Révisions d’été : 87 % des parents jugent que le niveau scolaire se dégrade

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Un sondage publié par Cours Legendre livre un chiffre qui devrait retenir l’attention : 57 % des parents français ne font plus confiance à l’école seule pour assurer la progression de leur enfant. Un peu plus d’un sur deux. Et cette défiance se traduit très concrètement dans l’organisation des vacances d’été.

Des vacances qui n’en sont plus tout à fait

Selon cette enquête, 98 % des parents interrogés déclarent qu’ils feront travailler leur enfant cet été. Près de deux tiers des élèves réviseront tout au long de la période, un tiers de manière plus ponctuelle. Pour près de 60 % des familles, les vacances doivent trouver un équilibre entre repos et travail ; seule une minorité estime qu’elles doivent être totalement déconnectées des apprentissages.

Le cahier de vacances reste l’outil dominant : 96 % des parents y auront recours. Les applications éducatives, stages de révision, cours particuliers et vidéos pédagogiques arrivent loin derrière. Une part encore minoritaire mais croissante de parents déclare utiliser des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT pour accompagner leurs enfants.

Une inquiétude qui n’a rien d’irrationnel

Les motivations sont explicites. 87 % des parents estiment que le niveau scolaire des élèves français se dégrade. 92 % considèrent que de nombreux enfants ont besoin d’une remise à niveau pour consolider leurs acquis.

Ces perceptions ne sortent pas de nulle part. Les évaluations internationales — PISA pour les compétences des élèves de quinze ans, TIMSS pour les mathématiques et les sciences, PIRLS pour la lecture — documentent depuis deux décennies un décrochage français, particulièrement marqué en mathématiques, où la France se situe désormais en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE. Les évaluations nationales de début de sixième confirment la difficulté d’une part significative des élèves à maîtriser les fondamentaux.

Autrement dit : les parents ne fantasment pas. Ils constatent, et ils compensent.

Le coût invisible d’un système qui ne remplit plus son contrat

C’est ici que le chiffre de 57 % prend toute sa signification. L’école de la République repose sur une promesse simple : l’instruction est publique, gratuite, et suffit. Quand plus d’un parent sur deux estime qu’elle ne suffit plus, la promesse est rompue — quelles que soient les déclarations officielles.

Le problème n’est pas seulement pédagogique, il est social. Compenser suppose du temps, des moyens, un capital culturel. Les familles qui achètent un cahier de vacances, financent un stage ou peuvent s’asseoir une heure par jour à côté de leur enfant ne sont pas réparties uniformément. Celles qui ne le peuvent pas voient l’écart se creuser. Un système scolaire qui n’assure plus le socle commun produit mécaniquement ce qu’il prétendait combattre : la reproduction des inégalités par l’origine familiale.

Notons enfin que l’exercice n’est pas indolore pour les familles. 68 % des parents peinent à motiver leur enfant, et 69 % reconnaissent que les devoirs de vacances génèrent parfois ou souvent des tensions au foyer. À la charge éducative s’ajoute une charge affective — le prix payé par les parents pour un travail qui ne devrait pas leur incomber.

Une précaution méthodologique

Ces données proviennent d’un baromètre publié par un acteur du soutien scolaire privé, dont l’activité repose précisément sur le besoin qu’il mesure. Cela n’invalide pas les chiffres, mais invite à ne pas les traiter comme une enquête indépendante. La convergence avec les évaluations internationales, elle, est en revanche difficilement contestable.

Reste l’essentiel : des millions de parents français consacrent leur été à faire ce que l’institution scolaire ne fait plus. Ils ne réclament rien, ils s’organisent. C’est peut-être le plus inquiétant — une société où l’on cesse d’exiger d’un service public qu’il fonctionne, parce qu’on a pris l’habitude de s’en passer.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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