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15/12/2017 – 06h50 Ploërmel (Breizh-info.com) – Paul Molac (LREM, régionaliste), député de Ploërmel, a tout compris. Infliger des discours politiques aux citoyens – électeurs, ça fatigue l’auditoire. Question efficacité, il est préférable de chercher ailleurs.
Et Paul Molac a trouvé la bonne solution. Puis qu’il parle le gallo et qu’il a appartenu à un groupe de chanteurs bretons, il utilise à bon escient ses talents lors des banquets des clubs du troisième âge. A la fin des agapes, au lieu de vanter les mérites d’Emmanuel Macron et d’Édouard Philippe, il chante en gallo. Des airs traditionnels, il n’y a rien de mieux pour ravir l’assistance. Et comme il chante bien, tout le monde est content. Et surtout, il a marqué les esprits.
Pour entrer dans la catégorie des députés champions toutes catégories pour ce qui est du terrain, Paul Molac a encore quelques progrès à réaliser en matière de clientélisme. Son prédécesseur, Loïc Bouvard (centriste), qui vient de décéder, avait su perfectionner le genre ; ce qui lui permit de conserver le siège de 1973 à 2012. Véritable assistante sociale, M. Bouvard bénéficiait d’une énorme popularité ; tout le monde était capable de citer son nom. S’il ne laissa pas son nom dans la politique nationale, il pouvait tout de même se flatter d’avoir rendu service à ses électeurs pendant trente-neuf ans. Ce qui est déjà beaucoup pour un député de base.
On lui doit également d’avoir tout fait pour empêcher François Guéant de lui succéder. Pour ce faire il savonna consciencieusement la planche du fils du ministre de l’Intérieur qu’on lui avait imposé comme suppléant pendant son dernier mandat (2007 – 2012). Ce qui contribua à l’élection de Paul Molac.
Le recette mise au point par Loïc Bouvard : une permanence fonctionnant à plein régime, des assistants parlementaires davantage préoccupés par les dossiers des électeurs que par les projets de loi au Palais-Bourbon, une assistance obligatoire aux obsèques des figures locales, ne rien rater en matière de kermesses, banquets et manifestations diverses. Et avec ça, on se fait réélire…
B. Morvan
Crédit illustration : H. Men/Flickr (cc)
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