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La mort de Lyhanna, onze ans, dont le corps a été retrouvé près de Fleurance dans le Gers le 5 juin après sa disparition le 29 mai, a provoqué en Bretagne une vague d’émotion collective sans précédent depuis longtemps. Lundi 8 juin au soir, environ 4 700 personnes se sont réunies dans onze villes des quatre départements bretons pour rendre hommage à la fillette et exprimer leur colère face aux défaillances du système de protection de l’enfance.
Une mobilisation massive et sincère
Les chiffres témoignent de l’ampleur du mouvement : 800 personnes devant la cité judiciaire de Rennes, 600 à Saint-Brieuc, 500 à Lorient, environ autant à Vannes, 350 à 400 à Brest, 300 à Quimper, 500 à Saint-Malo, 200 à Morlaix et à Redon, une centaine à Lannion, à Guingamp et à Fougères. Des parents, des enfants, des élus de tous bords, des anonymes portant des roses blanches et des bougies. La douleur était réelle. La question posée — pourquoi Jérôme Barella, déjà visé par plusieurs signalements et plaintes pour viols sur mineures, n’avait-il pas été neutralisé avant de pouvoir tuer ? — est la bonne question.
Le témoignage de Nadia : quand le système broie les victimes
Parmi les participants au rassemblement de Saint-Brieuc, Nadia est venue témoigner de son propre calvaire judiciaire. Il y a quatre ans, sa fille mineure a dénoncé un viol commis par un proche de la famille. Quatre années de procédure ont suivi — gardes à vue espacées, rendez-vous avec le juge d’instruction, confrontations traumatisantes avec l’agresseur présumé — pour aboutir à un non-lieu prononcé en appel à Rennes. Le suspect n’a pas été inquiété. Sa fille vit depuis quatre ans avec un syndrome post-traumatique.
Son témoignage décrit avec précision ce que le terme de « dysfonctionnement » ne dit pas assez : un système qui épuise les victimes avant même de les entendre, qui les force à revivre leur traumatisme à plusieurs reprises au fil d’une procédure interminable, et qui finit par les abandonner. Elle pointe aussi une inégalité sociale criante : sa famille a pu payer des psychologues et des avocats. Ce n’est pas le cas de toutes. Pour les familles les plus modestes, le parcours judiciaire est non seulement douloureux mais économiquement inaccessible.
Ce témoignage rejoint celui du collectif de victimes du chirurgien Le Scouarnec, qui a dénoncé le même jour un « problème systémique » de la justice — un terme que peu d’institutions veulent entendre mais que les faits imposent.
La récupération idéologique : ce que Reconquête! a observé à Saint-Brieuc
Mais la soirée du 8 juin n’a pas été seulement celle de la douleur des familles. À Saint-Brieuc, la section départementale de Reconquête! a publié le lendemain un communiqué dénonçant une récupération politique du rassemblement par des collectifs d’extrême gauche.
Selon ce témoignage, la mobilisation a été largement organisée par des mouvements militants qui ont orienté les prises de parole vers des thématiques idéologiques — dénonciations du « patriarcat » et de « l’homme blanc » — au point de provoquer des contestations dans une partie du public présent. Le rassemblement s’est conclu par un chant accompagné de poings levés, geste que Reconquête! qualifie de « séquence digne des meilleurs meetings staliniens ».
Le mouvement rappelle par ailleurs que la pétition de 1977 en faveur de la dépénalisation de la pédophilie, publiée dans Le Monde et signée notamment par Sartre, Barthes, Deleuze, Kouchner et Lang, était un fait de gauche — un rappel historique factuel qui éclaire les contradictions de certains milieux qui s’approprient aujourd’hui la défense des enfants victimes.
Le vrai sujet ne doit pas être noyé
La colère des milliers de citoyens dans la rue est juste. Les questions qu’ils posent — pourquoi les signalements n’ont-ils pas été pris en compte ? pourquoi le parquet d’Auch n’a-t-il pas appliqué la circulaire du Garde des Sceaux sur le traitement prioritaire des violences sexuelles sur mineurs ? pourquoi le fichier Cassiopée n’a-t-il déclenché aucune alerte ? — méritent des réponses claires que les enquêtes administratives annoncées en grande pompe ne fourniront probablement pas.
Mais cette colère légitime ne doit pas servir de carburant à des agendas qui n’ont rien à voir avec la protection des enfants. Instrumentaliser Lyhanna pour dénoncer le « patriarcat » ou « l’homme blanc », c’est non seulement détourner sa mort de sa réalité — un récidiviste connu de la justice qui n’a pas été neutralisé —, mais c’est aussi insulter sa famille en transformant son deuil en meeting politique.
Le problème n’est pas civilisationnel. Il est institutionnel, judiciaire, administratif. Il a un nom : la faillite de la Justice, l’impunité des récidivistes, la lenteur des procédures, le manque de moyens de la protection de l’enfance, la désorganisation des signalements entre services. Ce sont ces problèmes-là qu’il faut résoudre. Ce sont ces responsables-là qu’il faut identifier et sanctionner.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Lyhanna : Des milliers de Bretons dans la rue, entre douleur légitime et récupération politique de la gauche”
L’extrême gauche se serait elle autant indignée si le présumé coupable était un étranger sous OQTF, un individu issu de l’immigration ou d’une quelconque minorité ? Poser la question c’est y répondre. Pour une fois que ladite extrême gauche avait l’occasion de trouver un agresseur français de souche blanc, elle n’allait pas la rater. Mais bien entendu pour elle il ne s’agit pas du tout de récupération.