Long de plus de 2 000 kilomètres entre le Mont-Saint-Michel et Saint-Nazaire, le GR34 attire chaque année des millions de marcheurs. Cette fréquentation contribue à la renommée du sentier des douaniers, mais exerce aussi une pression croissante sur certains secteurs déjà fragilisés par l’érosion et les intempéries. Une étude régionale menée en 2018 avait alors estimé à 9,1 millions le nombre d’usagers annuels de l’itinéraire.
Dans le Finistère, plusieurs portions doivent désormais être fermées ou déviées. Serge Nilly, président du comité départemental de la Fédération française de randonnée, évoque auprès de France 3 Bretagne « une bonne quinzaine » d’endroits où le tracé est coupé. Des itinéraires alternatifs sont généralement proposés, mais trois ou quatre secteurs restent totalement fermés lorsqu’aucune déviation sécurisée n’est possible.
À Moëlan-sur-Mer, plusieurs centaines de mètres sont ainsi interdits après les tempêtes de l’hiver.
À Ploumanac’h, plus de 900 000 passages
La pression est particulièrement forte sur la Côte de granit rose. À Ploumanac’h, 903 300 passages ont été enregistrés en 2025, selon le rapport d’activité de l’office de tourisme présenté au conseil municipal de Perros-Guirec. Juillet et août concentrent 38 % de cette fréquentation.
Face à cette affluence, l’élue d’opposition Lise Brygo a proposé l’instauration d’une jauge lors des périodes les plus chargées. Le maire, Erven Léon, s’y oppose, estimant un système de quotas difficilement applicable en raison des multiples accès au sentier.
Il reconnaît néanmoins des pointes pouvant atteindre 6 000 personnes dans une même journée, entre 10 h et 17 h. La municipalité privilégie pour l’instant la sensibilisation des visiteurs afin de mieux répartir les passages.
Érosion et fermetures ponctuelles
La fréquentation n’est toutefois pas seule en cause. À Saint-Nazaire, une portion du GR34 est interdite depuis le 20 juillet après l’apparition d’une fissure atteignant au moins 20 centimètres de profondeur. Une déviation a été aménagée dans l’attente d’une expertise géotechnique.
Dans le Finistère, Serge Nilly estime qu’il faut désormais faire coexister « la fréquentation voire la sur-fréquentation dans certaines zones avec la préservation de la biodiversité ».
Face aux fermetures et à l’érosion de certains secteurs, déviations, déplacements du tracé et mesures d’information sont désormais mis en œuvre ponctuellement afin d’assurer la continuité et la sécurité de l’itinéraire.
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