Melun. Affaire Scipilitti : « Notre avocat nous avait caché qu’il était un homme brisé par le système » [interview]

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30/10/2015 – 17H00 Melun (Breizh-info.com) – Ce jeudi matin, Joseph Scipilitti, avocat natif comme le cycliste Yvan Basso de Messine en Italie, a tiré à trois reprises sur le bâtonnier de Melun. Il s’est par la suite suicidé. Dans un long livre présenté comme son testament (disponible ici), ce dernier raconte sa carrière et les différentes anecdotes – particulièrement dures – qui l’ont sans doute conduit à achever sa vie de la sorte. L’avocat – qui chroniquait de temps à autre sur le site Boulevard Voltaire – ne supportait plus les persécutions  à son encontre. Les services fiscaux de l’Etat se seraient particulièrement acharnés sur lui, tout comme l’ordre des avocats, selon ses dires.
Il supportait par ailleurs très mal l’évolution de la société française, de sa profession et  de la justice française, Maître Scipilitti s’en est donc pris au bâtonnier Henri Vannier. Il est désormais hors de danger. Il considérait cet homme influent comme le principal responsable de la nuisance à sa carrière personnelle, mais aussi comme un symbole de la faillite de l’institution judiciaire en France.
Christine Tasin et Pierre Cassen, respectivement responsables de Résistance Républicaine et de Riposte Laïque dont Maître Scipilitti était l’avocat, ont reçu le manifeste tôt ce jeudi matin. Nous les avons interrogés pour avoir plus d’éclaircissements sur la personnalité d’un avocat que la presse subventionnée  lynche post mortem, le qualifiant ici de fou, là de dépressif chronique et de « militant d’extrême droite ».

Breizh-info.com : Qui était Maître Scipilliti ? Comment l’avez-vous rencontré ? Parlez nous de lui.

P. Cassen / C. Tasin : Nous avons rencontré Maître Scipilliti en 2010. Lecteur de Riposte laïque, il a adhéré à Résistance républicaine et a proposé à nos deux associations de mettre ses compétences à notre service. A l’époque, nous ne croulions pas encore sous les procès, comme ce jour, mais Joseph ne supportait pas que notre site soit souvent attaqué de manière crapuleuse et diffamatoire, dans des journaux comme Le Nouvel Observateur, Le Monde ou Libération, sans que nous ne réagissions. Il avait donc pris à sa charge (totalement bénévolement) la rédaction de droits de réponse à ses journaux, et avec succès. Nous avons alors appris à mieux le connaître. Il fut un militant socialiste, dans les années 1980, avant que la gauche n’arrive au pouvoir. Il a quitté cette gauche, à qui il n’a pas pardonné l’abandon de la Nation et de la République, des notions qui comptaient pour l’enfant d’Italien du Sud qu’il était, qui aimait la France plus que tout. Il fut également professeur de collège, avant, dans les années 1990, de quitter l’Education nationale et de passer des concours qui lui permirent, à la force du poignet, de devenir avocat.

Il était empreint d’idéal, et pensait, en servant la justice de son pays, contribuer à ce que les plus modestes aient le même accès que les autres à une justice rendue au nom du peuple français. Il suffit de lire son « J’accuse », qu’il nous a fait parvenir ce jeudi matin, quelques heures avant le drame, pour comprendre qu’il a rapidement déchanté.

Breizh-info.com : Quelle a été votre première réaction en apprenant le drame ? Vous dites ‘ils ont tué » votre avocat, mais il a tout de même tiré sur un bâtonnier non ?

P. Cassen / C. Tasin : Dès que Christine Tasin et moi avons pris connaissance de son livre de 240 pages et l’avons parcouru, en début de matinée, nous avons eu, elle est moi, des inquiétudes, un mauvais pressentiment. Nous avons bien sûr essayé de le joindre, puis nous nous sommes donné un temps de réflexion pour savoir si nous ne nous faisions pas un mauvais film.

Nous avions décidé d’appeler la police, quand nous avons appris l’information. Quand je l’ai appris à Christine au téléphone, nous n’avons pu cacher notre émotion, et avons été incapables de parler plusieurs minutes. Nous avons alors décidé, ensemble, de publier ce texte « Ils l’ont tué », que nous assumons totalement, plusieurs heures plus tard, sans n’avoir rien à changer.

Les journalistes des grands médias nous ont harcelés toute la journée, quand, habituellement, ils nous boycottent complètement. Plusieurs d’entre eux, pour répondre à votre question, nous ont demandé de condamner son geste. Nous nous y refusons, sans faire pour autant l’apologie d’assassinat, bien évidemment. Simplement, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, dans cette affaire, la vraie victime, l’homme persécuté, brisé, ruiné, assassiné socialement, c’est notre avocat, notre ami, Joseph Scipilliti, et les vrais bourreaux sont ceux qui, par leur action quotidienne, ont voulu humilier un homme qui ne rentrait pas dans le moule de la justice française telle que Madame Taubira la conçoit.

Breizh-info.com : Il vous a adressé son testament, sous forme d’un livre, disponible en téléchargement. Pouvez vous nous en présenter le contenu , particulièrement virulent contre la justice française 

P. Cassen / C. Tasin : Le meilleur hommage à rendre à Joseph était de mettre en ligne, selon sa volonté, ce livre, qu’il avait prévu de peaufiner davantage, fruit de ses notes de vingt ans d’avocat. C’est un réquisitoire impitoyable contre ce qu’est devenue la justice de notre pays, les petites magouilles entre amis, l’idéologie droits-de-lhommiste obligatoire, le laxisme pour les voyous, mais la trique pour les victimes, l’arrogance d’une hiérarchie qui a droit de vie ou de mort (professionnelle) sur vous, la lâcheté du milieu, où beaucoup préfèrent préserver leur carrière et courber l’échine, ce que ne fera jamais notre ami Joseph. C’est une vision effrayante sur les plein-pouvoirs des bâtonniers, qui peuvent décider, comme l’a fait celui de Melun, de faire suspendre un collègue trois ans, ce qui correspond, dans la situation de Maître Scipilliti, à une mise à mort sociale et professionnelle semblable celle de Sébastien Jallamion, suspendu deux ans par sa hiérarchie.

Dans ce livre, que je n’ai pas encore eu le temps de lire complètement, notre avocat pointe du doigt également le harcèlement des services de l’Etat contre les professions libérales, avocats, mais aussi agriculteurs, commerçants. Il montre l’inhumanité de fonctionnaires qui ont toute lacune pour exiger de ces entrepreneurs des sommes folles, sans avoir le moindre compte à rendre à personne. Ainsi, il parle de cette anecdote de ce compagnon d’une propriétaire d’un café, qui se permettait, ponctuellement, de donner un coup de main à sa compagne, en servant des clients. Lourde amende pour dissimulation de travail aux autorités de l’Etat. Il évoque nombre de cas de Français qui, comme lui, ruinés par le fisc et l’Urssaf, n’ont eu d’autres choix que de se donner la mort.

Notre avocat nous avait caché qu’il était un homme brisé par le système, il avait gardé cela pour lui. Mais, même désespéré, il est demeuré, à sa façon, un combattant jusqu’au bout, estimant (à tort ou à raison) que celui qui était responsable de cette situation ne pouvait s’en sortir ainsi. Il est vrai que journalistes et magistrats préfèrent ces victimes broyées qui se suicident sans un mot, plutôt que des actes désespérés, mais militants jusqu’au bout, d’un Joseph Scipilliti.

Breizh-info.com : Ne craignez vous pas désormais la répression de Christiane Taubira à l’encontre de votre organisation, dont il était l’avocat ?

P. Cassen / C. Tasin : C’est certain que cela ne va pas arranger notre cas, ni notre image dans la presse. Mais cela peut-il être vraiment pire ? Les journalistes d’Etat (c’est ainsi que nous qualifions ceux des médias subventionnés) amalgament systématiquement notre nom (et celui de nos avocats) de l’infâmant terme d’extrême droite). Nous avons quatre plaintes de Cazeneuve, une plainte d’Anne Hidalgo, une plainte de Pierre Bergé, une plainte du chef des flics parisiens, Jacques Méric, cinq ou six dossiers en cours, et même deux simples lecteurs de notre journal vont se retrouver au tribunal, pour avoir distribué un tract à Varennes-sur-Allier, ville contrainte d’accueillir 200 clandestins musulmans appelés migrants par les propagandistes immigrationnistes du système. J’ai moi-même, bien que n’exerçant plus aucune responsabilité officielle à Riposte Laique, sur demande du Parquet de Paris, été deux fois interrogé en un mois, pour des raisons que je ne comprends toujours pas. C’est clair qu’ils veulent nous anéantir, en nous ruinant par la multiplication de procédures.

Que peut-il nous arriver de plus ? Que Cazeneuve veuille rentrer dans le Guiness du ministre de la Ve République qui a déposé le plus de plaintes contre un journal ? Il l’est déjà ?

Nous avons confiance dans la solidarité de nos lecteurs, comme nous l’avons vérifié lors de la première plainte déposée contre Pascal Hilout et moi-même. Alors condamnés à près de 30.000 euros d’amende et de dommages et intérêts, nous avions constaté une solidarité touchante de nombre de nos lecteurs, qui nous avait permis de surmonter cette épreuve.

Nous sommes, comme vous, le pot de terre contre le pot de fer, mais si Taubira est les siens veulent nous briser les reins, nous leur souhaitons bien du courage.

Crédit photos  :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine. 

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2 réponses à “Melun. Affaire Scipilitti : « Notre avocat nous avait caché qu’il était un homme brisé par le système » [interview]”

  1. Les vrais responsables sont les jacobins traîtres de l’état français et son administration collabo…

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