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Après le score de l’AfD en Saxe-Anhalt (43,8 % des voix, 39 sièges sur 83), le mot est ressorti presque mécaniquement dans une partie de la presse et de la recherche universitaire de gauche : néonazi. La revue Esprit publie en septembre une analyse de Stefan Etgeton qualifiant le programme du parti de projet « radical », inspiré du mouvement völkisch. Sur le site La Grande Conversation, le politiste Christian Lequesne évoque une « rupture délibérée » avec les fondements démocratiques de l’après-guerre. Deux textes sérieux, deux signatures universitaires, une même conclusion tranchée. Reste une question simple : que dit le texte lui-même ?
Ce que le Verfassungsschutz a réellement décidé — et où ça en est
Le renseignement intérieur allemand (BfV) a classé l’AfD fédérale comme « gesichert rechtsextremistisch » (extrémiste de droite avéré) en mai 2025. L’AfD a immédiatement contesté cette décision devant la justice. Le 26 février 2026, le tribunal administratif de Cologne a suspendu cette classification pour le parti fédéral, dans l’attente d’un jugement sur le fond dont la date reste inconnue. Le tribunal ne blanchit pas l’AfD : il reconnaît des indices de tendances anticonstitutionnelles en son sein. Mais il juge, en l’état du dossier, que le Verfassungsschutz n’a pas démontré que ces tendances définissent le parti dans son ensemble. Dans certains Länder, comme la Saxe, la classification la plus sévère a en revanche été confirmée par la justice régionale. Autrement dit : au moment où l’AfD gagne la Saxe-Anhalt, son étiquette officielle au niveau fédéral n’est, juridiquement, pas celle qu’on lui prête le plus souvent dans les colonnes qui commentent son succès.
Le programme, point par point
Le Grundsatzprogramm et le Wahlprogramm fédéral « Zeit für Deutschland » ne sont pas des tracts militants mais des textes de plusieurs centaines de pages, disponibles publiquement. Voici ce qu’ils contiennent réellement : des référendums d’initiative populaire sur le modèle suisse et une limitation des mandats des professionnels de la politique ; une Europe des nations souveraines, avec sortie de l’Union comme option si la réforme s’avère impossible, et fin de l’euro comme monnaie unique ; un contrôle intégral des frontières, un traitement des demandes d’asile hors du territoire allemand, des prestations en nature plutôt qu’en espèces, et l’expulsion des personnes sans droit au séjour ainsi que des étrangers condamnés pénalement ; une baisse massive des impôts, la suppression du Soli, le family splitting fiscal ; l’arrêt de l’Energiewende au profit du nucléaire et du charbon, la remise en service de Nord Stream, la fin de la taxe CO₂ et de l’interdiction des moteurs thermiques ; une politique nataliste en faveur de la famille traditionnelle ; la défense d’une Leitkultur allemande et de la langue, avec l’idée que l’islam n’a pas sa place s’il refuse l’ordre juridique du pays ; un renforcement de la police et une tolérance zéro sur la criminalité liée aux clans ; enfin, une liberté d’expression maximale et une réforme des médias publics.
Une précision s’impose sur le terme « remigration », inscrit tel quel dans le Wahlprogramm 2025 : le texte officiel le limite aux personnes sans droit de séjour et aux étrangers condamnés. Le mot a toutefois pris, dans certains cercles proches du parti — notamment autour du militant identitaire autrichien Martin Sellner — un sens plus large, incluant des scénarios de départ visant des personnes naturalisées. Les tribunaux allemands eux-mêmes, dans les décisions de Cologne et de Saxe, ne tranchent pas de la même façon cette place thématique dans l’identité du parti.
Extrême droite, pas synonyme de national-socialisme
Aucun des points ci-dessus — référendums, sortie de l’euro, nucléaire, baisse d’impôts, liberté de la presse — ne relève, en soi, de l’idéologie national-socialiste. Certains sont des marqueurs classiques de la droite nationale-conservatrice européenne ; d’autres, comme les référendums d’initiative populaire, se retrouvent aussi bien chez des partis libéraux ou centristes. Que l’AfD défende une conception ethnoculturelle et fermée de l’identité allemande, qu’elle multiplie les provocations mémorielles et qu’une partie de ses cadres régionaux entretienne des accointances documentées avec la mouvance identitaire, c’est un fait établi par la justice elle-même dans certains Länder. Que cela équivaille au national-socialisme historique — dictature à parti unique, race supérieure inscrite dans la loi, extermination planifiée — reste une autre affirmation, que ni le programme fédéral ni la décision de Cologne ne permettent d’établir en l’état.
Le tribunal administratif de Münster pourra être saisi en appel de l’ordonnance de février. C’est là, davantage que dans les colonnes des revues gauchistes qui sèment la terreur morale et politique, que se règle pour l’instant la question du statut légal de l’AfD.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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5 réponses à “« L’AfD assume son positionnement néonazi » : et si on ouvrait vraiment le programme ?”
Nazi veut dire socialiste souvrainiste.
Des gauchistes en somme ?
La gauche devrait applaudir.
Sinon la remigration devrait être le thème des présidentielles en France.
Le Millénaire préconise une révision constitutionnelle soumise à référendum afin de permettre au législateur d’instaurer des peines minimales pour les infractions les plus graves ou commises en état de récidive.
Dans une note consacrée à la « barbarisation de la société », le cercle de réflexion Le Millénaire défend une refonte profonde de la politique pénale. Peines minimales pour les crimes les plus graves, déchéance de nationalité des binationaux .
Congrès de Villepinte rpr ump LR 1990.
Fermeture des frontières », « suspension de l’immigration », « réserver certaines prestations sociales aux nationaux », « incompatibilité entre l’islam et nos lois »…
de réserver certaines prestations sociales aux nationaux », comme le rappelle Valeurs actuelles. : « Le législateur a admis dans le passé le bénéfice des prestations aux seuls nationaux : être étranger en France, ce n’est pas avoir automatiquement et intégralement tous les droits liés à la citoyenneté française. » Dans l’idéologie de la droite de l’époque, il s’agit de rendre le territoire français moins attractif pour les immigrés. Pour cela, le texte remet également en question l’accès à la gratuité des soins pour les étrangers en situation irrégulière.
Il s’agit de reconduire plus rapidement les clandestins à la frontière, de restreindre le droit d’asile, ou encore de réviser le Code de la nationalité. Tous les étrangers sont visés, avec d’abord les étudiants dont « le titre de séjour doit être renouvelé annuellement en tenant compte des résultats obtenus ». Le regroupement familial est également pointé du doigt, car il « pose par son ampleur des problèmes très réels de logement, de scolarisation et d’encadrement social ».
L’islam n’apparaît pas conforme à nos fondements sociaux et semble incompatible avec le droit français » .
affirme la droite de l’époque. L’opposition refuse toute tentative de multiculturalisme et demande une stricte assimilation à la République française : « C’est à l’islam et à lui seul de [s’adapter] afin d’être compatible avec nos règles. »
Il ne s’agit pas du programme du Front national, mais bien des propositions émises en 1990 par les forces de la droite républicaine, notamment le RPR et l’UDF. Cette année-là, ces partis d’opposition décident de plancher sur la thématique de l’immigration lors de ses états généraux organisés à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Parmi les participants se trouvent entre autres Alain Juppé, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, François Bayrou ou encore Nicolas Sarkozy, signataire avec Alain Madelin de la préface du document de synthèse qui sortira de cette convention.
Juppé ensuite sera incapable de mettre ces propositions en œuvre, trop de droite pour lui
« national-socialisme historique »; ça serait bien de préciser de quoi on parle, parce que « race supérieure inscrite dans la loi », ça n’existe que dans les films hollywoodiens genre Inglourious Basterds. Toujours cette trouille d’être accusé de nazi, un pouvoir magique qui fonctionne 81 ans après.
Demat, votre article aurait aussi pu rajouter : révision des livres d’histoire pour faire plus de place à Bismarck et moins à la Shoah, et volonté d’exclusion scolaire des enfants en situation de handicap vers des établissements spécialisés. Sinon votre article semble complet. Merci.
Dès que l on utilise les mots :Nation, Souveraineté, référendum entre autres, bref, lorsque l on veut redevenir maître chez soi et ne plus être soumis aux ordres d’une oligarchie apatride, on est taxé de néo-naziste.