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Le conseil municipal de Nantes du 12 octobre a été houleux. La délibération n°18 pour une rallonge budgétaire de 4 millions d’euros au CCAS de Nantes afin de « mettre à l’abri » dans des gymnases de la ville les 698 migrants du square Daviais n »a pas fait l’unanimité.
Nous avons interrogé l’élu d’opposition (PCD) Blandine Krysmann. La problématique des migrants est d’autant plus forte que 30 à 40 d’entre eux arriveraient chaque jour à Nantes, soit un millier par mois.
Breizh Info : Blandine Krysmann, que pensez-vous de la position de la municipalité nantaise concernant les migrants ?
Blandine Krysmann : Nous ne sommes pas aux manettes, mais le CCAS applique la politique municipale de l’accueil inconditionnel, c’est ça le problème. Ce n’est pas tenable. En plus, il n’y a pas d’éclaircissements sur ceux qui continuent d’arriver.
Breizh Info : N’y a-t-il pas aussi un problème du côté de l’État, censé s’occuper des migrants ?
Blandine Krysmann : l’État n’a pas pris ses responsabilités, mais la volonté de Johanna Rolland de ne pas évacuer sans qu’il y ait de solution a créé un appel d’air.
Breizh Info : S’ajoute à cela le problème des dublinés, qui doivent être renvoyés dans le pays où ils se sont enregistrés ou ont fait leur première demande d’asile, des déboutés du droit d’asile aussi, qui sont toujours présents sur le territoire et dans les structures. Ils étaient 200 dans l’ancienne maison de retraite Bréa, 150 lors de l’évacuation du square Daviais le 23 juillet dernier…
Blandine Krysmann : Mme le maire nous dit que 80% des migrants dans les gymnases peuvent engager une procédure de demande d’’asile. Mais ça en laisse encore 20%, soit 140 qui ne le peuvent pas. C’est leur mentir que de leur faire croire qu’ils peuvent avoir une situation régulière en France. Sans oublier les déboutés.
Breizh Info : Déboutés qui occupent des places dans les structures, mais que l’État est peu pressé de mettre dehors. Comme on a pu encore le constater avec l’évacuation de l’ancienne maison de retraite Bréa début octobre : tous dublinés, mais une soixantaine remis à la rue, 127 logés aux frais du contribuable, 13 emmenés à l’hôtel de police, dont 4 transférés au centre de rétention administrative de Rennes où ils sont libérés pour vice de forme. Soit 200 expulsables mais 0 expulsés. Qu’en dites-vous ?
Blandine Krysmann : Ce n’est pas aux associations de les remettre dehors. Elles sont dans l’accueil inconditionnel, mais ce n’est pas un discours politique responsable. C’est à l’État d’appliquer la loi.
Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe
Crédit photo : DR
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