Le vent de l’Ostalgie souffle : reportage à Berlin et au Mecklembourg-Poméranie occidentale avant les élections.

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Alors que les élections pour les parlements de deux États fédérés allemands se dérouleront ce dimanche 20 septembre 2026, Lionel Baland s’est rendu, pour Breizh-info, à quelques jours de ces scrutins, dans ces deux endroits, où règnent des ambiances très différentes, afin d’assister à deux rassemblements électoraux du parti patriotique allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD).

D’un côté, Berlin, issue de la réunification de la partie occidentale et orientale de la ville, et, de l’autre, le Mecklembourg-Poméranie occidentale, situé dans le nord de l’Est du pays, sur la mer Baltique. Si dans la capitale allemande, les sondages sont assez incertains et quatre formations politiques, parmi lesquelles le parti post-communiste Die Linke et l’AfD, sont pressenties à des scores importants, au Mecklembourg-Poméranie occidentale, l’AfD est donnée première, devant le parti social-démocrate SPD dont cette partie de l’Allemagne, proche de la Scandinavie, est un des bastions.

Berlin

Dans le quartier de Charlottenbourg situé dans l’Ouest de Berlin, le rassemblement de l’AfD attire 150 personnes, sous haute protection policière, alors que 300 contre-manifestants sont tenus à distance par la police. Les opposants crient des insultes et font des doigts d’honneur aux adeptes du parti patriotique. Le micro-quartier entourant la Klausenerplatz, où se déroule l’événement, étant un bastion du parti écologiste Bündnis 90/Die Grünen, cette formation politique a mobilisé des partisans, alors que d’autres représentants de partis et d’associations de gauche sont présents.

La manifestation terminée, la police affirme qu’elle assurera la sécurité des patriotes lors de leur retour à la maison. Les contre-manifestants ne semblent pas vouloir en venir aux mains. Dans cette partie du quartier bourgeois de Charlottenbourg, le micro-quartier dénote : centre islamique, burqas et voiles font aussi partie du décor. Les patriotes n’y sont certainement pas les bienvenus.

Bien que la capitale allemande soit une ville cosmopolite qui se veut ouverte et « colorée » et dont une partie des habitants se considèrent comme les bénéficiaires de la mondialisation, les affiches de l’AfD et celles du parti de gauche anti-immigration BSW sont visibles, accrochées aux poteaux des lampadaires à l’instar de celles des autres partis politiques.

Schwerin

Le lendemain, devant la gare de Schwerin, capitale du Mecklembourg-Poméranie occidentale, le décor et l’ambiance sont totalement différents. La population est quasi-entièrement d’origine allemande. Depuis la chute du communisme, il y a plus de 35 ans, les bâtiments ont été complètement rénovés. Des posters de différents partis sont accrochés aux poteaux, alors que l’affichage payant sur le côté des abris bus accueille, sur fond rouge, le visage de la ministre-présidente sociale-démocrate SPD Manuela Schwesig et le slogan : « La femme contre le bleu », la couleur de l’AfD.

Près d’un endroit, à la périphérie de la ville, situé au milieu de nulle part et bordé de quelques habitations cossues, à côté d’un croisement entre deux routes à grand trafic, se déroule le rassemblement de l’AfD. Saucisses, pain, moutarde ou ketchup sont au menu, alors que des stands ont été dressés et que de la musique est diffusée par des haut-parleurs. Les quelques personnes présentes attendent le retour de la caravane de motos qui sillonne les environs, avec, à sa tête, le candidat de l’AfD au poste de ministre-président du Mecklembourg-Poméranie occidentale, actuel député fédéral et co-président du parti au Mecklembourg-Poméranie occidentale, Leif-Erik Holm.

Une camionnette arrive. Petra Federau, la candidate locale du parti, en sort. Sur le véhicule figurent sa photo et son nom, une représentation du territoire du Mecklembourg-Poméranie occidentale, ainsi que les slogans : « sauveur de la patrie » et « forte pour notre patrie ». Elle serre la main des différentes personnes présentes sur le terrain ou leur donne l’accolade, avant de se saisir du manche d’un grand drapeau allemand. Elle attend le convoi de motos. Celui-ci survient. De nombreux participants, dont Leif-Erik Holm, sont sur des cyclomoteurs de la marque Simson, devenue mythique. L’entreprise, qui a produit, à l’époque du communisme de la République démocratique allemande, ces véhicules à deux roues, a fermé ses portes en 2003. Les bikers rangent leurs véhicules sur le terrain et se dirigent vers le stand qui abrite la distribution des saucisses chaudes, pour y faire la file. Une averse survient. La pluie n’impressionne pas les motards. Une éclaircie apparaît dans le ciel.

Aucune contre-manifestation n’a lieu. Une seule camionnette de police est présente avec deux agents. Derrière le terrain où se déroule le rassemblement se dresse un bâtiment de l’époque du communisme et dont la façade ne semble pas avoir subi la moindre modification.

Ostalgie

Alors que, à Berlin, le parti post-communiste Die Linke peut être premier, au Mecklembourg-Poméranie occidentale, les nationalistes de l’AfD sont donnés en tête. L’avenir du parti de gauche anti-immigration BSW, dont la figure de proue est au niveau fédéral Sahra Wagenknecht, est, quant à lui, très incertain. Arrivera-t-il, comme en Saxe-Anhalt quinze jours plus tôt, à franchir le seuil fatidique des 5 % qui permettent de siéger au sein des assemblées ?

Le vent de l’Ostalgie [nostalgie de l’Allemagne de l’Est] souffle sur l’ancienne Allemagne de l’Est et n’épargne pas la partie orientale de la capitale allemande. Le vote pour Die Linke, le BSW, ainsi que pour l’AfD – qui rejette cependant le communisme – en est le reflet, alors que, dans l’Ouest de l’Allemagne et de Berlin, les partisans de l’AfD regrettent l’époque de la société quasi-homogène de l’Allemagne occidentale du miracle économique allemand d’avant la mondialisation.

Lionel Baland

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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