Cinéma. Comancheria, ou la nostalgie de l’Amérique profonde

Comancheria nous fait découvrir l’Amérique profonde qui souffre de la mondialisation, celle du Middle West qui a voté Donald Trump avec l’espoir que les choses vont s’améliorer. Ces employés ou paysans sont les perdants du libéral-mondialisme, abandonnés par l’État et moqués par les élites.

Au Texas, après la mort de leur mère, Toby (Chris Pine) et Tanner (Ben Foster) Howard braquent les petites agences locales de la banque créancière de leur famille. Attiré par la violence, Tanner a passé une dizaine d’années en prison. Mais l’idée des braquages vient de Toby, divorcé et père de deux enfants. N’ayant plus que quelques jours pour éviter la saisie du ranch familial, ils comptent rembourser la banque avec son propre argent ! Comme il s’agit à chaque fois de petits montants, ils espèrent ne pas éveiller l’attention de la police. Mais à quelques jours de sa retraite, le Texas Ranger Marcus Hamilton (Jeff Bridges) se lance à leur poursuite avec son adjoint Alberto Parker (Gil Birmingham), mi-Mexicain mi-Comanche…

Comancheria (Hell or High Water) est un film policier américain réalisé en 2016 par le britannique David Mackenzie. Magnifiquement mis en scène, agrémenté d’une bande originale composée par Nick Cave, ce chef d’œuvre reprend les principaux codes du western : des cow-boys prompts à se faire justice eux-mêmes, des shérifs, une course-poursuite dans le désert qui s’achève par un duel. Mais les voitures ont remplacé les chevaux. Cette nostalgie de l’Amérique profonde est illustrée par le personnage de Marcus, ranger émouvant multipliant les blagues racistes sur les indiens.

Comancheria est un mot espagnol pour décrire la grande zone qui était habitée par les Comanches avant 1860. Elle correspond aujourd’hui à l’État du Nouveau-Mexique et à l’ouest du Texas, région appauvrie où se croisent des Indiens, des Latinos et des Texans. Mais le titre original (Hell or High Water) fait référence à une clause inscrite dans des contrats de prêts obligeant l’emprunteur à procéder au remboursement, quelles que soient les difficultés qu’il pourrait rencontrer : « come Hell or high water » signifie « quand bien même l’enfer ou le déluge s’abattrait sur nous » ! Ce film montre la souffrance depuis le marasme financier et dénonce le rôle des banques. Le cinéaste multiplie les plans sur les panneaux « À vendre » qui bordent les routes du Texas. L’adjoint du shérif pense que les banques sont en train de faire aux Blancs ce que leurs ancêtres ont fait 150 ans plus tôt aux indiens. Les banques et Wall Street sont les ennemis.

Kristol Séhec

Comancheria, DVD ou Bly-Ray, 19,99 euros. Wild Side Video.

Crédit Photos :  DR
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