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Le zoologue, éthologue, écrivain et peintre surréaliste britannique Desmond Morris est mort dimanche 19 avril en Irlande, à l’âge de 98 ans. Auteur du retentissant Singe nu (1967), il aura passé sa vie à observer l’animal humain avec une curiosité que ni l’âge, ni la bienséance académique n’auront jamais réussi à éteindre.
C’est son fils Jason qui a annoncé la nouvelle lundi, confirmant ce que la longévité du personnage avait fini par faire presque oublier : Desmond Morris était mortel. L’homme s’est éteint paisiblement à Naas, dans le comté de Kildare, où il s’était installé auprès de sa famille après la mort de son épouse Ramona en 2018. « Zoologue, observateur de l’humanité, auteur et artiste, il a continué à écrire et à peindre jusqu’à sa mort », a salué son fils, évoquant « une vie entière de découvertes, de curiosité et de créativité ».
Un gamin du Wiltshire devenu conscience inconfortable de l’Occident
Né le 24 janvier 1928 à Purton, dans le sud de l’Angleterre, Desmond Morris perd son père – soldat gazé lors de la Grande Guerre – à l’âge de quatorze ans. Un traumatisme dont il tirera, de son propre aveu, une méfiance viscérale envers ce qu’il appelait « les salauds de Whitehall » : l’Église, le gouvernement et l’armée. L’anticonformisme chez lui n’était pas une posture : c’était une deuxième peau.
Après son service militaire en 1946, il étudie la zoologie à l’université de Birmingham, puis rejoint Oxford où il rédige, en 1954, une thèse sur le comportement reproducteur de l’épinoche à dix épines. Le jeune chercheur travaille ensuite sous la direction du futur prix Nobel Nikolaas Tinbergen, l’un des pères fondateurs de l’éthologie moderne. De ses poissons à ses oiseaux, puis des singes aux hommes, la trajectoire était toute tracée.
Le livre qui a choqué les bien-pensants
En 1967, alors conservateur des mammifères à la Société zoologique de Londres, Morris publie The Naked Ape : A Zoologist’s Study of the Human Animal. Le ton est donné dès les premières lignes : sur les 193 espèces de singes et de grands singes recensées, 192 sont poilues. La 193e, dépourvue de pelage, s’est baptisée elle-même Homo sapiens. Et puisqu’elle reste un animal, un zoologue est parfaitement fondé à l’étudier comme tel.
Le succès est phénoménal : plus de dix millions d’exemplaires vendus, vingt-trois langues, une place dans le classement des cent livres non-fictionnels les plus influents du siècle selon Time. Morris y développe des thèses devenues classiques – le rôle de la nudité de la peau dans le lien mère-enfant, l’origine de la sexualité humaine, les comportements sociaux hérités de nos ancêtres simiesques. Certaines seront contestées, d’autres raillées pour leur audace méthodologique, mais l’essentiel demeure : Morris a osé remettre l’homme dans sa cage biologique, à l’heure où l’Occident commençait à se persuader qu’il pouvait se penser hors de toute nature.
Le filon sera exploité jusqu’au bout : Le Zoo humain (1969), Le Couple nu (1971), La Clé des gestes (1977), La Femme nue (2004), L’Homme nu (2008)… Plus de quatre-vingt-dix titres au compteur, sans compter les ouvrages consacrés aux chats, aux chiens, aux chevaux ou aux hiboux.
Ce qu’on sait moins de Morris, c’est qu’il fut aussi un peintre surréaliste prolifique. Dès 1948, il expose à Swindon ; en 1950, il partage les cimaises de la London Gallery avec Joan Miró. Il réalise la même année deux courts-métrages surréalistes, Time Flower et The Butterfly and the Pin. Pendant sept décennies, il peindra en parallèle de sa carrière scientifique, souvent jusqu’à quatre heures du matin. Ses toiles, longtemps confidentielles, finiront à la Tate. La BBC lui consacrera en 2017 un documentaire intitulé The Secret Surrealist.
Le vulgarisateur qui a précédé Attenborough
Avant que David Attenborough ne devienne la voix officielle de la nature, c’est bien Morris qui occupait le terrain télévisuel. Responsable de l’unité audiovisuelle du zoo de Londres dès 1956, il présentera plus de 500 émissions de Zoo Time sur Granada TV, puis une centaine d’épisodes de Life in the Animal World sur BBC2. Il signera encore The Human Race (1982), The Animals Roadshow (1987-1989) et The Human Animal (1994).
Passionné de football, il fut également vice-président du club d’Oxford United, dont il dessina l’emblème à tête de taureau inspiré de l’art minoen – blason toujours en usage.
Desmond Morris laisse derrière lui une œuvre massive, parfois dérangeante, toujours stimulante : celle d’un homme qui aura regardé ses semblables avec le même sérieux patient qu’un ornithologue observant une mésange. À une époque où l’on s’acharne à dénier toute assise biologique au comportement humain, sa disparition sonne comme un rappel à l’ordre. L’homme, qu’il le veuille ou non, reste un animal. Un singe nu.
Photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Desmond Morris, le zoologue qui voyait en l’homme un singe nu, s’est éteint à 98 ans”
Légitime hommage !
Selon ce scientifique, l’Homme est un Singe, un « singe nu » ayant perdu ses poils. Selon l’évolution, il a sans doute été façonné en partie par les climats et il aura hérité selon les contrées du globe de caractères physiques et d’une couleur de peau différente. Dire donc que, Blanc, Noir, Jaune, Marron ou Gris, nous sommes tous des Singes est une Réalité. Donc je suis bien un Singe de par mes géniteurs originels et j’ai conservé ou perdu certaines de leurs caractéristiques en fonction d’une évolution différente par rapport à d’autres. On peut donc supposer que selon cette évolution et selon les contrées du monde, certains Homo Sapiens ont gardé des caractéristiques qui les rapprochent davantage du Singe Originel. Mais certains diront que ce que je dis là, et qui n’est qu’hypothèse bien sûr, relève du Racisme. Dire donc que certains Homo Sapiens du XXIeme siècle sont plus proches que d’autres du Singe Originel pourrait être perçu comme offensant, me conduire devant les juges et peut-être en prison. Attention au délit d’opinion.