Il existe des sports que l’on ne voit jamais à la télévision et qui remplissent pourtant les tribunes. Du 10 au 15 août, le Parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron, dans le Loir-et-Cher, accueille simultanément les championnats du monde de pony-games et les championnats d’Europe de horse-ball. Près de 400 cavaliers y sont attendus, dont 6 équipes de France engagées avec, dans chaque catégorie, la même ambition : l’or.
Le pony-games, ou la vitesse à hauteur d’enfant
Pour qui n’a jamais assisté à une épreuve, le pony-games tient du relais athlétique monté : des équipes s’affrontent sur une série de jeux chronométrés — récupérer un objet, franchir un obstacle, transmettre un témoin — au galop et dans un vacarme de tribune qui n’a rien à envier au football. La discipline est née en Grande-Bretagne, et les nations anglo-saxonnes y restent redoutables.
14 nations seront présentes : Allemagne, Angleterre, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Écosse, États-Unis, Irlande, Irlande du Nord, Italie, Nouvelle-Zélande, Pays de Galles et Suède. Particularité de l’événement, les délégations les plus lointaines — Américains, Australiens, Néo-Zélandais — concourront sur des poneys prêtés par des clubs français, ce qui suppose une adaptation express et rend la compétition d’autant plus imprévisible.
Le sélectionneur national Jonathan Marion identifie sans détour les rivaux : Italiens, Anglais, Allemands, et l’Irlande selon les années. Chez les Open, la France est en position de force avec 4 titres mondiaux sur les 5 dernières éditions, et l’objectif affiché est simplement de conserver la couronne acquise en 2024 et 2025. L’Angleterre, sacrée en 2023, reste la menace principale, avec une Italie régulièrement présente sur le podium.
Chez les U18, l’affaire est nettement plus ouverte. Le palmarès récent ressemble à un jeu de chaises musicales : Angleterre en 2021 et 2025, France en 2022, Australie en 2023, Italie en 2024. Battus par les Anglais l’an dernier, les Bleuets visent cette fois la première place.
Parmi eux, Tim Chevrier, licencié dans le Maine-et-Loire, déjà vice-champion d’Europe U15 sur ce même terrain en 2024. Il concourra avec Esitpa of Loge, un poney de 12 ans né chez lui — détail qui en dit long sur la nature de cette discipline, où la complicité construite sur des années compte autant que la préparation physique. Jouer à domicile, sur un terrain fréquenté plusieurs fois par an, retire selon lui une part de la pression.
Horse-ball : 4 catégories, 4 titres visés
L’autre plateau de la balance est occupé par le horse-ball, discipline d’invention française qui tient à la fois du rugby et du basket, disputée à cheval avec un ballon muni de poignées. Les Français y sont historiquement dominants, mais la concurrence s’est structurée.
Le sélectionneur Raphaël Dubois désigne l’Espagne comme l’adversaire principal dans toutes les catégories, en raison d’un style de jeu radicalement différent : plus statique, organisé autour du but, quand la France mise sur la vitesse et l’exploitation des espaces. Une opposition de philosophies qui donne à ces confrontations leur intérêt tactique.
L’objectif est ouvertement maximaliste : décrocher l’or dans les 4 catégories engagées — Mixtes, Féminines, U21 et U16. L’exploit avait été réalisé en 2023 en Italie. Depuis, la hiérarchie s’est fissurée : les U21, titrés en 2023 puis en 2024 au Portugal, ont cédé leur couronne aux Italiens l’an dernier au Mans ; les U16, sacrés en 2023, ont dû se contenter de l’argent en 2024 et 2025 face aux Espagnols. Les équipes Féminines et Mixtes, elles, arrivent avec le statut de tenantes du titre.
Chez les Féminines figure une première sélection, celle de Nolwenn Balleroy, licenciée en Meurthe-et-Moselle, qui évoluera avec Valerio, un pur-sang de 14 ans récupéré 8 ans plus tôt. Là encore, le propos dit l’essentiel de ces disciplines : une trajectoire longue, un cheval que l’on remet en selle, une préparation méthodique, et une sélection nationale vécue comme un aboutissement plutôt que comme une étape de carrière.
Un modèle sportif qui ne coûte rien à personne
Il serait facile de traiter l’événement comme une curiosité estivale. Ce serait passer à côté de ce que représentent ces disciplines dans le maillage sportif du pays. Le pony-games et le horse-ball reposent sur des clubs locaux, souvent ruraux, un bénévolat massif, et des jeunes qui s’entraînent des années sans perspective de contrat professionnel ni de droits télévisés. On y trouve la définition à peu près exacte de ce que le sport amateur est censé produire : de l’engagement collectif, de la transmission, et un rapport à l’animal qui échappe entièrement à la logique du spectacle.
Que la France y excelle depuis des années sans que le grand public en sache quoi que ce soit relève d’une injustice médiatique assez banale. Elle sera un peu moins vraie entre le 10 et le 15 août.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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