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Mais oui il faut le reconnaître : pendant des décennies… Un siècle peut-être… La gauche fut le parti de l’Intelligence.
En gros, la dernière fois que la Droite eut vraiment la classe et de l’allure le stylo en pogne c’était sous l’Action Française. Là ça turbinait du ciboulot. Il y a bien eu De Gaulle depuis le temps mais si le Général était un vrai punk à sa façon, les gaullistes avaient plutôt des tronches de notaire. Rien à voir avec le bon goût du complot élégant !
Notaire… ou beauf. Non parce que franchement ! Franchement ! Le monde de la Droite et encore plus de l’extrême-droite, jusqu’à récemment c’était souvent beaufland. C’était « vendeur de saucisson », tu vois. A part toi tout le monde était communiste, « on paye trop d’impôt », « tout fout le camp« , etc… Si, il y a toujours eu De Benoist et ses potes. Alors là ! De Benoist ! Le prophète ! Mais à part lui, les « nationaux » et les « nationalistes » c’était toujours la même chansonnette. Pour se marrer un peu et s’en tartiner entre les oreilles fallait avoir Libé sous le bras. Pas National Hebdo.
Mais depuis en gros les années 90…. 30 ans quoi… Depuis la fin des années Mitterrand disons, la Gauche est rentrée dans le noir âge de l’absurdie.
Au début des années 80 les socialistes ont abandonné la classe ouvrière pour le « marché ». En échange, ils ont inventé la moraline « humanitaro-touche pas à mon pote » et la politique des « Droits » et des nouvelles classes héroïques : femmes, LGBT+++. Plus « L’Europe » évidemment.
Tout ça a merveilleusement coupé la Gauche du peuple, lui a aliéné toutes les classes laborieuses. Mais depuis les années 2000 c’est le ponpon sur le haricot avec le refus du réel et l’enfermement dans le déni.
Et pour tout c’est comme ça. Même la mode, même la forme de tes pompes. La Gauche n’a même plus d’allure ! Avant c’était pas en lisant le « bulletin des anciens de l’Algérie Française » qui tu allais trouver de quoi te donner de l’inspiration. Mais aujourd’hui, tu ouvres les Inrocks, ça te tombe des mains. Et leurs tronches ! Tiens quand ils te chapelettent le nouvel Evangile… « Ah les pauvres noirs », « ah que faut les accueillir », ‘ »ah qu’il faudrait que t’en prenne au moins 25 chez toi ». C‘est plus Sainte Thérèse qu’aurait viré punk à chiens que les Clash à la bonne époque.
Et puis maintenant, une fois sur deux, ils se font envoyer chier par le monde réel. Tu lâcherais les chiens dessus comme sur les Jéhovas ! Mais ils y reviennent, ils continuent, les yeux plissés, « l’air compatissant », totalement hors du temps, hors de la réalité. Comme un légitimiste qui aurait été prêcher le Roi à la cafette de la fac de Nanterre en 68 tu vois… Plus du tout dans l’air du temps…
C’est donc incroyable cette dégringolade intellectuelle. La Gauche n’aime désormais que le laid, le dérangé, les statues en caca, « l’Autre », et le grecoglobish qui finissent par -genre. Elle a perdu la matrice de ses slogans, ses bons mots qui naissaient de l’absurdité du camp d’en face. Les vieux cathos tout troufignons, jupes plissées ça nous faisait rire, les anciens de l’Indo et leurs 500 médailles, l’adjudant Kronenbourg, etc.
La Gauche libertaire voguait… poussée par les vagues d’intense ringardise de la Droite en ce temps-là. Tout était moche à droite, tout sentait la connerie. À Gauche c’était marrant, drôle, moderne, impertinent, dans l’époque.
Maintenant la même Gauche libérale-libertaire est devenue tarte. On se fout d’elle partout. « Padamalgam », « boboland », « gauche pétard », etc. Comme un vieux beau qu’à la merde au cul. Elle a perdu le monopole de la rigolade cruelle. C’est devenu pire que Raymond Barre.
Le dernier qui nous faisait vraiment rire et qui en avait sous la tignasse à Gauche c’était Cabu. Toute sa vie il aura raillé les curés, Le Pen, les militaires, les fachos, le fric, les beaufs, les cons, les racistes.
Et le pauvre vieux s’est fait descendre par deux beurs de banlieue. Deux bordels de beurs de banlieue. Ceux qu’il aura défendu toute sa vie !
L’Oncle Hô
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