Mutuelles potentiellement plus chères, indemnités maladie davantage imposées, retraites moins revalorisées et prestations familiales gelées : le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit une série de mesures qui pourraient peser directement sur le portefeuille des Français. Présenté jeudi 1er octobre, le texte vise à ramener le déficit de la Sécurité sociale à 12,7 milliards d’euros en 2027, contre 21,8 milliards attendus en 2026.
La santé figure parmi les principaux postes d’économies. Le gouvernement prévoit de limiter à 2 % la progression de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie en 2027. Il affiche notamment un objectif de 3 milliards d’euros d’économies sur le médicament, à travers des baisses de prix, des contributions supplémentaires du secteur et la réévaluation régulière de certains produits remboursés.
Mutuelles et arrêts maladie davantage sollicités
Pour réduire les dépenses directement supportées par l’Assurance maladie, le gouvernement prévoit également de transférer une partie des coûts vers les complémentaires santé. Selon Les Échos, ces transferts atteindraient 1,6 milliard d’euros et concerneraient notamment les médicaments, les soins dentaires, les transports sanitaires et certaines dépenses hospitalières.
Cette nouvelle charge pourrait se répercuter sur les cotisations des assurés. Éric Chenut, président de la Mutualité française, estime dans Les Échos que la mesure se concentrera notamment sur les retraités.
Les personnes en arrêt maladie seraient également davantage mises à contribution. Le projet de loi de finances prévoit d’imposer à hauteur de 50 % les indemnités journalières versées au titre d’une affection de longue durée, aujourd’hui exonérées d’impôt sur le revenu. Les indemnités liées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, actuellement exonérées pour moitié, deviendraient quant à elles entièrement imposables.
Ces mesures s’ajoutent à une hausse du reste à charge déjà entrée en vigueur le 1er octobre 2026 : les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires sont passés de 50 à 70 euros chacun, soit un maximum cumulé de 140 euros par an contre 100 euros auparavant, selon 60 Millions de consommateurs.
Retraités et familles également concernés
Les retraités sont eux aussi appelés à contribuer à l’effort budgétaire. Le PLFSS prévoit de maintenir l’indexation sur l’inflation pour les pensions totales inférieures ou égales à 1 260 euros par mois. Au-delà, leur revalorisation pourrait être réduite, voire supprimée selon les arbitrages qui seront retenus.
Le projet de loi de finances prévoit par ailleurs de ramener à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10 % applicable aux pensions de retraite, contre 4 439 euros actuellement.
Les prestations familiales seraient également maintenues à leur niveau de 2026, ce qui revient à les geler en valeur nominale. L’allocation de rentrée scolaire doit en outre être recentrée, pour une économie annoncée de 600 millions d’euros, même si les modalités précises restent à définir. Selon la présentation gouvernementale rapportée par Le Figaro, le RSA, l’allocation aux adultes handicapés et le minimum vieillesse ne seraient pas concernés par ce gel.
Le projet dessine donc un effort réparti entre plusieurs catégories de Français : patients, assurés des complémentaires, personnes en arrêt maladie, retraités et familles. Mais ces mesures ne sont pas encore définitives : le Parlement doit désormais examiner et éventuellement modifier le PLFSS et le projet de loi de finances pour 2027.
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