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La mort d’Albert Camus : accident ou assassinat ? Loin de tout complotisme, l’hypothèse de l’assassinat a été minutieusement étudiée par l’universitaire italien Giovanni Catelli : reprise des indices, rencontre de témoins. Enfin éditée en français, l’enquête mérite d’être suivie et jette une lumière nouvelle sur la mort de Camus (La mort de Camus, de Giovanni Catelli).
En janvier 1960, la voiture à bord de laquelle Albert Camus rentre à Paris dérape en ligne droite et s’écrase sur un arbre à une centaine de kilomètres de la capitale. Avec Camus, son éditeur et ami Michel Gallimard, qui conduisait, meurt aussi. Après plus de quarante ans, une note émerge des journaux intimes du traducteur et poète tchèque Jan Zàbrana qui jette un nouvel éclairage sur ce qui était alors considéré comme un accident. Sur la mort de Camus s’étend l’ombre du KGB qui aurait trafiqué la voiture sur ordre du ministre soviétique des Affaires étrangères de l’époque, Sepilov. Camus avait en effet lutté contre l’intervention de l’URSS en Hongrie en 1956 et attaqué personnellement le puissant politicien soviétique dans de nombreux discours.
Ce livre rouvre le mystère de la mort de l’écrivain français, oscillant entre soupçons et témoignages, à la recherche d’une réponse possible. L’enquête haletante conduit aux tréfonds de l’Europe de l’Est en cette sombre période où la littérature et ses protagonistes sont particulièrement surveillés, censurés, réduits au silence. Trop vite balayée par ceux que l’infiltration du KGB en France dérange, la thèse de l’assassinat revient en pleine lumière, renforcée par de nouveaux témoignages et une autre lucidité sur ces années de guerre froide.
La plume alerte et acérée de Giovanni Catelli nous plonge à la fois dans le mystère d’un roman policier, dans les coulisses des services secrets et dans le milieu littéraire des années 50. On y retrouve avec bonheur un Camus ardent, passionné, engagé.
Publié dans plusieurs pays, ce livre italien a connu une attention majeure de la presse internationale (BBC, Corriere della Sera, The Guardian, L’Express, Le Point…). Il est ici publié en France à l’occasion d’un nouveau chapitre centré sur le témoignage de maître Giuliano Spazzali selon lequel maître Jacques Vergès avait la certitude de l’élimination de Camus par le KGB.
« Une fois assimilées les preuves présentées par Catelli, il devient difficile de ne pas arriver à cette même terrible conclusion. Ainsi, « accident de voiture » devrait désormais être classé au rang d' »assassinat politique » – et c’est ainsi que, à quarante-six ans, Albert Camus a été réduit au silence. » Paul Auster
La mort de Camus – Giovanni Catelli – Balland – 18 €
Crédit photo : DR
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