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08/04/2015 – 09h00 Birmingham (Breizh-info.com) ‑ Peaky Blinders est une série télévisée britannique, qui fait honneur au cinéma européen.
Diffusée le mois dernier sur Arte dans sa première saison (alors que la deuxième a été diffusée à la fin de l’année 2014 à la télévision britannique) , la série créée par Steven Knight nous plonge dans le Birmingham sombre du début du XXème siècle (à partir de 1919), mais aussi à Londres et dans la campagne anglaise pour la saison 2.
Elle raconte l’histoire des Peaky Blinders, une famille de gangters (ayant réellement existé) dont le nom fait référence à la lame de rasoir cachée dans la visière de la casquette des membres, avantage certain en cas de bagarre de rue.
Dans la série, le chef de famille et de gang est Thomas Shelby incarné par l’acteur Irlandais Cilian Murphy (28 jours plus tard, Le vent se lève, Inception ..) , vétéran et médaillé de la Première Guerre mondiale qui, entouré de ses frères, de sa tante, et d’employés, règne en maître sur Birmingham.
Il va néanmoins – dans la première saison – être aux prises avec Chester Campbell (Sam Neill) – détective de la police royale nord-irlandaise, directement aux ordres de Churchill à l’époque. Ce détective, qui déteste les séparatistes Irlandais plus que tout, est envoyé à Birmingham, loin de Belfast, afin de nettoyer la ville de sa pègre.
Si l’intrigue principale réside dans cet affrontement ainsi que dans les règlements de compte entre bandes rivales , l’intérêt de la série porte également sur la reconstitution historique, à la fois des conditions de vie de la classe ouvrière anglaise au début du 20ème siècle (problèmes d’hygiène, d’alcoolisme, misère sociale).
D’une certaine façon, les Peaky Blinders ainsi que les gangs anglais de l »époque, par leur solidarité, par leur attachement à un look irréprochable, par leur amour pour les femmes, l’alcool et la bagarre, mais aussi par leur capacité d’agir et de fonctionner en groupe, sont les ancêtres des bandes de hooligans anglais qui naîtront dans les années 60.
Durant les 6 épisodes qui constituent la première saison, sont également abordés la montée du communisme en Angleterre, la condition féminine, mais aussi la naissance de l’IRA, avec qui les Peaky Blinders vont avoir à travailler ou encore le traumatisme lié à la Grande guerre, qui aura profondément marqué, voir traumatisé les frères Shelbys et leurs compagnons d’armes.
« L’une des questions plus globales que je voulais mettre en lumière était le fait que ces hommes revenaient de la Première Guerre mondiale, où on leur avait ordonné d’accomplir quotidiennement des tueries de masses, à une échelle industrielle encore sans précédent. Ils sont revenus complètement brisés, et deviennent violents à cause de cette expérience: on a là une dynamique très intéressante, ces hommes rentrés du front qui se découvrent incapables de vivre une vie normale.» dira Steven Knight, qui a avoué être fasciné par ces hommes, dont ses parents lui comptaient l’histoire.
La qualité de la série, outre son aspect historique réside également par l’esthétisme de l’image, mais aussi la reproduction des rues et d’une grande ville de l’époque, en Angleterre. La bande-originale enfin, ravira tous les amateurs de rock , puisque ce sont les américains de White Stripes qui s’y sont collés ainsi que l’australien Nick Caves.
A noter que la saison 2 est disponible en VOST (sachant que regarder une série anglaise en version française dénature complètement l’ambiance ) sur toutes les plateformes de téléchargement.
A voir, à faire connaître, et à dévorer. Une saison 3 est déjà en production, et cela ne peut que nous ravir. Après Broadchurch, après Downton Abbey, après Vikings, le cinéma britannique continue de briller, le cinéma français faisant actuellement figure de vilain petit canard à la vue des pauvretés cinématographiques proposées actuellement.
Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.
Une réponse à “Peaky Blinders. Une excellente production européenne. [série TV]”
Chester Campbell est interprété par Sam Neill, acteur néo-zélandais.
Les White Stripes sont américains. Nick CavE est australien, du Victoria. Et ils n’ont pas composé de musique pour cette série télé (ce n’est pas du cinéma, une oeuvre audiovisuel est cinématographique à partir du moment où elle est projeté dans une salle de cinéma, ce qui n’est en rien un critère qualitatif cependant), leurs musiques sont « compilées » (d’une manière malheureuse selon moi, surtout sur les scènes d’actions).
Très bonne série cependant. Qui n’en fait pas des tonnes sur la violence, le sexe et la drogue autant qu’elle le pourrait. La réalisation n’est malheureusement pas à la hauteur des thèmes abordés. Elle pêche par ambition. Mieux vaut cela que l’inverse, comme notamment les séries françaises. Une réussite comme les Revenants ne doit pas cacher la misérable forêt (l’indulgence envers des Braco ou Mafiosa est aberrante, simplement parce qu’elles ne sont pas les pires).