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Le 9 juin, la préfecture de Nantes, suite aux pressions des taxis, a annoncé aux chauffeurs qu’elle prendrait cet arrêté. Elle a également ouvert une ligne dédiée et une police spécifique. Celle-ci interviendra à chaque fois que les chauffeurs de taxis (ou VTC) signaleront un chauffeur d’Uberpop au travail.
En réponse, Uberpop a déclaré « maintenir » son service. De plus, l’entreprise soutiendra ses chauffeurs, y compris en payant leurs amendes. Elle leur demande « de ne pas avoir peur des intimidations« . En effet, le 9 juin, deux chauffeurs Uber ont été agressés dans le quartier de la gare après y avoir été appelés pour des courses. Plusieurs personnes ont commis des dégradations sur leurs véhicules.
Pendant ce temps, une décision judiciaire à Paris a donné raison à l’entreprise américaine. C’était la première fois qu’un tribunal se penchait sur l’activité des chauffeurs d’Uberpop. Dans un attendu ciselé la juridiction parisienne a estimé que « le transport onéreux d’une personne est insuffisant à caractériser le délit d’exploitant de taxi sans autorisation de stationnement qui suppose que soit caractérisé un stationnement ou une circulation sur la voie publique en quête de clientèle« . S’appuyant sur la loi Thévenoud, le tribunal a noté que « le Conseil constitutionnel a clairement souligné que l’activité de taxi, qui s’exerce dans un cadre réglementé particulier, ne peut être assimilé à toute activité de transport individuel, mais consiste à stationner et à circuler sur la voie publique en quête de clients. » La décision n’est pas définitive, puisque le parquet va faire appel.
Alors que certains médias défendent les secteurs qui se font uberiser (les taxis supplantés par Uber, les petites annonces – vache à lait des journaux – par LeBonCoin, etc.), la nouvelle économie continue sa marche. L’uberisation a toujours existé. Le train a uberisé les diligences, l’electricité a uberisé les lampes à pétrole et les bougies, la vapeur a uberisé le recours aux esclaves, l’usine a uberisé les corporations d’artisans, l’eau courante a uberisé les puits, la machine à laver a uberisé les lavoirs… N’y aurait-il qu’en France que certains demandent avec insistance que l’Etat s’interpose et arrête le progrès? Avec des arguments qui rappellent beaucoup la pétition des fabricants de chandelles contre la lumière du soleil.
Quitte à s’asseoir sur les fondamentaux du droit européen – la liberté du marché – et de la constitution française – la liberté d’entreprendre. Mais après avoir trépigné, bloqué les citoyens qui vont (encore) au travail et fait couler des fleuves d’encre et de pixels dans les médias, l’Etat n’aura qu’une solution : liquider le système pervers de la spéculation sur les licences de taxis, qui a prospéré des années durant avec sa bénédiction, en les rachetant au prix fort. Et en laissant chacun libre d’être uberisé.
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