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Dimanche 6 octobre 2019. Manifestation contre la loi bioéthique autorisant la PMA sans père, organisée par le collectif de la Manif pour tous. Un mot de rassemblement : « Marchons enfants ! ». Marchent donc dans Paris enfants, pères, mères, jeunes couples ou célibataires, grands-parents ou ceux qui aimeraient l’être, bref, un échantillon de tous ces Français qui résistent encore et toujours à l’État envahisseur, celui qui, au nom de la pax mediatica, n’ose plus depuis longtemps dire tout simplement non aux enfants tyrans qu’il a engendrés, ces fameux lobbys qui font la pluie et le beau temps depuis le XXe siècle. Un État qui envahit toujours un peu plus la sphère du privé et vient légiférer dans les recoins les plus sacrés de l’intimité, s’immiscer dans le devenir de vos spermatozoïdes ou de vos ovocytes, et décider s’ils porteront – un jour… – votre nom ou s’ils ne resteront qu’un bagage génétique anonyme.
Irréductibles défenseurs d’un village nommé Famille, que tout le monde croyait connaître mais dont la localisation et les contours se perdent chaque jour un peu plus dans les brumes juridiques, ils sont donc venus battre le goudron parisien. Peut-être d’une semelle un peu lasse d’arpenter toujours le même chemin – celui de la manifestation gentille, celle dont les chiffres sont petitement divisés par deux. Lasse d’indiquer inlassablement aux concitoyens une autre route – pas celle qui va droit dans le mur, de préférence. Lasse de croiser toujours les mêmes boutiquiers agités dans leur bocal, technocrates asservis qui dégainent sans cesse des rengaines aussi effrayantes que prévisibles, et qui se paient le culot d’en revendiquer l’avancée sociale au nom du sacro-saint « progrès » : « il est frais mon poisson, il est frais ». Comme si on ne l’avait pas vu venir…
Et le Code civil ne parla plus de « bon père de famille »…
Las, même quand le père est fatigué, il n’en demeure pas moins solide, et ancré. C’est ce qu’on lui demande au père. De jouer les ancres, histoire que la famille sache où s’arrimer en cas de gros grain. Et puis parfois, de jouer les cancres, quand il faut bien apprendre à sortir des sentiers battus et à jouer un coup d’avance. Un mélange de sécurité et de provoc’, à la fois tendre et piquant, un roc contre lequel on vient parfois s’écraser, mais auquel on est bien content de s’accrocher quand même. De tout cela, le gouvernement français d’octobre 2019 a décidé d’en priver les bébés de 2020, 2021, 2022… Pour satisfaire l’égoïsme d’une minorité d’adultes. Parce que lui-même, l’État papa-providence ne sait plus dire non. Il a abdiqué son rôle de père. Ce n’est plus qu’une machine, programmée pour répondre à ceux qui gueulent le plus fort – une minorité très bien organisée –, et pour produire du progrès, toujours du progrès – comprendre ce qui va dans le sens d’une liberté individuelle toujours plus grande, et ce même si ladite liberté finira forcément par se heurter à une autre liberté individuelle… Le fameux progrès social, en tuant le bien commun et donc le politique, crée l’état de guerre permanent.
Emmanuel Macron et consorts pourront au moins se targuer d’avoir accouché d’une société parricide. Œdipe peut aller se recoucher, son job est fait.
Le banquet sous les étoiles n’est pas pour tout de suite…
Alors forcément, les pères, les vrais, ceux qui se soucient du sort des enfants à naître et de leur solitude dans un monde sans père, peuvent toujours battre le pavé, ils risquent une nouvelle fois de ne pas se faire entendre d’un État qui ne reçoit plus cette fréquence d’ondes. En revanche, les Français, tous les autres, ne sont pas encore aussi restreints dans leur prisme auditif. À force de leur chatouiller les oreilles avec un autre discours, peut-être un jour finira-t-on par changer de disque ? De toute façon, le père se dresse au-delà d’une attente de résultat. Son enfant sera qui il sera. Mais le père est là. Il se tient. C’est tout. Sentinelle magnifique, quoiqu’il arrive. Au nom du père, merci.
Isabelle Lainé
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