Nids détruits, pontes écrasées, enclos arrachés, bénévoles et salariés pris à partie : sur les plages bretonnes, la protection du Gravelot à collier interrompu se heurte à des actes de malveillance répétés. Face à cette recrudescence, Bretagne Vivante annonce qu’elle déposera désormais systématiquement plainte en cas de destruction volontaire d’un nid ou d’un dispositif de protection.
L’association a recensé douze actes de vandalisme depuis le début de la saison 2026, qui n’est pas encore achevée. Elle en avait comptabilisé douze en 2023, dix en 2024 et deux en 2025. Cette année, des dégradations ont notamment été constatées en baie du Mont-Saint-Michel, en baie d’Audierne, dans le pays de Lorient et sur le secteur de Gâvres-Quiberon.
Ces gestes ne relèvent plus de la simple imprudence du promeneur qui n’aurait pas aperçu les œufs. Lorsqu’un enclos est volontairement déplacé, une ponte écrasée ou une équipe de terrain agressée, c’est bien le mépris des règles et du patrimoine naturel qui s’exprime.
Un oiseau vulnérable qui niche à même le sol
Classé vulnérable en France, le Gravelot à collier interrompu installe son nid dans une simple cuvette creusée dans le sable, les galets ou les cordons coquilliers. Le camouflage des œufs les rend presque invisibles aux promeneurs, tandis que leur position au sol les expose au piétinement, aux chiens et aux prédateurs.
Selon Bretagne Vivante, la région accueille jusqu’à 17 % de la population nationale et plus de la moitié des effectifs présents au nord de la Loire. En 2025, la partie bretonne de la baie du Mont-Saint-Michel constituait le principal site régional de nidification, avec 70 couples recensés.
Sur les 102 nids suivis dans ce secteur, 49 avaient été placés sous une cage anti-prédateur. À l’échelle de la Bretagne, 68,9 % des pontes ainsi protégées ont éclos, contre seulement 19,7 % des pontes dépourvues de cage. Des chiffres qui démontrent l’utilité concrète de ces installations si souvent prises pour cible.
Jusqu’à trois ans d’emprisonnement
La destruction ou l’enlèvement des œufs et des nids d’une espèce protégée est interdit. Lorsqu’elles sont commises intentionnellement ou par négligence grave, ces atteintes peuvent être punies de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.
Les précautions demandées restent pourtant élémentaires : respecter les enclos, rester à distance des oiseaux et privilégier le bas de plage. Les chiens doivent être tenus en laisse dans les secteurs concernés, voire totalement écartés de certaines plages. Dans le périmètre protégé de la baie d’Audierne, au droit des étangs de Kergalan et de Trunvel, ils sont interdits sur la plage, même attachés, du 1er juin au 30 septembre.
Protéger le gravelot ne signifie pas condamner l’accès au littoral. Cela suppose simplement que chacun accepte quelques règles de discipline. Face aux destructions délibérées, la plainte systématique annoncée par Bretagne Vivante est légitime : la pédagogie ne peut pas servir indéfiniment d’excuse à l’impunité.
Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.