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Le 11 août, la Fédération des vins de Nantes a publié en urgence le ban du muscadet. Aucune vendange n’avait jamais commencé aussi tôt dans le vignoble nantais : le précédent record remontait au 19 août 2003, année de la grande canicule européenne. Huit jours de gagnés, et des vignerons appelés à récolter au plus vite pour limiter les pertes.
Des baies plus petites et moins d’acidité en Loire-Atlantique
Le tableau dressé pour le vignoble nantais est celui d’une année contrainte. La sécheresse et les fortes chaleurs ont accéléré les maturités et réduit les volumes : les baies sont plus petites et contiennent moins de jus. L’acidité, elle, ressort plus faible qu’à l’accoutumée, ce qui n’est pas neutre pour une appellation dont la fraîcheur et la salinité constituent la signature. Des grappes avaient commencé à brûler sur pied dès juillet.
Les prélèvements réalisés début août ont conduit la fédération à avancer le ban. La floraison avait déjà été très rapide, dès juin, et tout s’est accéléré ensuite. Sur la qualité, Jérémie Huchet, vigneron à Château-Thébaud, décrit un millésime riche et fruité, doté « de volume et d’ampleur » — il parle ici de la matière en bouche, pas des hectolitres rentrés en cave. Le Muscadet sur lie, dont l’élevage se prolonge plusieurs mois, pourrait absorber une partie de cette chaleur.
Le 15 juillet à Fitou, le record national
Le vignoble nantais n’est pas un cas isolé. Le 15 juillet, une parcelle de muscat à petits grains a été récoltée à Fitou, dans l’Aude : la coupe la plus précoce jamais enregistrée en France, 10 jours avant le record de 2022. La saison entière explique ce calendrier. Le printemps 2026 a été le plus chaud depuis 1900, avec 30 % de précipitations en moins que la normale, et juillet est devenu le mois le plus chaud jamais mesuré dans le pays, avec un déficit de pluie de 70 %. La chaleur accélère la maturité des sucres, la sécheresse concentre les baies.
À Limoux, les premiers raisins sont tombés dès le 30 juillet, une date inédite pour l’appellation. Les amplitudes thermiques entre le jour et la nuit y ont malgré tout préservé l’équilibre entre sucre et acidité, et les premiers jus destinés aux effervescents se montrent tendus.
En Touraine, les vendanges ont démarré début août et la récolte s’annonce faible en volume. Philippe Faure, directeur de l’ODG Touraine, résume : « Si les volumes sont modestes cette année, la qualité est au rendez-vous. » Les rouges présentent de la couleur et de la concentration, les sauvignons de l’éclat aromatique.
Bordeaux le 6 août, la Camargue à partir du 10
À Bordeaux, une coopérative a lancé ses vendanges le 6 août sur les parcelles destinées au crémant, du jamais-vu pour elle. La vigne y a bénéficié des réserves en eau constituées durant l’hiver, et les volumes sont jugés satisfaisants au regard des conditions.
En AOP Sable de Camargue, les premiers merlots gris ont été récoltés dans la semaine du 10 août avant une généralisation à partir du 17. Quelques pluies ont relancé la maturation après les pics de chaleur, et les premiers jus affichent des degrés raisonnables, entre 12 et 12,5 % vol.
Dans les Costières de Nîmes, la comparaison est frappante : au Château des Sources, à Bellegarde, près de 85 % du domaine était vendangé début septembre, contre 15 % à la même date en 2019, millésime pourtant réputé très précoce. Les maturités restent hétérogènes selon les secteurs et il est trop tôt pour se prononcer sur la qualité finale.
Une prévision nationale reportée
Reste la question des volumes à l’échelle du pays. Le 7 août, le ministère de l’Agriculture a renoncé à publier sa prévision nationale de récolte à la date prévue et l’a reportée au 8 septembre. En avril, sa synthèse conjoncturelle tablait sur 34,4 millions d’hectolitres.
Le chiffre consolidé est attendu dans les prochains jours.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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