Nantes. « Il y a bien plus d’une agression physique par jour » dans les transports en commun

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Alors que deux au moins des délinquants violents qui ont tabassé un conducteur de tram le 5 novembre dernier, provoquant un arrêt complet du réseau le lendemain, courent toujours, la journée blanche de la TAN n’a rien changé à la violence devenue quotidienne sur le réseau. Témoignages.

« Insultes, menaces, crachats, coups, c’est quotidien. »

« Des agressions ? Il y en a tous les jours, tous les jours », confie ce contrôleur. « Insultes, menaces, crachats, coups, c’est quotidien. Parfois, des gens qu’on contrôle. Parfois des gens qui s’en mêlent. Par exemple un conducteur demande à un passager monté à l’arrière du bus de venir le voir pour lui montrer son ticket, le passager obtempère mais quelqu’un s’en mêle et prend à partie le conducteur ».

Défense d’en parler

« Nous, on a de la violence tous les jours. Des agressions physiques ? Il y en a bien plus d’une par jour. Tout ne sort pas, même en interne, et on a une direction politique – Johanna – qui veut que rien ne sorte. Rien ne doit filtrer, jamais. Même les syndicats sont verrouillés, on ne les entend plus guère. Sauf le 6, mais il se trouve que les élections syndicales à la TAN, c’est maintenant. Ceux qui parlent, ceux qui confient leur mal-être et leur malaise, sont traités comme des ennemis. C’est vu par notre direction comme une atteinte directe à la TAN, et qui touche à la TAN, touche à la municipalité socialiste ».

Élections professionnelles  : les agents aux abonnés absents

Suite aux élections de la Semitan, la CFDT a près de 40% des voix, en progrès, Sud 26.2% et la CGT 20.5%. Mais avec une participation atone : 40% dans le premier collège, 30% aux ateliers à 24 h de la clôture des votes. Tout porte à croire que les agents, mal représentés, votent avec leurs pieds.

Pour ce chauffeur de bus, « à la TAN depuis plus de dix ans, depuis quatre ans je sens bien que ça part en sucette. D’ailleurs, sur les trois dernières années, j’ai été agressé dix fois. Depuis, je n’ai plus d’état d’âme : s’il faut foutre des baffes aux agresseurs, j’irai. Y en a assez. On a une direction qui veut que rien ne sorte, et nous on est devant, on prend tous les coups ».

Les caillassages continuent…

Sur le réseau, les caillassages continuent. Mardi, vers 16h10, c’est un bus de la ligne 91 qui est caillassé au terminus à Bellevue. Le 15 novembre, c’est la ligne 2 qui est coupée du terminus à Bourgeonnière suite à une intervention de police au Chêne des Anglais. « Il y a régulièrement des problèmes dans les quartiers ; si pour les agressions, ça peut arriver à peu près n’importe où, et les agresseurs n’ont pas de profil particulier – ça peut être n’importe qui, pour les caillassages c’est surtout dans les quartiers », relève ce chauffeur de bus.

« Les gens sont énervés, ils s’entassent dans des bus trop petits et souvent en retard – on a des horaires infaisables en heure de pointe – et ils finissent par péter un câble », résume un contrôleur pour lequel « la TAN a grossi trop vite, sans mettre les moyens et les effectifs ». Pour un chauffeur de bus, « pendant que Johanna promet le métro aux nantais, ceux-ci roulent dans des boîtes de sardine sur roues tous les matins et tous les soirs, et ils en ont marre. Ça maximise aussi le risque d’agression ».

Louis Moulin

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Photo d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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