Phytoplancton : des satellites et des citoyens pour traquer les eaux colorées du littoral

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En baie de Concarneau, un épisode d’eaux colorées observé à l’été 2024 a débouché sur l’identification d’une classe de phytoplancton jusqu’alors inconnue. Cette découverte, aujourd’hui en cours de publication scientifique, illustre l’apport du programme de science participative Phenomer, qui franchit une nouvelle étape avec le lancement de sa version 2.0 et d’un système d’alerte fondé sur l’imagerie satellite.

Le principe de Phenomer repose depuis plusieurs années sur la mobilisation des citoyens : chacun peut signaler une prolifération de microalgues en transmettant photographies et localisation des eaux colorées repérées. Ces signalements complètent les dispositifs scientifiques existants, notamment le REPHY, réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines coordonné par l’Ifremer. Une étude de 2020 a établi que près de 60 % des efflorescences signalées par Phenomer seraient autrement passées inaperçues.

Des microalgues sous surveillance

Dans certaines conditions de lumière, de température ou de disponibilité en nutriments, le phytoplancton se multiplie rapidement et forme des proliférations massives, les « blooms », parfois visibles à l’œil nu lorsqu’elles colorent la mer ou la rendent bioluminescente. Naturels, ces phénomènes n’en font pas moins l’objet d’une attention soutenue : certains peuvent affecter les écosystèmes marins, l’aquaculture ou les activités de loisirs, et leur fréquence inhabituelle peut trahir des déséquilibres environnementaux.

Les satellites Sentinel en renfort

La principale nouveauté de Phenomer 2.0 tient à un outil d’alerte adossé aux satellites européens Sentinel-2 et Sentinel-3 du programme Copernicus. Développé par des scientifiques de l’Ifremer et du laboratoire ISOMer de Nantes Université, ce dispositif s’appuie sur un modèle d’intelligence artificielle pour estimer la probabilité d’apparition des blooms, à partir des eaux colorées déjà recensées et des mesures quotidiennes de chlorophylle réalisées par les satellites.

Des cartes de probabilité sont désormais publiées chaque jour sur le site du programme. Les utilisateurs peuvent les consulter, s’abonner à des alertes par courriel ou via l’application, puis se rendre sur le terrain pour confirmer l’observation, photographier le phénomène et, si possible, réaliser des prélèvements d’eau. En combinant données satellitaires et observations de terrain, le dispositif entend améliorer la réactivité et la couverture de la surveillance sur l’ensemble du littoral métropolitain.

Photo d’illustration :

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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