Le député du Morbihan Paul Molac annonce la création d’un nouveau parti politique visant à rassembler les partisans d’une plus grande autonomie pour la Bretagne. Une initiative qui suscite des réactions contrastées dans le paysage politique régional.
Dans un entretien publié par le magazine Bretons et repris par Ouest-France, Paul Molac, député LIOT de la quatrième circonscription du Morbihan depuis 2012 et conseiller régional, dévoile son projet : créer « Faisons Bretagne », un mouvement politique destiné à fédérer autour de l’idée d’autonomie régionale.
Un constat : la centralisation mène à l’inefficacité
Pour l’élu, connu notamment pour avoir porté la loi sur les langues régionales, le diagnostic est clair : « La politique menée au niveau de l’État est brouillonne, ce qui insécurise les élus locaux et la population ». Il prend l’exemple de l’apprentissage : « En 2021, l’État a enlevé le sujet aux régions, en disant qu’il allait mettre le paquet. Cinq ans plus tard, il arrête parce que cela coûte trop cher ».
Selon lui, « la centralisation aboutit à l’inefficacité », et la société bretonne comme française est « mûre pour la subsidiarité », c’est-à-dire donner un véritable pouvoir aux élus locaux. Il rappelle que 71% des Français et 78% des Bretons sont favorables à plus de fédéralisme, selon un récent sondage Ifop.
Trois piliers pour l’autonomie régionale
Paul Molac définit précisément ce qu’il entend par autonomie, articulée autour de trois axes principaux :
L’autonomie fiscale : permettre aux collectivités de lever les impôts directement, au lieu d’attendre chaque année que le Parlement vote le budget pour connaître leurs ressources. « Ce sont des gens qui sont élus par le peuple, sur un programme, mais qui doivent, tous les ans, attendre ce qui est voté à l’Assemblée pour pouvoir appliquer leur programme. On marche sur la tête », dénonce-t-il.
L’adaptation réglementaire : donner aux élus la possibilité d’adapter les règlements à leur réalité territoriale. Il cite le numerus clausus de formation des médecins, décidé à Paris : « Depuis que je suis député, j’alerte les différents gouvernements en leur disant que le numerus clausus n’est pas suffisant, qu’on va avoir des problèmes de déserts médicaux. Je le fais depuis 2012, ça fait quatorze ans. Ils ont commencé à bouger en 2022… Croyez-vous que si le numerus clausus était défini par le conseil régional, qui aurait sous sa direction l’agence régionale de santé, on aurait attendu dix ans pour avoir un changement ? »
Les « lois du pays » : permettre aux régions de voter des lois applicables uniquement sur leur territoire. L’élu prend l’exemple du versement mobilité, qu’il souhaiterait faire basculer de la masse salariale vers une taxe de séjour additionnelle pesant sur les touristes. « On n’a pas réussi à le faire voter à l’Assemblée nationale. Vous croyez que ce n’est pas quelque chose qu’on pourrait voter au conseil régional ? »
Autonomie ne signifie pas indépendance
Paul Molac insiste sur une distinction fondamentale : « L’autonomie, ce n’est pas l’indépendance ». Il souligne que « quelle région de France demande l’indépendance aujourd’hui ? Même pas la Corse. Il n’y en a pas ». En Europe, seules deux nationalités réclament l’indépendance : la Catalogne (ce n’est plus le cas aujourd’hui) et l’Écosse. « En Bretagne, par exemple, les indépendantistes sont très, très peu nombreux ».
L’autonomie qu’il défend s’inspire du modèle dominant en Europe : « L’Espagne, l’Italie, la Suisse, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Allemagne » fonctionnent tous soit par un système fédéral, soit par des autonomies régionales.
Les compétences régaliennes (police, relations internationales, armée) resteraient de la compétence de l’État, voire au niveau européen : « Parce qu’aujourd’hui, on voit bien que la France est une puissance moyenne, elle doit donc s’agréger à un dispositif de défense européen ».
Des applications concrètes
Au-delà de la théorie, Paul Molac identifie plusieurs domaines où l’autonomie apporterait des bénéfices concrets :
L’agriculture : il souhaite que les subventions de la PAC soient distribuées directement par les régions plutôt que centralisées à Paris, pour trouver « un modèle qui soit plus vertueux au niveau environnemental et qui soit productif pour éviter les importations ».
La culture et la langue : il rappelle que « 75% du budget du ministère de la Culture est dépensé à Paris et en région parisienne ». Si la Bretagne disposait « des compétences et du budget du Pays de Galles, la situation de la langue bretonne serait bien différente ».
Un positionnement centre-gauche
Paul Molac, qui a successivement été proche de l’UDB, élu sous l’étiquette LREM puis membre du groupe LIOT, se définit désormais au « centre-gauche » : « Il me semble que le positionnement qu’on doit avoir aujourd’hui, c’est un positionnement de centre gauche qui me paraît respectueux de la population bretonne ».
Il se défend de faire de la politique pour se faire plaisir : « Je fais de la politique pour essayer de régler les problèmes et de coller à ce que veulent les Bretons ». Sa réflexion vient de sa « pratique de député », pas d’une idéologie : « On veut l’autonomie, parce que ça va nous permettre de régler un certain nombre de problèmes beaucoup plus rapidement qu’en passant par l’échelon national ».
Un calendrier en plusieurs étapes
Paul Molac dévoile son calendrier : le mouvement sera lancé dans les prochaines semaines. Il prévoit de proposer à d’autres personnalités et groupes de s’y agréger, puis de nouer des alliances électorales.
L’objectif est double : créer un rapport de force à l’Assemblée nationale pour faire avancer les idées autonomistes, et structurer un pôle régional capable d’influencer le débat politique en Bretagne. « Il faut renforcer le groupe Liot et renforcer son aspect autonomiste », explique-t-il.
Paul Molac est convaincu que la Bretagne doit jouer un rôle moteur et que nous sommes la région qui, aujourd’hui, peut être leader de ce mouvement-là en France.
Il conclut par un appel à l’action : « C’est à nous de prendre les choses en main, d’avoir confiance en nous, de savoir où on va et de le faire ».
Reste à savoir si ce nouveau mouvement parviendra à dépasser le plafond de verre électoral qui a toujours limité les formations autonomistes bretonnes, malgré des sondages favorables à l’idée d’une plus grande décentralisation. Ou si il ne s’agira, comme beaucoup d’initiatives bretonnes ces dernières décennies, que d’un énième mouvement centriste, la flamme bretonne en plus.
Photo d’illustration : DR
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14 réponses à “Paul Molac lance « Faisons Bretagne », un mouvement pour l’autonomie régionale”
Faisons Bretagne ? Lui y en a pas parler français ?
Deux observations: 1/ En se positionnant au centre-gauche, il exclue beaucoup de monde. 2/ Pas un mot sur la réunification… et une troisième remarque, d’avoir été élu sous l’étiquette LREM à une époque nécessiterait au moins une démarche de repentance pour être crédible.
Mon Dieu voilà sa dernière trouvaille! Il ne sait plus quoi faire pour exister ce pauvre Molac! Après la Charte, le gilet néo breton…figurer sur de nombreuses photos…
En quoi ce n’est pas français d’utiliser l’impératif présent ?
Les droits d’un peuple sont imprescriptibles ! Avec l’autonomie (ce qui serait déjà un moindre mal) les droits du peuple breton seront reconnus que partiellement et l’État colonial français aura encore certains leviers de commande et pas des moindres. Seule une véritable souveraineté de la Bretagne garantira aux Bretons une totale liberté ! Setu ma savboent ha hini pep broadelour breizhat… hag an oferenn ‘ vez lavaret mignoned.
Moi y en a parler français…parce que c’est la seule langue que l’on m’a appris à l’école au contraire de la langue bretonne qui aurait due m’être apprise en plus (langue de mes ancêtres), mais langue que l’état jacobin a toujours cherché à éradiquer. Moi y en est désolé !
Paul Molac est très sympathique et sa proposition pleine de bon sens mais comme beaucoup de gauche il oubli qu’il existe des bretons de droite qui pensent aussi à l’autonomie et la première chose c’est de réunir tout le monde
Centre Gauche….et pas un mot sur l’immigration, on risque la dilution, avec des gens pour qui la Bretagne ne signifie rien, avant d’obtenir l’autonomie.
Voir un point important, comment obtenir une autonomie énergétique ;
sinon la régionalisation sous parapluie Européen à condition que l’Europe ne s’en tienne qu’au régalien et la monnaie, peut-être une idée pour la relancer.
UDB et Parti breton ont fait faillite aux dernières municipales, donnons une chance à cette initiative portée par un honnête homme et un militant breton hors pair ! Mais pas d’autonomie sans réunification, en attendant l’Europe aux deux cents drapeaux !
L’ajouterai que ce mot de « subsidiarité » est ambiguë ; je pensais que l’Europe s’occuperait de ce que l’État- Nation ne pouvait pas réaliser mais je me suis aperçu qu’on allait hélas vers une Europe fédérale voire l’UERSS. Donc, avant de rendre autonome la Bretagne, reprenons notre souveraineté nationale avec le régalien d’abord à l’Etat. Ce que propose ici M. MOLAC est cependant intéressant mais ce serait encore mieux en proposant de consulter le peuple breton et ce, par référendum (RIC). Mais le projet des Patriotes n’évoque pas hélas assez le rôle futur des collectivités territoriales car leur priorité est au FREXIT et c’est là que le bas blesse (RN idem ; UPR aussi ?) car on ne peut faire cela « en même temps for sure » comme le dirait la Macronie ; en outre, non la France n’est pas une puissance moyenne ; c’est un pays maritime. De ce fait, il ne faut surtout pas accorder notre défense à l’Europe et notamment la dissuasion nucléaire héritée du Gaullisme. Pour reposer notre cerveau des écrans, la chanson proposée aujourd’hui est : The Who – Pinball Wizard (Lyrics) ; https://odysee.com/@HydraulicHydra:7/yiC6X94AVR8:0
C’est « faire Bretagne » qui n’est pas français !! Ce n’est pas l’impératif…
Palsambleu comme les gens de la race je suis obstiné (penn moñs) et j’ai la tête dure ( Penn kalet) et comme disait +Loeiz Ropars « le mercenaire breton recevait double solde car sa tête résistait à la masse d’arme » donc n’en déplaise à un sinistre (della sinistra=la gôchiasterie) je persiste et signe Popol ne fait pas recette alors il s’agite comme son ex patron élyséen qui aurait dû le distinguer lors du premier mandat présidentiel! Ses propos sont fumeux, il met tous les Bretons au Centre Gauche pouvant sa méconnaissance profonde de l’Histoire de la Bretagne, faisant les yeux doux à un pauvre Emsav qui quémande des dons pour survivre! Et le couplet sur la pauvre langue bretonne!!! Et pour finir le roi Henri IV Molac appelle tous les autres à se rallier à son…son quoi? ben sa petite personne merdique et sans intérêt!
Paul MOLAC est une girouette politique à l’image de l’icône Victor Hugo qui, de légitimiste est devenu républicain, après avoir transité par les Orléanistes. Finalement, mieux vaut ne pas être représenté du tout que de le voir siéger parmi d’autres politicards du même acabit. Comme TROADEC et consorts. Y compris à utiliser, à titre de sanction, le vote de droite jacobine. Assez de cette clique dont la pratique politique ne sert qu’à discréditer l’ethnie bretonne.
Sur une autre chaîne on a suggéré que ce Molac prévoyait les prochaines élections des députés, globalement il se met sur orbite …!