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Brahim Aoussaoui, tunisien de 21 ans qui est l’auteur présumé de l’attentat de Nice le 29 octobre dernier – il a égorgé et décapité deux femmes et le gardien de la basilique Notre-Dame, dans l’enceinte de celle-ci, à Nice, est arrivé en France via l’Italie. Après avoir été repêché par un bateau de secours italien et transféré à Lampedusa, il a remonté l’Italie – les Italiens lui ont signifié un arrêté d’expulsion mais ne l’ont pas appliqué – et passé la frontière française début octobre, suivant le chemin de tant de migrants italiens et de « mineurs isolés étrangers » du Maghreb. L’occasion de s’intéresser à la frontière franco-italienne, et comment elle est gardée… ou non.
Moins connue que la gare frontière de Modane – mieux surveillée et plus inaccessible, bien qu’elle soit sur l’axe Lyon – Milan, la gare de Vintimille forme pourtant un point important de passage de migrants d’outre-Méditerranée et des Balkans vers la France. Située sur l’axe Gênes – Nice (Marseille), Ventimiglia est une gare où arrivent les trains grandes lignes et régionaux de Gênes et de Turin, et dont repartent, deux fois par heure, des TER français vers Grasse et Cannes qui assurent la desserte fine des gares de la cote.
A Ventimiglia, les migrants sont visibles, partout. La ville basse – il existe aussi un vieux centre-ville, isolé sur un rocher à l’ouest de la rivière Roya, encombrée de débris divers venus de la vallée, coté français, et dont un bulldozer dégage l’embouchure) est visiblement envahie, principalement de Maghrébins – en bandes – et d’Africains. Certains dorment sur les bancs, d’autres peuplent les terrasses des cafés, les places, les recoins.
Dans les commerces sont placardés un peu partout des avis qui réservent les toilettes aux consommateurs, et interdisent de charger les portables. A côté de l’église proche de la gare, ouverte – et où se reposent deux africains – un tag, sur le mur à côté des sonnettes du couvent, « africani di mierda ». On en trouve d’autres en ville. La police est visible, mais n’intervient pas.
Même chose à la gare, où des migrants sont assis jusque sur les rails des voies annexes. Il y a la douane, des carabinieri, des policiers, des vigiles… ils passent, mais regardent ailleurs. Entre les montagnes plutôt escarpées, une vallée de la Roya impraticable avec les crues et une côte rocheuse sauvage, le flux de migrants passe au plus simple : à la gare.
Et côté italien, personne n’empêche les migrants de monter dans les trains, ce qu’ils font, avec ou sans billet (Vintimille – Nice, c’est 8 euros ; le billet est valable toute la journée et permet aussi de descendre et de remonter sur le parcours, par exemple pour visiter Monaco).
Ce n’est que côté français, à Menton-Garavan, que deux CRS armés, mais esseulés, accompagnés d’un troisième collègue sur le quai, font le ramassage des migrants illégaux, en se concentrant principalement sur les noirs et les arabes. Pour notre train, cinq Noirs et deux Arabes sont ainsi descendus du train. Mais un tiers à peu près des migrants, ainsi que ceux des Balkans, arrivent à passer entre les mailles du filet.
Plus loin, en gare de Menton, c’est toute une brigade de contrôleurs en T-shirts violets du TER ZOU (les TER de la région Sud) qui monte, et ils contrôlent tout le train, mettant des amendes à la pelle. On peut se demander pourquoi n’interviendraient-ils pas en compagnie des CRS, ce qui permettrait de contrôler l’ensemble du train et de faire le travail que visiblement, les Italiens refusent de faire.
On notera que côté italien, s’il y a des contrôles systématiques dans les trains grande ligne, les trains régionaux qui desservent à n’en plus finir les gares entre Gênes et Vintimille (170 km, le semi-direct met presque deux heures) ne sont pas contrôlés, ce dont se servent allègrement les migrants, qui sont des dizaines à débarquer à chaque train.
Louis Moulin
Crédit photos : Breizh-info.com
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2 réponses à “Vintimille : une frontière entre la France et l’Italie ouverte à tous vents”
Et ils respectent évidemment les gestes barrières ?
Article rigoureusement exact.
Aucun contrôle au péage de sortie de Vintimille ; juste un panneau lumineux indiquant à l’entrée de l’autoroute (les lecteurs n’auront pas de difficulté pour traduire) : « Attenzione pedoni « …………