Il est temps que les Vrais Européens s’organisent !

Devant une situation des États européens qui, inexorablement, se délite de tous les côtés, et devant une Union européenne tétanisée par le moindre craquement de la bulle dans laquelle vivent ses dirigeants, il est temps que les Vrais Européens s’organisent afin qu’ils soient en capacité de montrer aux peuples européens le seul chemin qui est susceptible de les sortir du désarroi et de la désespérance qui les gagnent ; et cela en leur évitant de tomber dans les ornières d’un repli sur soi plein d’illusions et de déconvenues garanties comme vient de le faire le peuple anglais.

En tant que Vrais Européens, on entend ici, non seulement ceux dont l’enracinement est démontré, mais surtout ceux qui, sans arrière-pensée hégémonique, sans complexe de supériorité, sans l’intention cupide de vouloir profiter de la solidarité des autres, envisagent, sans faux semblants, le salut de la diversité européenne, et celui de leur propre identité, dans l’union politique, c’est-à-dire dans une structure commune, que l’on peut dénommer comme on le veut, mais qui est celle d’un État, parce que celui-ci est le seul instrument qui permet à un peuple, ou à plusieurs peuples réunis en son sein, quand il est puissant, d’affronter les défis de l’Histoire et de surmonter les aléas du monde connexe et synchrone dans lequel ils sont tous désormais emportés.

Des échéances qui se précisent

La mondialisation est irréversible, et le problème qui se pose aux peuples et aux États n’est pas de savoir comment s’en esquiver, mais de la surmonter, c’est-à-dire d’être assez puissants pour ne pas la subir, et pour défendre leurs intérêts et leurs valeurs. Les flux financiers, les routes migratoires, et l’enveloppe des réseaux de communication sont désormais en place. C’est, en quelque sorte la rançon de l’univers technologique crée par l’Occident. La redistribution de la puissance est faîte, et pas à son avantage. Elle se partage maintenant entre un petit nombre d’Etats géants et les grandes compagnies financières, bancaires, médiatiques, et industrielles.

Or, ce monde globalisé n’est pas du tout celui du doux commerce d’Adam Smith, mais de plus en plus celui de la lutte pour la survie, comme l’avait prévu Maurice Allais (économiste français, prix Nobel) qui dénonçait les risques de l’extension du libre-échange aux pays en voie de développement. Cela devient d’autant plus pathétique que s’annoncent, à la fois, la stagnation séculaire ou permanente de la croissance mondiale, les dégâts sociaux de la numérisation de l’économie, l’épuisement des ressources énergétiques et les pénuries alimentaires. Ce sont les effets rétroactifs et négatifs de la mondialisation dont les États-Unis ont pourtant été le maître d’œuvre au lendemain de la fin de l’Urss, et ceci au nom de l’idéologie rooseveltienne du One World, qui justifient le repli américain, sans doute temporaire, annoncé par Donald Trump. Par ailleurs, ont commencé les débordements démographiques (celui de l’Afrique, en particulier) qui créent d’énormes problèmes de cohabitation en Europe, en voie d’être submergée dans les prochaines décennies, et les affrontements sur les conceptions de l’Homme et du monde, qu’ils soient d’essence religieuse ou non. De tels bouleversements ne peuvent que mettre les États européens en mauvaise posture.

Une nouvelle ère géopolitique s’ouvre

Ils le sont d’autant plus que la configuration géopolitique du monde a changé. Ils n’ont aucune prise sur la nouvelle réalité internationale. Ils sont désormais hors-jeu. Ils sont rejetés à la périphérie d’un espace mondial centré sur le face à face sino-américain. Les États-Unis, sur le déclin, s’inquiètent de revivre le « cauchemar anglais de Mackinder », du début du XX° siècle, mais cette fois à l’initiative de la Chine, et non plus d’une puissance européenne, c’est-à-dire de se voir écartés de l’ensemble eurasiatique, et d’y perdre la plus grande partie de leurs parts de marché, par suite aux alliances et aux accords passés par l’hégémon asiatique avec les États de ce continent, comme de l’Afrique aussi. Pour le politologue américain J.W. Garver, les nouveaux corridors ferroviaires transcontinentaux établis entre la Chine et l’Europe de l’Ouest préfigurent le dessein géopolitique chinois.

La balance Chine/États-Unis va sans aucun doute commander à l’avenir du monde, et dans les nouveaux équilibres la position de l’Europe et l’enjeu qu’elle représente pour Washington seront dévalués. Déjà, Donald Trump a fait savoir, au sujet de l’Otan, que « l’addition était top salée ». Les Européens vont se retrouver de plus en plus livrés à eux-mêmes. Ce qui est aussi, une chance à saisir !

Des ripostes populistes inappropriées et improductives

Face à un tel contexte, l’angoisse commence à gagner les peuples européens, en particulier les classes moyennes et populaires, celles qui sont exposées aux effets socialement déstructurant de la mondialisation et à la présence toujours plus prégnante et aliénante d’immigrants, de plus en plus nombreux, qui se comportent de plus en plus comme s’ils étaient en pays conquis, surtout quand ils sont de religion musulmane. Pourtant, comme l’ont noté bien des observateurs, c’est la léthargie qui caractérise ces Européens à qui l’on demande de faire de la place aux nouveaux venus et de respecter leurs coutumes. En attendant d’être eux-mêmes, un jour, minoritaires et soumis sur leur propre sol.

Cette résignation apparente est la conséquence de deux faits majeurs : le vieillissement fort et rapide des peuples européens qui agit sur l’esprit de résistance ; l’inhibition mentale et idéologique des Européens de tous âges et de leurs gouvernants par la religion séculaire des droits de l’Homme, qu’ils se sont inventé au temps des Lumières, et réinventé depuis 1948 en accentuant son aspect cosmopolite et millénariste (en faisant des droits de l’homme un code universel, sans tenir compte des contextes de vie des communautés, à généraliser coûte que coûte), et dont les principes se retournent contre eux dans le conflit culturel qui les confrontent à des adversaires qui leurs sont réfractaires parce qu’ils sont étrangers à leurs croyances.

L’endogamie sociale, entre les élites mondialisées et leurs peuples originaires, et communautaire, entre les populations autochtones et les différents groupes ethnoculturels allogènes, devient ainsi la règle des sociétés européennes. C’est cette situation, parce qu’elle est insupportable pour une majorité de citoyens, que est à l’origine de l’apparition et de la montée des populismes en Europe.

Malheureusement, la démarche politique de tous les mouvements populistes, à quelques exceptions près, est irrationnelle, inappropriée et, elle s’avèrerait, si elle devait aboutir, contreproductive. Elle est irrationnelle parce qu’elle ne tient pas compte du changement mondial, des nouvelles réalités de la puissance, et qu’elle s’appuie sur des représentations dépassées et des notions obsolètes pour essayer de justifier des retours en arrière impossibles. Elle est incohérente et inappropriée parce qu’elle est viscéralement anti-européenne, sous couvert d’être contre l’Union européenne qu’elle rend responsable de tous les maux. Alors que ceux-ci sont, avant tout, les conséquences des différentes politiques nationales et de l’incurie des personnels politiques (ce qui est surtout vrai des États de l’Europe du sud, France comprise). Elle serait, enfin, en cas d’arrivée au pouvoir de la plupart des partis populistes, contreproductive, en raison de leurs programmes économiques démagogiques et irresponsables qui, au lieu de régler les problèmes qui se posent, les aggraveraient. Sachant par ailleurs, qu’il n’existe pas de solution nationale à beaucoup d’entre eux.

Dès lors, parce qu’ils sont chauvins ou xénophobes, ces partis ne trouveraient pas d’autres choses à faire que de rouvrir des querelles entre Européens ; ce qui serait proprement suicidaire. Au final, à cause de leur propre impuissance, inhérente à leur fausse perception de la réalité, et à la suite de la profonde fragmentation de l’Europe qu’ils provoqueraient, les populismes risquent fort, s’ils persistent dans le sens où ils vont et même s’ils parvenaient au pouvoir, de rester dans l’histoire comme les derniers soubresauts de nations moribondes (ce n’est pas la faute à l’Union européenne si elles n’assurent plus leurs descendances !). Afin qu’il en soit autrement, il faudrait qu’ils fusionnent dans une forme de « nationalisme européen », c’est-à-dire dans un élan commun de résistance et de renouveau.

La Res publica europensis ou le salut des particularismes dans l’union

Au-delà des populistes, un nombre immense d’Européens, qui acceptent sans broncher la désagrégation de leurs nations respectives par l’immigration de masse et par les flux médiatiques de la culture globale, s’inquiètent de perdre leurs identités, et de renier leurs glorieuses histoires, en adoptant une structure étatique européenne. Pourtant, il n’existe aucune antinomie entre celle-ci et les particularismes européens, qu’ils soient nationaux ou régionaux. Au contraire, dans l’environnement mondial qui se dessine, l’État communautaire est leur seul cadre de survie, celui dans lequel on peut envisager une restructuration économique et sociale en rupture avec le système dominant, une régulation restaurée à la suite de l’harmonisation des lois sociales et fiscales, et une action politique non dévolue aux seuls intérêts économiques, mais bâtie à partir d’un projet de société et de civilisation.

La République européenne peut réunir autant de nations que l’on veut, mais dans un seul État garant du bien commun. Sans lui, les peuples européens vieillissants et repliés sur eux-mêmes, subiront les hégémonies qui vont succéder à celle des Etats-Unis, ou bien seront engloutis dans le maelström des flux globaux.

Un projet et une organisation pour convaincre

Les Vrais Européens, parce qu’ils ont dépassé leurs ethnocentrismes, et qu’ils ont bien conscience que c’est seulement unis, que leurs concitoyens pourront surmonter les difficultés qui commencent à les accabler (lesquelles ne sont rien par rapport aux épreuves à venir) sont les seuls en mesure de porter l’idée de l’Europe communautaire, républicaine, et souveraine. A savoir, celle d’un État continental respectueux de tous ses particularismes, dotés à cet effet des prérogatives nécessaires à leur pérennité, et garant du caractère démocratique et équitable de leurs relations mutuelles, comme des droits des populations. Un État, bien entendu, assez puissant pour garantir la sécurité, l’identité, et la prospérité de toutes ses composantes contre toutes les formes possibles d’ingérence ou d’agressions extérieures.

Et avant d’imaginer comment ce projet sera reçu, il faut bien avoir à l’esprit que toutes les formes étatiques et institutionnelles actuelles sont en fin de cycle, parce qu’elles sont incapables de régler les problèmes qui se posent à elles, et qui sont à l’échelle d’une globalité qui les dépassent. Il faut bien voir aussi que toutes les formules politiques autres que celle de la puissance étatique continentale sont, d’une part, des « fausses-fenêtres » pour éviter d’aborder, justement, la question de la puissance qui dérange en Europe (mais certainement pas en Chine, ni en Russie, ni aux Etats-Unis ou ailleurs), ou d’autre part, des faux fuyants pour essayer de sauvegarder les structures étatiques nationales, bien qu’elles soient obsolètes puisqu’elles ne sont plus en capacité de défendre leurs citoyens, parce que cela permettrait la sauvegarde d’une quantité de privilèges.

Il n’est que temps, car le temps passe vite, et que la mondialité technologique postmoderne l’accélère, tout en changeant à vive allure, dans chacune de ses dimensions, l’environnement des Européens, que s’organisent des instances transnationales européennes, à l’instar du think tank EurHope, qui se donnent pour mission de faire émerger une authentique opinion publique européenne et de faire circuler, d’un bout à l’autre du continent, d’une part, les aspirations et les inquiétudes légitimes des citoyens de ses différentes régions, et d’autre part, les réponses qui peuvent leur être données dans une perspective solidaire et constructive européenne.

Ensuite peut-être, sera-t-il possible, d’aller plus loin, de pouvoir penser à une organisation politique supranationale susceptible de faire entendre la voix des Vrais Européens dans les futurs débats, ou dans les prochaines luttes politiques, cruciaux pour le destin de tous les Européens.

Gérard Dussouy, professeur émérite à l’université de Bordeaux

Source : Métamag

Crédit photo : DR

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  • hichem houama

    Encore un intellectuel qui veut dissoudre la France dans un machin différent du machin actuel, mais un machin tout de même. Arrêtez de diffuser des textes de félons !

    • Gwendal Pennanech

      La France est elle-même un machin elle a servi de modèle à l’Union européenne . L’Europe est une réalité ethno-civilisationnelle. Il n’y a pas à réinventer la roue pour penser à une union de l’Europe aux Cent drapeaux où chaque peuple (chaque vrai peuple pas les États actuels) aurait sa place , il suffit de relire les classiques Bretons que sont Fouere et Mordrel. Et pour un exemple vivant de regarder comment la Suisse a pu faire fonctionner une confédération de cantons.

      • François Arondel

        L’Europe aux cent drapeaux est un projet totalement irréaliste. Il faudrait, pour qu’il puisse se concrétiser, que les peuples façonnés par l’histoire acceptent l’idée d’une disparition de leurs nations, ce qui est tout simplement impensable à ce jour et très certainement pour longtemps encore. Les nations historiques ont été affaiblies par la deuxième guerre mondiale mais elles reprennent de la vigueur tandis que le régionalisme est très faible, à trois ou quatre exceptions près; il est même beaucoup plus faible qu’il y a trois ou quatre décennies. Quant au fédéralisme paneuropéen, il est inexistant dans les urnes et ne rencontre aucun écho; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les dirigeants politiques de l’UE n’utilisent jamais le mot  »fédéralisme » dont ils savent qu’il est un repoussoir.

        La Suisse a connu des circonstances historiques très particulières qui ont permis la création d’une confédération puis d’une fédération. L’histoire spécifique de la Suisse n’est pas transposable à volonté. Par ailleurs, le cas suisse montre qu’ au sein d’un Etat fédéral les tendances à la centralisation et à l’homogénéisation culturelle ne sont pas inexistantes, bien au contraire !

        Qu’il y ait une civilisation européenne c’est à dire un ensemble de traits culturels communs, cela ne fait aucun doute. Ceci dit, il y a aussi des inimitiés enracinées dans l’histoire (entre Polonais et Russes d’une part, entre Polonais et Allemands d’autre part et dans une moindre mesure, entre Flamands et Wallons, ou entre Grecs et Allemands…..) ainsi que de profondes différences culturelles, politiques et sociales qui, le plus souvent, prévalent sur ce qui est commun. Croire que l’invocation de la civilisation commune puisse permettre la formation d’une nation européenne est à mon avis une illusion.

        • Gwendal Pennanech

          Le régionalisme est une impasse : les Écossais ou les Bretons sont des vraies nations et rien d’autre . Contrairement aux conglomérats comme l’Hexagone qui n’a aucune force intrinsèque et s’écroulera demain comme il s’est écroulé en 1940. La France ? Elle est moribonde, une zombie. Ce n’est pas la distraction du Front National qui va y changer quoi que ce soit avec ses projets ridicules comme de franciser des dizaines de millions d’allogenes. Si les vrais peuples européens ne se réveillent pas le continent sera englouti. Vouloir revenir à ce qui est fini fait juste perdre du temps et hâte la chute de notre civilisation.

        • Gwendal Pennanech

          Il n’y aura pas plus de « nation européenne  » qu’il n’y a de « nation française « . Les Bretons sont une nation (d’où l’impasse du régionalisme qui nie cette réalité), les « Franciens » peut-être, les Hexagons sûrement pas – un Guyanais et un Flamand, un Corse et un Breton de même nation? Quelle blague ! Il n’y a pas de nation européenne mais il y a une réalité humaine qui est une civilisation qui nous unit tous et dont la France – construction etatique et idéologique hors sol- n’a jamais hésité à trahir l’esprit pour se maintenir. Que nous propose le nationalisme français ? Que nous propose le Front National ?Et bien de franciser les millions d’extra européens sur le modèle qui n’a même pas été capable de bien fonctionner avec des peuples européens. Et on devrait s’extasier devant ça et voire ce melting pot sans âme réduit à quelques codes standardisés comme un avenir radieux alors que c’est un sucide programmé pour les Bretons? La vraie question n’est pas de savoir si une France ethniquement européenne peut exister. C’est trop tard les carottes sont cuites. La vraie question est de savoir s’il existe encore assez d’énergie dans le peuple Breton et les autres peuples d’Europe pour que l’aventure humaine des peuples européens puisse continuer .

  • François Arondel

    Sachant qu’il y aurait 1% de fédéralistes en Europe (estimation donnée récemment par Hubert Védrine), et qu’une grande partie d’entre eux rejettent toute idée d’héritage culturel, combien y-a-t-il de « vrais Européens » ? Une poignée sans nul doute et cette poignée, qui s’escrime en vain depuis une cinquantaine d’années, ne changera pas les choses parce que seules les cultures nationales font sens pour tous ceux qui souhaitent s’enraciner dans une culture non pas idéologique mais réelle ( tous les mouvements qui s’opposent à la mondialisation libérale-libertaire et qui ont une audience significative se réfèrent aux nations historiques et jamais à une chimère paneuropéenne; les seules exceptions sont le mouvement flamand et peut-être le mouvement corse. Les autres mouvements fédéralistes et euro-régionalistes, écossais, catalan….. sont totalement imprégnés de l’idéologie mondialiste ). Les peuples n’ont plus aucun goût pour les idéologies (ils en ont eu plus que leur dose au siècle dernier) et l’européisme identitaire, tout comme son concurrent progressiste, en est une. L’idéologie européiste est une impasse et une des raisons principales de l’extrême faiblesse de l’influence de la Nouvelle Droite.

    • Gwendal Pennanech

      « Les autres mouvements fédéralistes et euro-régionalistes, écossais, catalan….. sont totalement imprégnés de l’idéologie mondialiste ).  »

      C’est pour cela que le maire de Londres traite le SNP de crypto-raciste?

      L’idéologie européiste est l’idéologie de la révolution française a l’échelle du continent . Qu’elle puisse influencer jusqu’aux partis politiques du type SNP ne change rien au caractère sain des aspirations qui portent ces mouvement au pouvoir.

      Le contexte post révolutionnaire du XIX e siècle et la formation des États -nations a affaibli l’unite de la civilisation europeenne. Il convient de puiser dans nos sources profondes pour regagner cette unité face à aux dangers mortels qui pèsent sur l’Europe. L’architecture actuelle n’est en effet pas adaptée mais le retour au XIXe siècle non plus.

      • François Arondel

        Le maire de Londres fantasme. Madame Hidalgo pense, elle aussi, que les régionalistes bretons sont de dangereux fachos et pourtant, il suffit d’ouvrir un numéro du Peuple Breton ou de beaucoup d’autres médias régionalistes pour constater que les régionalistes sont, pour les plus nombreux d’entre eux, des mondialistes. Le SNP n’échappe pas à ce travers. Je ne pense pas que l’émiettement des nations européennes historiques soient une bonne chose parce qu’il affaiblirait considérablement l’ensemble européen mais si les Ecossais souhaitent reprendre leur indépendance, personne ne pourra les en empêcher. Il n’y a que très peu de cas comparables: Catalogne, Pays Basque et Flandre. Pour ce qui concerne la grande majorité des Européens, l’heure est au retour des nations historiques.

        Il y a deux idéologies européistes, celle, mondialiste, des actuels dirigeants politiques (à Bruxelles et dans les capitales nationales) et celle des nationalistes européens lesquels ne sont qu’une minorité infime et sans audience.

        Penser que nous ne pourrons assurer notre avenir qu’en fusionnant toutes les nations européennes dans un seul et même Etat en faisant abstraction de la réalité (à savoir un ensemble de nations qui sont en train de retrouver un nouveau souffle après une période d’affaiblissement consécutif à la deuxième guerre mondiale) est un raisonnement propre aux idéologues. Ce type de raisonnement mène toujours à des catastrophes et s’apparente au raisonnement totalitaire comme l’a bien perçu la philosophe Hannah Arendt. D’ailleurs l’UE a un caractère de plus en plus nettement totalitaire.
        Machiavel nous a appris à nous méfier des chimères intellectuelles et à rester au plus près de la réalité. La seule solution qui soit réaliste consiste à favoriser l’expression des libres volontés de coopération entre les peuples européens lesquels veulent rester indépendants les uns des autres.

        • Gwendal Pennanech

          Bien au contraire les partisans du grand melting pot comprennent qu’il y a quelque chose de « suspect » dans l’attachement viscéral des peuples réels -Bretons , Écossais ou Corse à leur nation. Oui vous avez bien lu j’y inclus les Bretons car nos pauvres compatriotes complexés qui votent français sont bien souvent des schizophrènes politiques tout aussi prêts à manier le Gwenn-Ha-Du ! Qu’ensuite des politiciens trahissent ces aspirations rien de nouveau c’est le travail habituel des politiciens ! Pensez-vous sincèrement que l’electeur du SNP vote pour ce parti par gauchisme ? Soyons sérieux ce n’est pas sa motivation ! Le régionalisme Breton est une impasse car il s’insère dans le système qu’il combat en prétendant le réformer . Il faut défendre Breizh comme nation pas la Bretagne comme région Hexagone.

          Vous prévoyez un retour au passé. Ce serait assez unique dans l’histoire du monde. Le problème de votre phénix français qui renaîtrait de ses cendres c’est qu’il n’a plus le même plumage ! Vous allez refaire une France à papa avec la réalité humaine de l’hexagone d’aujourd’hui ? Bonne chance!

          Quant à l’idéologie uniformisatrrice que vous décrivez je la combats justement à tous les niveaux . Il faudra m’expliquer en quoi un petit melting-pot francais serait préférable à un grand melting-pot européiste.

          • François Arondel

            Ceux qui essaient de promouvoir une nation bretonne font des scores électoraux dérisoires parce qu’il n’y a pas de nation bretonne; il n’y en a d’ailleurs jamais eu. Il y eût une entité féodale bretonne, comme il y eût une entité féodale bourguignonne, mais ces entités n’étaient pas des nations. Vous envisagez de reconstruire une nation qui, à la différence de la France, n’a jamais existé.
            L’Europe n’est pas non plus une nation et n’est pas près de l’être, pour autant qu’elle puisse l’être un jour. En attendant, et compte tenu du fait que l’UE mondialiste et hyperlibérale que nous subissons est en train de se défaire, il nous faut imaginer autre chose que l’impossible construction d’un Etat européen que seule une infime minorité appelle de ses voeux. La seule voie qui semble nous rester est celle des coopérations à la carte entre Etats conformément à ce que veulent obtenir les pays d’Europe de l’est dont le maintien, très intéressé, dans l’UE est lié pour l’essentiel au fait qu’ils bénéficient d’importantes subventions provenant des pays d’Europe de l’ouest. Je reviens de Pologne, un pays que je connais assez bien, et je peux vous dire que je n’y ai constaté, à nouveau, aucune trace d’européisme. Par contre le nationalisme polonais se porte mieux que jamais et le fait que la Pologne ne fasse pas partie de la zone euro lui réussit merveilleusement bien.

          • Gwendal Pennanech

            Donc la nation française existe en

          • Gwendal Pennanech

            Oui c’est le discours officiel depuis la révolution française .. . La France n’est une « nation  » que pour ceux qui mettent l’Etat avant le peuple et reprennent la notion révolutionnaire et « citoyenne » de la nation. Vision fomentée dans les loges et de gauche, ne vous en déplaise elle n’est pas la mienne. Les Bretons sont une nation très ancienne et antérieure même au Royaume de France – qu’ils soient unis sous un seul prince ou pas d’ailleurs . Comme la nation allemande existait avant 1871 – sauf des les délires des stato-Nationalistes français. Cette qualité de nation assumée sous l’Ancien Régime (Bretagne réputée étrangère) est précisément niée depuis 1789. Il existe plusieurs nations en Hexagone la nation Francienne n’est qu’une nation parmi d’autres. Encore une fois si vous vous réclamez de la nation élective tant mieux pour vous . Quant aux résultats électoraux ils ne changent qu’une chose : savoir si les Breton sont une nation réveillée ou endormie . Sachant que le réveil peut toujours suivre la torpeur. Les exemples sont légion , Irlandais , Écossais etc.

            L’idée d’une nation européenne serait du même ordre que la nation française, une nation citoyenne élective. Pourtant l’Europe est une civilisation et nous devons penser une architecture du continent pour lui garder un rôle dans le monde actuel. L’architecture actuelle qui en effet cherche à créer un semblant d’Etat -nation à la française à l’échelle du continent est une impasse .

    • Mort de rire

      « tous les mouvements qui s’opposent à la mondialisation
      libérale-libertaire et qui ont une audience significative se réfèrent
      aux nations historiques et jamais à une chimère paneuropéenne; les
      seules exceptions sont le mouvement flamand et peut-être le mouvement
      corse. »

      Il y a aussi le FPO autrichien, le Fidesz d’Orban ou le PiS de Kaczynski… Tu ne fais que citer des mouvements Ouest européens alors qu’a l’Est la situation est bien différente, d’ailleurs le parti AfD allemand est sur la même ligne.

      Sinon l’européisme identitaire comme tu le dis n’a pas grand chose à voir avec de l’idéologie mais avec du pur pragmatisme politique, grâce à ce principe on règle d’un coup les problèmes de séparatisme en Europe, on forme une armée européenne destiné a garantir notre sécurité et on devient la plus grosse puissance économique au monde.

      La France seule n’ira pas bien loin.

      • François Arondel

        Le FPO , le FIDESZ et le PiS sont eurosceptiques, se réfèrent aux nations historiques et refusent l’idée d’un Etat européen. C’est conforme avec ce que j’ai écrit.
        L’européisme est dans ses deux versions (identitaire ou progressiste), une construction idéologique. Dans un cas, la construction européenne est pensée comme un premier pas vers l’unification de l’humanité (utopie universaliste) tandis que dans l’autre cas, elle est pensée comme la nécessaire cristallisation d’un peuple européen qui n’existe pas (constructivisme nationaliste). Dans les deux cas, l’utilisation de la contrainte est justifiée par la grandeur du projet. Ces deux voies ne sont pas pragmatiques mais idéologiques; l’échec de l’actuelle construction européenne est patent et pourtant, ses promoteurs persistent à vouloir nous imposer leurs rêveries universalistes. Un authentique pragmatisme consisterait à agir en prenant en compte l’Europe telle qu’elle, c’est à dire constituée de nations très résilientes qui n’entendent pas se dissoudre dans un grand Tout ( un sondage récent fait état du fait que 86% des Français sont très attachés à la France). La propagande européiste que nous subissons depuis soixante années n’a pas réussi à entamer les enracinements nationaux; on peut même dire qu’ils se fortifient depuis le début du siècle et que l’européisme est en chute libre hormis au sein de la minorité idéologisée qui nous gouverne.
        Il ne s’agit pas de vouloir une France solitaire mais de rassembler celles des nations européennes qui en ont envie autour d’un processus de coopérations renforcées tout en respectant leurs indépendances.

        Les séparatismes ne sont pas nombreux et ne posent pas un problème majeur.

        Quand à la création d’une armée européenne, Hubert Védrine, qui a été très favorable à l’UE mais qui a fini par se rendre à l’évidence, vient de nous expliquer que c’est un projet irréaliste. Il pense, à juste titre, que la seule chose qui pourrait être faite dans ce domaine consisterait à associer quelques pays dont certains pourraient ne pas être membres de l’UE (France, Allemagne, Grande Bretagne dans l’état actuel des choses).

        • Mort de rire

          « Le FPO , le FIDESZ et le PiS sont eurosceptiques, se réfèrent aux
          nations historiques et refusent l’idée d’un Etat européen. C’est
          conforme avec ce que j’ai écrit. »

          C’est exacte mais tu oublis une chose, ces partis sont opposés à une sortie de l’UE et sur de nombreux points ils sont mêmes favorables à une coopération accrue entre états, Victor Orban a par exemple proposé que l’on créé une armée européenne pour garantir la sécurité des peuples ainsi que l’imperméabilité des frontières.

          Mais le problème n’est pas là, comme cela est très bien expliqué dans cet article les nations européennes sont des puissances déclinantes, à terme nous ne serrons plus en mesure de résister au choc démographique africain, à la puissance financière de la Chine ou de l’acculturation au modèle états-unien, il nous faut donc soit former une sorte d’empire européen soit former une sorte de confédération d’état pour que l’on puisse s’assurer de la survie de la civilisation européenne et des peuples blancs.

          Il est évident que les français sont attachés à la France mais cela ne veut pas dire non plus qu’ils n’ont pas conscience des défis futur.

  • canville