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Les grosses cylindrées lancées à 200 km/h sur l’autoroute ne sont plus l’unique visage du transport de drogue. Les réseaux s’adaptent, contournent les habitudes policières et misent désormais sur la discrétion. En effet, les « go-slow » remplacent de plus en plus les « go-fast » : véhicules banalisés, vitesse normale, conducteurs apparemment ordinaires. L’objectif n’est plus de fuir, mais de disparaître dans le flux.
Camionnettes, utilitaires, voitures familiales ou véhicules légers lambda deviennent ainsi des outils logistiques du narcotrafic. Lors d’un contrôle sur l’A10, l’adjudant Geoffrey décrit, selon CNews, des trafiquants qui « tentent de se faire discrets et de passer le plus naturellement possible dans le flux de circulation ». Pour les forces de l’ordre, le défi change de nature : il faut repérer un comportement inhabituel, une nervosité excessive, un regard fuyant, parfois un simple détail.
Des profils ordinaires recrutés en ligne
Le phénomène ne concerne pas seulement les véhicules. Il touche aussi les conducteurs. Une dépêche AFP cite l’exemple d’une étudiante de 21 ans, inconnue de la justice, contrôlée dans la Somme avec environ 2,5 kg de drogues dans un sac isotherme posé sur le siège passager. Elle devait toucher 700 euros pour transporter la marchandise de Roubaix au Havre.
Le narcotrafic recrute désormais dans les fragilités sociales : étudiants, demandeurs d’emploi, mères célibataires, retraités précaires, jeunes sans casier. « La misère sociale est exploitée », résume Christelle, chef de la brigade des douaniers d’Amiens auprès de la même source. Derrière le transport discret, c’est aussi une France vulnérable que les réseaux utilisent comme main-d’œuvre jetable.
Un défi supplémentaire pour l’État
Pour les trafiquants, ces petites mains ont un autre avantage. Recrutées via Snapchat, Signal ou WhatsApp, elles connaissent peu l’organisation. Lorsqu’elles sont arrêtées, elles n’ont souvent personne à dénoncer. Me Sarah Mauger-Poliak, avocate spécialisée dans les dossiers de stupéfiants, relève dans la même dépêche que certains jeunes sans casier « ne connaissent pas tout le réseau ».
Le phénomène apparaît aussi dans les dossiers judiciaires. Ouest-France évoquait en février 2026, devant le tribunal du Mans, une affaire de stupéfiants impliquant quatorze prévenus et une pratique décrite comme le « go slow, l’inverse du go fast ». Les réseaux professionnalisent leur logistique ; les forces de l’ordre doivent sans cesse adapter leurs méthodes. La lutte contre la drogue ne se joue donc plus seulement dans les cités ou les ports. Elle se joue aussi sur les autoroutes, dans des voitures ordinaires, conduites par des profils que personne ne regarde.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses à “Des « go-fast » aux « go-slow » : le narcotrafic mise sur la discrétion”
la lutte contre le trafic des « drogues » atteint totalement son but : enrichir et établir la puissance de ceux qui en sont les maîtres
Quoi ? Les petits bourgeois des centres villes seront livrés moins rapidement ? 😂