Le 6 septembre 2026, le parti nationaliste allemand AfD, donné à 43 % des voix, pourrait obtenir une majorité en nombre de sièges lors de l’élection pour le Parlement de Saxe-Anhalt, grâce au seuil électoral des 5 % nécessaires afin de décrocher des élus, alors que le parti de gauche anti-immigration BSW est, lui, donné à 4 %. Lionel Baland s’est rendu, pour Breizh-info, en Saxe-Anhalt et y a assisté à un rassemblement électoral de l’AfD. Voici son récit, à propos de cet État fédéré allemand au sein duquel la moitié de la population désire choisir un des deux partis patriotiques.
Arrivant la nuit à la gare de Cologne, j’y attends, durant plus d’une heure, un train à grande vitesse ICE qui m’emmènera vers l’Est du pays. Alors que, à la suite du pogrom sexuel du Nouvel An 2016 commis essentiellement par des immigrants non-européens, la police fédérale a aménagé un poste à l’entrée du bâtiment, à la place de la librairie qui s’y trouvait, la présence des forces de l’ordre et des gardes de la sécurité des chemins de fer allemands ne transforme pas l’emplacement en un lieu paisible. Divers incidents ont lieu et un individu me met un coup sur l’épaule. En cet endroit délétère, seulement quelques personnes semblent être d’origine allemande.
Je débarque à Halle-sur-Saale, une des principales villes de Saxe-Anhalt, un des seize États fédérés allemands, qui compte plus de 2,1 millions d’habitants, alors que l’Allemagne est peuplée de 83 millions de personnes. À côté des Allemands d’origine, je vois, dans et près de la gare, des immigrants non-européens, notamment quelques femmes voilées. J’emprunte un train local et arrive à Naumbourg, une cité de 32 000 habitants. Je marche vers la place centrale, où le rassemblement électoral de l’AfD se tiendra en fin d’après-midi. La ville compte de nombreux monuments anciens. Les constructions datent d’avant l’époque du communisme. Nombre de rues sont pavées et bordées de lampadaires d’un autre siècle, alors que le tram est, lui aussi, d’une autre époque. À l’exception de quelques maisons abandonnées, signe de la fuite d’une partie de la population vers l’Ouest, tout paraît bien. Seules les voitures appartiennent à notre temps et la présence d’immigrants est quasi-inexistante.
La police est sur place. Les véhicules amenant les structures de l’AfD arrivent. Le glacier et les terrasses des débits de boisson situés le long de la place semblent faire leurs affaires. Les stands, la scène et la sonorisation sont installés. Les personnes sont de plus en plus nombreuses. Certaines achètent des t-shirts de l’AfD.
Ulrich Siegmund, le candidat de tête, survient, monte sur la scène et parle. Il se rend ensuite, sous haute protection, au stand qui va l’accueillir durant des heures. La foule fait la file afin de prendre une photo ou d’obtenir une signature sur un t-shirt ou sur la couverture d’un exemplaire de l’hebdomadaire Der Spiegel présentant Ulrich Siegmund comme l’« homme le plus dangereux d’Allemagne ».
Alors que la place est remplie de monde, les discours débutent à la tribune. La candidate locale, Juliane Waehler, prend la parole. Se succèdent ensuite les dirigeants des sections de l’AfD de trois États fédérés : Martin Reichardt de Saxe-Anhalt, René Springer du Brandebourg et Jörg Urban de Saxe.
Le rassemblement électoral se termine sur cette place bordée de monuments historiques, dans cette magnifique petite ville, par l’hymne national, chanté par les participants. Ulrich Siegmund retourne, toujours sous la haute protection de gardes du corps, au stand et poursuit la séance de photos, alors que la nuit tombe sur la place.
Naumbourg replonge dans la léthargie. En marchant vers la gare, je me dis que, finalement, les habitants de cette cité désirent simplement préserver la quiétude de l’endroit, la différence entre l’Est et l’Ouest de l’Allemagne étant que les habitants se méfient de la propagande, car ils ont connu celle du communisme, un régime qui est tombé il y a plus de trois décennies et demie : le soleil se lève à l’Est, l’avenir de l’Allemagne et de l’Europe se joue peut-être en Saxe-Anhalt.
Lionel Baland
Crédit photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.