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Le Roman de Tristan et Iseult, Louis XVI, Secret Défense, Chez nous il n y a que des morts, Histoire de la Hongrie : voici avec deux jours de retard, la sélection littéraire hebdo.

Le roman de Tristan et Iseut

Cet ouvrage, à la couverture rigide, contient 56 illustrations en noir et blanc et 49 illustrations couleurs.

Liés par un philtre d’amour, Tristan et Iseut sont emportés par une passion dont le désir ne peut être retenu. Loin de l’amour courtois, se donnant corps et âmes l’un à l’autre, ces amants-là rompent avec tous les codes ; éveillant les soupçons et la jalousie, obligés de ruser pour sauver leurs vies, ils connaissent « l’âpre joie et l’angoisse sans fin » des passions interdites. Fugitifs, c’est le pardon du roi Marc, époux deux fois trompé, qui les ramènera à la raison. Iseut retrouve son mari, Tristan convole en justes noces, mais l’amour est le plus fort qui les conduira à la mort, après que seront « bues toute misère et toute joie ».

Courage, pardon, fidélité, mais aussi suspicion et mensonges, après le temps de l’amour magique vient celui de l’amour humain, avec son cortège de sentiments contraires et communs à toutes les épopées amoureuses. Mais en dépassant l’œdipe, en sortant de la logique tribale, en introduisant le pardon chrétien, ce mythe est, selon Michel Clouscard dans son Traité de l’amour fou, à l’origine de la civilisation occidentale, car il « synthétise admirablement la liberté individuelle et l’inexorable de la loi, liberté et nécessité ».

Issu de la tradition orale de Bretagne, précédant la légende arthurienne qui en est probablement inspirée, ce chant est traduit une première fois en français et couché sur le papier au XIIe siècle, puis d’autres versions voient le jour, toutes ayant été partiellement perdues. Jacques Bédier, au début du XXe siècle, en rassemble les fragments qu’il réécrit en langage moderne, afin de reconstituer l’histoire complète et lui permettre de parvenir jusqu’à nous, ici richement illustrée par des gravures en couleurs de Robert Engels.

A commander chez Kontre Kulture

Louis XVI

La biographie incontournable d’un souverain complexe racontée par Jean-Christian Petitfils, le « roi des biographes » et « le biographe des rois ».

Fruit de près de sept années de recherches, s’appuyant sur une documentation considérable (pièces d’archives, correspondances, mémoires, rapports…), cet ouvrage balaie les clichés traditionnels, s’attachant à restituer le vrai visage de ce personnage complexe et secret. Non, Louis XVI n’était pas le benêt que l’on dit, mais au contraire un homme plein de finesse et d’intelligence, d’une mémoire prodigieuse, d’une culture remarquable, un roi scientifique, passionné par les explorations et les grandes découvertes. Il joua un rôle déterminant dans la reconstitution de la marine royale, qui permet la victoire sur l’Angleterre et l’indépendance américaine. Loin d’être un conservateur crispé, prisonnier de son éducation, il veut réformer en profondeur son royaume par une véritable Révolution royale et populaire, malheureusement contrée par la fronde généralisée des privilégiés.
L’état – relativement florissant – du royaume à la veille de la Révolution, offre un tableau saisissant des quinze années du règne, largement méconnues, et explique, grâce à une interprétation neuve et magistrale, les mécanismes qui ont conduit à la destruction de l’Ancien Régime et à la grande crise finale. L’analyse politique, enfin, permet de comprendre pourquoi Louis XVI, qui était le meilleur roi possible pour la Révolution de 1789, a finalement été rejeté par elle.

A commander chez Tempus

Secret défense, le livre noir

Qu’est-ce que le secret-défense ? Qui décrète ce niveau d’habilitation ? Pour quelle raison ? Pourquoi l’acceptons-nous ? Jusqu’où peut-il entraver la justice ? Est-il tout-puissant ?

Dans cet essai coup de poing, Pascal Jouary retrace une quarantaine d’affaires importantes qui ont été couvertes par la raison d’Etat. Il montre comment cette noble institution a été dévoyée jusqu’à devenir le prétexte suprême qui empêche la résolution d’énigmes policières cousues de fil blanc : ministre assassiné, journaliste noyé, lanceur d’alerte suicidé, informateur défenestré, nombreux sont ceux qui ont payé de leur vie leur engagement en faveur de la vérité. A ces audacieux devenus victimes, s’ajoutent les innocents du crash d’un avion commercial, du naufrage d’un bateau de pêche ou d’un immeuble détruit sans que personne ne puisse l’expliquer… Autant de drames qui ont provoqué de nombreuses victimes innocentes et la colère des proches et qui se heurtent au secret-défense.

Pour comprendre cette déraison d’Etat, Pascal Jouary, archiviste et journaliste indépendant, a enquêté avec une vigueur peu commune pendant plusieurs années ; il a interrogé des familles de victimes, des avocats bouleversés par cette exception juridique, des députés spécialistes mais impuissants qui préfèrent faire confiance à l’Etat, des espions convaincus et des généraux droits dans leurs bottes… L’auteur dresse ainsi la radiographie froide et implacable du secret-défense.

On peut s’étonner qu’un sujet aussi important demeure si peu connu du grand public. D’autant que si de nombreux livres, articles et documentaires ont été consacrés à telle ou telle affaire, aucune vision d’ensemble n’avait été publiée. Pascal Jouary est donc le premier en France à proposer une analyse globale, exigeante et tonique sur le sujet. Un livre édifiant à mettre entre toutes les consciences… ou entre toutes les mains.

A commander chez les éditions Max Milo

« Chez nous il y a que des morts »

En juillet 1944, alors que les Alliés piétinent en Normandie, d’importants largages d’armes, de munitions, des parachutages de militaires de la France libre, chargés d’encadrer les maquis du Centre-Bretagne, sont effectués dans les secteurs de Duault (22) et de Saint-Marcel (56).

La libération de la Bretagne semble proche ; pourtant, l’occupant, avec l’aide de collaborateurs zélés, se livre alors à des actes de barbarie innommables : arrestations, tortures, massacres…

Chez nous, il n’y a que des morts : c’est par ces mots que le commandant Bourgoin, chef du bataillon de parachutistes de la France libre, les fameux SAS, informe ses supérieurs du déroulement de sa mission dans le secteur de Saint-Marcel.

Si les SAS ont fait l’objet de nombreux ouvrages, Kristian Hamon – qui a déjà publié notamment plusieurs livres sur les nationalistes bretons durant la Seconde guerre mondiale – apporte quelques révélations dans un livre remarquablement documenté : il nous apprend qu’un second débarquement en Bretagne a été envisagé par les Alliés, qu’un quart du bataillon SAS était composé de juifs séfarades…

A commander chez Skol Vreizh

Histoire de la Hongrie

De l’arrivée des Magyars sur les bords du Danube au XIIe siècle à aujourd’hui, la constitution de la nation hongroise.

Les Magyars, ces envahisseurs redoutés venus des steppes, se sont installés sur les bords du Danube autour de 1100. Encore fallait-il transformer ce territoire, exposé aux menaces russe, ottomane et à la convoitise germanique ou autrichienne, en un pays : la Hongrie.
C’est cette histoire que retrace l’académicien Miklós Molnar depuis l’élan fédérateur des XIIe-XIVe siècles, suivi par la mainmise des Autrichiens, des Turcs et la résistance des Palatins, la mise en place de la double monarchie, les convulsions de l’après-1914, l’occupation soviétique jusqu’au nouveau départ de 1990. Une histoire d’abord marquée par la force des conflits, par la complexité et la rigidité des systèmes politiques ou sociaux, mais plus encore par une obsession : l’indépendance et la liberté.

Miklós Molnar, professeur à l’Université de Lausanne et à l’Institut des Hautes Etudes internationales de Genève, a écrit une synthèse aussi claire que complète. Il est l’auteur de La démocratie se lève à l’est (PUF, 1999).

A commander chez Tempus (Perrin)

Crédit photo : DR
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