Nantes : le bâtiment « bioclimatique » Gina se transforme en fournaise un an après son inauguration

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Le 19 juin 2025, Johanna Rolland inaugurait en grande pompe le « bâtiment totem » de l’île de Nantes. Baptisé Gina, cet ensemble de six étages mêlant bois, terre cuite, métal et béton devait incarner la vitrine de l’ambition nantaise en matière d’innovation médicale. Un an plus tard, ses occupants travaillent par 37 degrés.

Une fournaise sans climatisation

Les révélations viennent de Mediacités, qui a enquêté sur les conditions de travail dans l’édifice pendant la séquence caniculaire de fin juin. Le constat est sans appel : jusqu’à 37 °C dans les bureaux, avec un taux d’humidité dépassant les 55 %. Des conditions qui rendent le travail difficilement supportable, dans un bâtiment livré il y a douze mois et dépourvu de tout système de climatisation.

Gina, ce sont pourtant 5 500 m² de bureaux, d’ateliers et de laboratoires, conçus par le cabinet d’architectes-urbanistes Béal & Blanckaert pour le compte de Loire Océan Développement (LOD), société d’économie mixte majoritairement détenue par Nantes Métropole. La plaquette de présentation du projet promettait de « s’appuyer sur le bioclimatisme afin de réduire les besoins en chauffage ou refroidissement », le tout dans une « méthodologie bas carbone ». Le résultat est à l’opposé de l’affichage.

Interrogé par Mediacités, le directeur opérationnel de LOD, Florent Turck, ne cherche pas à noyer le poisson : « On pensait que ça pouvait tenir une dizaine d’années. Et ça a tenu un an. » La société reconnaît avoir sous-estimé l’intensité et la durée des épisodes caniculaires. Une expertise technique a été commandée pour déterminer les modalités d’adaptation thermique de l’édifice ; l’installation d’une part de climatisation pourrait intervenir dès le printemps prochain. LOD n’a pas donné suite aux sollicitations du Figaro.

L’ironie est cruelle : voilà un bâtiment pensé pour réduire les besoins de refroidissement qui devra, un an après sa livraison, être équipé de la climatisation que sa conception même prétendait rendre superflue. Bilan carbone compris.

La première pierre d’un projet à 2030

L’affaire tombe mal, car Gina n’est pas un immeuble comme les autres. Il constitue la première réalisation de « Station S », vaste archipel d’innovation en santé prévu à l’horizon 2030 sur l’île de Nantes, autour du futur CHU. Le projet prévoit 30 000 m² dédiés à l’incubation de projets et un bioparc de 100 000 m² à Saint-Herblain destiné à l’industrialisation. À terme, un millier de chercheurs, entrepreneurs et professionnels du soin doivent s’y croiser.

Une trentaine de start-up et d’entreprises innovantes occupent déjà Gina. Parmi elles, l’agence d’architecture Faun, installée au deuxième étage depuis un mois — séduite, selon Mediacités, par l’esthétique et l’emplacement du lieu, présenté par ses initiateurs comme un modèle mêlant « frugalité et bien-être ».

Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole, entend positionner la ville « au premier rang des territoires français et européens en matière de santé et d’innovation ». La filière locale représente 200 entreprises, 35 000 emplois directs et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Station S est portée par la métropole, le CHU, Nantes Université, Atlanpole, Atlanpole Biotherapies et la CCI Nantes-Saint-Nazaire, avec le soutien de l’État et de la région Pays de la Loire.

Une série qui commence à faire tache

Le cas Gina n’est pas isolé. L’extension de la gare de Nantes, inaugurée en 2020, a déjà été épinglée pour sa vaste verrière qui transforme le hall en serre suffocante dès que le thermomètre grimpe. Le futur CHU, dont l’ouverture est programmée pour 2028, suscite lui aussi de vives inquiétudes chez les syndicats en raison d’une climatisation seulement partielle — et les personnels du CHU actuel dénoncent déjà des chambres devenues des étuves.

Trois équipements publics majeurs, trois fiascos thermiques, dans une même ville. Le hasard n’y est pour rien. Ce qui relie ces échecs, ce n’est pas une malchance météorologique : c’est une doctrine. Le « bioclimatisme », le « bas carbone », la « frugalité » ne sont pas ici des contraintes techniques parmi d’autres, ce sont des dogmes auxquels on sacrifie l’usage réel du bâtiment. La climatisation, jugée politiquement infréquentable, a été écartée par principe — pas par calcul thermique. On a construit pour satisfaire un cahier des charges idéologique et une plaquette de communication, pas pour les gens qui allaient y travailler.

Le résultat est là : il faudra climatiser Gina un an après sa livraison, avec l’argent du contribuable, en dégradant au passage le fameux bilan carbone au nom duquel on avait refusé de le faire. Quand l’obsession écologiste supplante le bon sens constructif, ce sont toujours les usagers qui paient — et deux fois plutôt qu’une.

Foto : Ville de Nantes

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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16 réponses à “Nantes : le bâtiment « bioclimatique » Gina se transforme en fournaise un an après son inauguration”

  1. vert dit :

    Les anciens eux construisaient des bâtiments avec des murs très epais

  2. JACQUES dit :

    On pourrait titrer : Les clowns en action.

  3. Marche à terre dit :

    Bravo johanna😂 décidément, depuis la revolution les nantais n’ont pas changé bien fait pour eux!

  4. JMAD dit :

    Johanna Rolland : Un monument à elle seule.
    Très forts les nantais qui avaient déjà incubé un Ayrault pour le plus grand bénéfice de la France.

  5. guillemot dit :

    Responsable mais pas coupable comme le disaient Georgina Dufoix et Laurent Fabius dans l’affaire du sang contaminé par le VIH. Tant que les responsables des fiascos qui coûtent un « pognon de dingue » à la société ne seront pas mis en examen ( comme on le fait systématiquement contre certains pour connaitre la vérité ) les novateurs et autres petits génies ont de beaux jours devant eux

  6. Beauchene dit :

    Et bien, ça colle à Nantes comme un sparadrap ! Après la Gare, le Totem et bientôt le CHU, c’est un fiasco. J’espère que la ville va attaquer les cabinets d’architectes. C’est quand même avec les impôts des nantais que l’on paie ce genre de chose. La cour des comptes régionales devrait intervenir.

  7. Rico dit :

    Paroxysme de la connerie humaine…
    Et dire que tous ces gens nous tiennent en laisse!
    Le pire, c’est que toutes ces « usines à gaz » coutent un maximum d’argent public…
    Moi qui, naïvement, pensait que Mai 68 était l’apogée de l’absurdité…

  8. Alain DUWELZ dit :

    A lire qui sont les propriétaires des bureaux d’étude ayant travaillé sur ce projet, je suis certain d’une chose; C’est qu’il doit y avoir des paquets d’Euros qui sont planqués dans des sous-sols de particuliers ( lesquels ? ) bien au frais cela. Mais cette situation ubuesque ne mérite pas une enquête poussée sur l’usage des fonds, n’est ce pas ?

  9. SDOL dit :

    « Quand l’obsession écologiste supplante le bon sens constructif », non ce n’ est pas cela le souci. La ville doit effectivement se retourner contre les cabinets d’architecture. Le réchauffement climatique n’est pas une nouveauté, cela doit être pris en compte dans les projets de construction. Ceci dit le donneur d’ordre doit aussi être vigilant, car c’est l’argent du contribuable qui est concerné et qui doit être utilisé à bon escient.

  10. Alek dit :

    Je nuancerai legerement le propos. Avoir des objectifs et des ambitions tournés vers l’avenir, on ne peut pas le reprocher. Quand on voit le reste des constructions de ce nouveau quartier, a peine sorti de terre, on constate du béton, du béton et encore du béton. A peine terminés, deja invivables. Penser bioclimatique, quoi qu’on en dise, c’est l’avenir.
    Encore faut il bien l’imaginer, et bien le réaliser.
    Quelques projets ont pourtant vu le jour a Nantes et collent parfaitement a cette architecture nouvelle, comme a l’arriere du Radisson avec une vegetalisation totale des toits et des facades.
    Malheureusement, c’est assez exclusif et seulement dans le quartier le plus riche de nantes.
    A quand la generalisation de type d’habitat?

  11. Pierrot dit :

    « Ce qui relie ces échecs, ce n’est pas une malchance météorologique : c’est une doctrine. Le « bioclimatisme », le « bas carbone », la « frugalité » ne sont pas ici des contraintes techniques parmi d’autres, ce sont des dogmes auxquels on sacrifie l’usage réel du bâtiment. La climatisation, jugée politiquement infréquentable, a été écartée par principe — pas par calcul thermique. On a construit pour satisfaire un cahier des charges idéologique et une plaquette de communication, pas pour les gens qui allaient y travailler. »

    C’est quoi ce journalisme fasciste à 2 balles ! Renseignez-vous un peu, il existe des centaines de bâtiments en France qui appliquent le bioclimatisme avec des matériaux biosourcés et ont parfaitement traversé les périodes de canicule. Par contre, tous les bâtiments en béton dans lesquels ont souffert les classes populaires ou des ouvriers, on ne vous entend pas sur le sujet !

    On a juste là affaire à des opportunistes mal formés qui ne savent pas bien appliquer les règles du bioclimatisme et mettre les matériaux au bon endroit.

  12. Florence Bouckaert dit :

    Cette construction n’a de bioclimatique que le nom, ça n’en est absolument pas!
    De nombreuses règles du bioclimatisme sont bafouées dans cette construction: c’est un non sens d’avoir une baie vitrée sans avancée de toit pour éviter l’entrée du soleil direct en été et il devrait y avoir des arbres caduques devant la façade ou des plantes descendantes en attendant la pousse des arbres; le toit bioclimatique est souvent végétalisé pour l’isoler, ou en bois ou blanchi pour éviter trop de chauffe; la circulation de l’air se fait paadivement par des clairvoies pour fiminuer l’humidité,…
    Rien à voir avec ce bâtiment ! Ces architectes ne savent pas de quoi ils parlent !
    Il est nécessaire de se retourner contre eux, au moins pour qu’ils arrêtent ce grand n’importe quoi et de ternir l’image d’une technique de construction qui rend passifs de nombreux bâtiments (voir des quartiers entiers même en Allemagne)

  13. Florence B. dit :

    Cette construction n’a de bioclimatique que le nom, ça n’en est absolument pas!
    De nombreuses règles du bioclimatisme sont bafouées dans cette construction: c’est un non sens d’avoir une baie vitrée sans avancée de toit pour éviter l’entrée du soleil direct en été et il devrait y avoir des arbres caduques devant la façade ou des plantes descendantes en attendant la pousse des arbres; le toit bioclimatique est souvent végétalisé pour l’isoler, ou en bois ou blanchi pour éviter trop de chauffe; la circulation de l’air se fait paadivement par des clairvoies pour fiminuer l’humidité,…
    Rien à voir avec ce bâtiment ! Ces architectes ne savent pas de quoi ils parlent !
    Il est nécessaire de se retourner contre eux, au moins pour qu’ils arrêtent ce grand n’importe quoi et de ternir l’image d’une technique de construction qui rend passifs de nombreux bâtiments (voir des quartiers entiers même en Allemagne)

  14. Jean Paul SAINT MARC dit :

    Le métal et le verre, pas tôt pour climatiser !

  15. locataire anonyme dit :

    Exactement le même problème avec un bâtiment nantes habitat dans le bas chantenay.
    Le « Brick » a ouvert ses portes il y a 5 ans pour les entreprises du secteur nautique.
    Pendant la canicule nous avons atteind plus de 35 degrés.
    Nantes habitat à même interdit la location des salles de réunion pour les entreprises extérieurs jusqu’à nouvel ordre mais les locataires par contre…une honte !

  16. Anonyme dit :

    Même souci dans le bas chantenay avec le BRICK. Plus de 35 degrés dans ce bâtiment nantes habitat inauguré il y a 5 ans…

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