le Currency Act a mis — brutalement certes — de l’ordre dans un système qui courait au désastre.
Un Etat qui n’est plus maître de sa monnaie devient l’esclave de ceux qui la gère ( les banquiers interlopes ) L’euro en est le parfait exemple.
En ce moment la BCE cherche à nous endormir en demandant (soit disant) leur avis aux citoyens européens pour le design des futur euros. La ficelle est un peu grosse car il s’agit en fait de faire chauffer la planche à billets. Ce n’est ni plus ni moins que de la fausse monnaie, à l’époque de la révolution le contrefacteur était puni de la peine de mort. Maintenant le contrefacteur est considéré comme un brillant économiste. On devrait pouvoir trouver un compromis entre les deux sanctions.
« Chauffer la planche à billets » pour créer de la fausse monnaie est déja une escroquerie, même si elle est « légale », mais nous faire payer en plus des intérêts dessus nous ramène à la phrase d’Henry Ford:
« Si les gens comprenaient le système bancaire, la révolte serait pour demain matin! »