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L’OCDE a rendu un rapport au vitriol sur l’aide au développement consacrée par la Suisse. L’organisation estime que la Suisse n’en fait pas assez, et surtout que son aide « peut créer un risque pour la réputation de la Suisse et compromettre sa neutralité » car elle vise surtout à prévenir l’immigration. Bigre !
Selon les rapporteurs – deux danois, deux portugais et deux observateurs du Fonds de développement du Qatar – de l’OCDE, la Suisse ne consacre pas assez d’argent – ce devrait être 0.5% de son revenu national brut, mais en réalité 0.48% seulement en 2017-2020, et même 0.46% en 2017. Ce qui fait tout de même 3.5 milliards de dollars en 2016 et 3.1 en 2017.
Par ailleurs cette aide est très dispersée, avec 16 priorités différentes et 54 pays receveurs. Pour des sommes relativement limitées puisque le premier bénéficiaire est le Népal avec 44 millions de dollars, suivi de la Birmanie (41), du Bangladesh et de la Colombie (37 chacun), du Burkina Faso (36), du Mali (34), du Niger, de la Syrie, de la Tanzanie (33 chacun) et de l’Afghanistan (31) pour le top 10.
Par ailleurs selon le comité, cette aide est « soumise à des pressions visant à limiter les migrations irrégulières », ce qui remettrait en cause la neutralité suisse et sa réputation. L’organisation appelle à concentrer les programmes sur des investissements à long terme pour « la réduction de la pauvreté et le développement durable », ainsi que « l’égalité des genres et la gouvernance ».
La politique intérieure et le ras-le-bol des Suisses suite à l’invasion migratoire croissante en Europe ces dernières années se répercutent sur l’aide publique au développement, estime l’OCDE, page 25 du rapport : « actuellement, le programme est soumis à une pression grandissante visant à limiter l’immigration irrégulière vers la Suisse, certaines discussions évoquant la possibilité d’accorder un soutien à la condition que les pays partenaires ajustent leurs politiques migratoires ».
Face à cette expression de souveraineté des Suisses, l’OCDE se répand en menaces : « un programme destiné principalement à prévenir l’immigration en Suisse […] pourrait créer un risque pour la réputation de la Suisse : la fameuse neutralité du pays serait compromise, ce qui amoindrirait son influence dans l’élaboration des politiques mondiales ».
On ne saurait être plus clair : les suisses se voient donner l’ordre d’arrêter de tenter de juguler l’immigration, sinon ils perdront le peu d’influence qu’ils ont et se feront imposer lesdites politiques mondiales. Dont on doute bien qu’elles ne sont pas discutées par le conseil fédéral, ni amendées par les referenda suisses, aussi fameux que la neutralité.
LM
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