Négociation salariale : 37 % renoncent faute de savoir quel chiffre poser

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Une enquête publiée par l’agence HOW MUCH s’intéresse à une question rarement posée directement : quand un salarié demande une augmentation, sait-il combien demander ? La réponse, telle qu’elle ressort du sondage, est majoritairement non.

Une réserve s’impose d’emblée. L’étude a été réalisée en ligne auprès d’un panel recruté notamment via les réseaux sociaux, sans échantillonnage probabiliste, et elle émane d’une agence dont le métier consiste précisément à conseiller sur les stratégies de rémunération. Les ordres de grandeur restent intéressants, la précision affichée l’est moins.

Le chiffre que personne ne pose

Seuls 19 % des répondants déclarent avoir déjà chiffré précisément une demande de salaire, 11 % en euros et 8 % en pourcentage. À côté, 16 % s’en tiennent à une fourchette approximative, 13 % y ont pensé sans jamais formuler de montant, et 18 % envisagent de demander « une augmentation » sans avancer aucun chiffre.

Le motif de renoncement le plus révélateur figure plus loin : 37 % des sondés déclarent avoir déjà abandonné l’idée de demander parce qu’ils ne savaient pas quel montant réclamer. Ce blocage arrive à peu près au même niveau que la crainte du refus (39 %) et devant la peur de nuire à la relation avec le manager (35 %). Le sentiment d’illégitimité concerne 27 % des répondants.

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Sur quoi les actifs s’appuient

Interrogés sur les critères qui fondent leur demande, les répondants citent d’abord leurs propres résultats et réalisations (67 %), loin devant les offres d’emploi consultées (43 %), l’inflation et le coût de la vie (41 %) et leurs charges personnelles (39 %).

L’entrée notable de cette édition concerne les outils numériques : 33 % déclarent s’appuyer sur une recherche en ligne ou sur une intelligence artificielle pour établir leur chiffre. C’est davantage que ceux qui se réfèrent à une grille salariale ou à leur convention collective (30 %), et bien plus que ceux qui se fondent sur ce que gagne un collègue occupant le même poste (24 %). À l’autre bout, 17 % assument y aller au ressenti.

Le bluff, et son inverse

En entretien d’embauche, la moitié des répondants surestime volontairement sa demande : 36 % demandent un peu plus que ce qu’ils espèrent, 15 % nettement plus pour se ménager une marge de négociation.

L’inverse existe aussi et mérite d’être relevé : 8 % demandent délibérément moins que ce qu’ils visent, par crainte de paraître excessifs. Et 12 % reconnaissent ne pas savoir comment s’y prendre. Seuls 27 % demandent exactement ce qu’ils veulent obtenir.

L’angle mort du coût employeur

Le résultat le plus intéressant de l’enquête concerne un impensé. Interrogés sur ce que leur poste coûte réellement à leur entreprise, 5 % des répondants affirment connaître le coût total employeur. À l’opposé, 31 % déclarent n’en avoir aucune idée, et 3 % ignoraient qu’il existât un écart entre leur salaire et la dépense de l’employeur.

Parmi ceux qui hasardent une estimation, 16 % situent l’écart autour de 20 % du brut, 17 % autour de 40 %, et 12 % pensent que le coût représente le double de leur net.

L’ordre de grandeur réel se situe généralement entre 25 et 45 % au-dessus du salaire brut selon le niveau de rémunération, le statut et la taille de l’entreprise, les allègements sur les bas salaires réduisant fortement la facture patronale en bas de l’échelle. Autrement dit, une part importante des salariés négocie sans disposer de l’information qui détermine la marge de manœuvre de leur interlocuteur.

Le rendez-vous manqué de septembre

Dernier volet, celui de la rentrée. Pendant leurs congés, 16 % des répondants ont consulté des offres d’emploi, 14 % ont actualisé leur CV, 13 % ont postulé et 2 % ont passé un entretien.

Mais l’intention se dilue à mesure qu’on demande une date. Seuls 7 % comptent aborder le sujet dès la première semaine de septembre, 14 % dans le courant du mois, 19 % à l’occasion de leur entretien annuel. Le reste s’installe dans l’attente : 21 % guettent une occasion favorable sans date en tête, 9 % attendent que l’employeur ouvre la discussion, et 17 % ont d’ores et déjà décidé de ne rien demander.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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