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01/03/2016 ‑ 08H00 Edimbourg (Breizh-info.com) – La question de l’Europe a pesé lourd dans le référendum sur l’indépendance écossaise le 18 septembre 2014. La question de l’indépendance écossaise va-t-elle peser lourd dans le référendum sur l’Europe qui sera soumis aux électeurs britanniques le 23 juin 2016 ? C’est probable.
Le SNP est fermement pro-européen mais l’Europe ne lui réussit pas toujours. Aux élections européennes de 2014, il avait dû se contenter de deux sièges sur les six dévolus à l’Écosse. Et surtout, la Commission européenne avait ouvertement combattu l’indépendance écossaise avant le référendum de septembre 2014. Si l’Écosse devenait un État indépendant, avait-elle fait savoir, il n’était pas question qu’elle « hérite » du statut européen du Royaume-Uni. Elle devrait subir la procédure d’adhésion et accepter les conditions dont les britanniques avaient été affranchis ; en particulier, elle devrait adopter l’euro, dont les Écossais ne voulaient pas.
Un nouveau vote pour l’indépendance ?
L’Europe pourrait-elle se déjuger et dérouler le tapis rouge devant l’Écosse pour faire pression cette fois-ci sur les électeurs britanniques ? C’est à peu près exclu, et la dignité n’y est pour rien. L’attitude européenne envers l’Écosse en 2014, du temps de Jose Manuel Barroso, était motivée par les craintes des grands États européens confrontés à des revendications indépendantistes : un oui écossais à l’indépendance aurait été un très mauvais exemple pour d’autres, notamment pour les Catalans. Ces craintes ne se sont pas apaisées, tout au contraire !
Le SNP, comme tous les grands partis en Écosse sauf l’UKIP, va faire campagne pour le refus du Brexit. Andrew Marr, l’un des journalistes vedettes de la BBC, recevait l’autre jour Nicola Sturgeon, premier ministre écossaise. Que se passerait-il si le vote en faveur du Brexit l’emportait et si l’Écosse se trouvait arrachée à l’Union européenne contre son gré avec l’ensemble du Royaume-Uni ? Cela provoquerait-il un nouveau référendum sur l’indépendance ? « Presque certainement », a répondu la patronne du Scottish Nationalist Party (SNP). Si on les oblige à sortir de l’Union européenne, les Écossais exigeront un référendum, a aussitôt confirmé Angus Robertson, président du groupe SNP au parlement britannique. Alex Salmond, ancien président du SNP, a exprimé un avis analogue.
Euroscepticisme écossais
L’ancien premier ministre travailliste Tony Blair avait pressenti cette position. « Si le Royaume-Uni vote à sortir de l’Europe, l’Écosse vote à sortir du Royaume-Uni », avait-il affirmé en français fin janvier, interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1. Dans la bouche de Tony Blair comme dans celle de Nicola Sturgeon, cette perspective devait inciter les Britanniques à voter contre le Brexit. Mais elle pourrait avoir l’effet inverse ! Gordon Wilson, qui a dirigé le SNP de 1979 à 1990, a envisagé la possibilité d’un vote « stratégique » ‑ autrement dit, voter en faveur du Brexit pour obtenir l’indépendance par contrecoup !
Mais qu’en pensent vraiment les Écossais ? Nicola Sturgeon est convaincue qu’ils sont farouchement pro-européens. Pourtant, d’après la grande enquête annuelle Scottish Social Attitudes conduite au cours des derniers mois, 60 % des électeurs écossais sont en fait eurosceptiques : 43 % voudraient réduire les pouvoirs de l’Union européenne et 17 % la quitter carrément. Jamais depuis 1999 ces proportions n’avaient été aussi élevées. Or les 129 membres du parlement écossais sont renouvelables dans deux mois. Pour rééditer son succès de 2011 (69 sièges), le SNP doit éviter que la campagne du 23 juin pollue celle du 5 mai.
Crédit photo : Crédit photo : [cc] CC BY 2.0 Gouvernement écossais via Wikipedia
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Une réponse à “Brexit : une campagne périlleuse pour les nationalistes écossais”
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