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Comme tous les matins, nous vous proposons de faire un point sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, via les informations communiquées par l’organisation de la course.
Malgré l’arrivée d’une troisième dépression assez virulente, la majorité de la flotte de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en mer peut enfin « respirer » : elle a laissé dans son tableau arrière le cap Finisterre et ou les Açores. Cela ne signifie pas pour autant que les conditions de navigation sont paisibles car il y a encore plus de trente nœuds au large du golfe de Gascogne avec une mer forte…
Par 24° Nord, François Gabart file à plus de 25 nœuds de moyenne vers la Guadeloupe, suivi comme son ombre par Francis Joyon qui arrive à maintenir un écart de 130 milles. Il y a donc encore incertitude quant à l’atterrissage sur la Tête à l’Anglais d’ici la fin du week-end : les alizés commencent à se réguler à plus de quinze nœuds de secteur Est et c’est donc un long bord bâbord amure qui devrait se prolonger jusqu’à ce vendredi soir au moins. Mais il faudra ensuite se recadrer par une série d’empannages à parfaitement négocier au risque de changer la hiérarchie ! Et préparer le tour de l’île qui n’est pas une sinécure après une semaine de mer plutôt active…
Coup de vent derrière
Changement total de décor à l’arrière de la flotte car dans le golfe de Gascogne, une troisième « couche » vient mettre encore plus de disharmonie dans un tempo déjà disruptif ! Sur une mer extrêmement chaotique, difficile de progresser vers le but : Dominique Dubois sur le dernier monocoque en plein coup de vent de Sud-Ouest, affronte déjà plus de trente-cinq nœuds et cette situation va encore durer toute la journée ! Le solitaire est probablement à la cape (voilure très réduite) en attendant que ça passe… D’autres plus au Sud laissent courir pour échapper au plus fort de ce nouveau coup de chien, à l’image de Luc Coquelin ou de Wilfrid Clerton qui obliquent vers le Sud-Est.
D’autres enfin continuent leur « bonhomme » de chemin en piquant à l’Ouest afin de traverser le premier front et retrouver au plus vite une brise portante de Nord-Ouest. Tels les Class40 de Maxime Sorel, Mikael Hennesy, John Niewenhous ou Rodolphe Sepho. Malheureusement, ils vont devoir prendre leur mal en patience car cette nouvelle perturbation semble devoir durer jusqu’à dimanche ! C’est d’ailleurs l’ouverture pour tous ceux qui se sont abrités dans les ports de Bretagne : il y aura encore une mer pourrie dans le golfe de Gascogne, mais dès cette fin de week-end, la brise va normalement se calmer pour permettre de reprendre la mer.
Le souffle alizéen
Enfin, plusieurs solitaires ont annoncé leur intention de faire une escale technique à l’image de Claire Pruvot (Class40) en route vers Porto suite à des problèmes structurels sur la coque, ou de Jonas Gerckens (Class40) en direction de Lisbonne. Et la trajectoire de Thibaut Vauchel-Camus laisse entendre qu’un arrêt à Sao Miguel (Açores) est probable… Dans cette classe Multi50, les deux « Sudistes » n’ont pas du tout le même paysage : Armel Tripon navigue de conserve avec les premiers monocoques IMOCA entre Madère et Canaries dans un alizé en construction alors que Lalou Roucayrol tricote le long du Maroc en tentant l’extérieur…
Et pour les monocoques, la descente vers le Sud continue pour éviter de rentrer dans les hautes pressions avec en tête, un quartet compact parmi les 60 pieds (Thomson-Meilhat-Riou-Éliès) alors que Yoann Richomme a déjà plus de quarante milles de marge sur ses poursuivants de 40 pieds (Sharp-Chapellier-de Pavant). Et pour la plupart des classes, les leaders sont encore à plus de 2 500 milles de l’arc antillais : il y a de la route avant le ti-punch !
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Crédit photos : © Vincent Olivaud
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