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Les gros consommateurs d’alcool seraient susceptibles de vieillir plus vite que les gens raisonnables. C’est en substance ce que rapporte une étude mettant en exergue l’incidence d’une consommation excessive sur l’âge biologique des individus.
L’excès d’alcool accélère le vieillissement
Des « piliers de bar » officiellement âgés de 40 ans mais en paraissant 20 de plus, toutes les personnes dotées d’un minimum de sens de l’observation en ont déjà croisés au cours de leur vie, particulièrement en Bretagne. Et, dans un élan pragmatique, de conclure qu’effectivement, l’alcool fait des ravages, y compris sur l’apparence !
Une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’université d’Oxford vient conforter ces constats empiriques. Au cours de leurs travaux, dont les résultats ont été publiés dans la revue Molecular Psychiatry, ces chercheurs ont examiné les données génétiques et médicales de 245 000 Britanniques recensés dans la UK Biobank, une base de données biomédicales.
Ils ont observé que ceux qui buvaient plus de 17 unités d’alcool par semaine avaient des télomères plus courts, une unité d’alcool correspondant à 10 millilitres soit 8 grammes d’alcool au Royaume-Uni. Les télomères sont les petits embouts des chromosomes ; à chaque fois qu’une cellule se divise en deux, ces extrémités raccourcissent mais, passé une certaine limite (appelée « limite de Hayflick »), le télomère devenu trop court fait que la pelote d’ADN se défait et la cellule entre en sénescence.
Ces structures se raccourcissent naturellement avec l’âge, ce qui entraîne une détérioration de l’ADN et augmente le risque de développer des problèmes tels que la maladie d’Alzheimer, le diabète et les maladies cardiaques. Des recherches antérieures, publiées en 2021, ont également établi un lien entre des télomères plus longs et une diminution du vieillissement du visage, comme les rides.
Un âge biologique augmenté de six ans
En résumé, boire trop d’alcool fait vraiment vieillir selon ce groupe de chercheurs d’outre-Manche. Ainsi, l’étude souligne que toute consommation dépassant les cinq verres de vin par semaine accélère l’horloge biologique du corps.
Parmi la population passée au crible, les scientifiques ont découvert que cette consommation excessive d’alcool pouvait augmenter jusqu’à six années l’âge biologique d’un individu. Pour rappel, le NHS (National Health Service), à savoir le système de santé britannique, conseille pour sa part aux adultes du Royaume-Uni de ne pas consommer plus de 14 unités d’alcool par semaine. 14 unités équivalant à 6 pintes de bière ou 10 petits verres de vin, précise le NHS.
Quant au profil des participants à l’étude, ils étaient répartis à peu près également entre les sexes et avaient un âge moyen de 57 ans. La plupart étaient des buveurs actuels, seuls 3 % n’ayant jamais bu d’alcool. Les scientifiques ont recherché chez les participants des marqueurs génétiques révélateurs qui avaient déjà été associés à la consommation d’alcool et aux troubles liés à l’alcool. En analysant les données, les chercheurs ont donc constaté une association significative entre une consommation élevée d’alcool et une longueur plus courte des télomères.
Par exemple, les personnes qui buvaient 29 unités d’alcool par semaine, soit environ 10 grands verres de vin, avaient un à deux ans de plus en termes de longueur des télomères que celles qui buvaient moins de six unités par semaine, soit environ deux grands verres de vin.
Les participants chez qui un trouble de la consommation d’alcool avait été diagnostiqué, et qui étaient donc susceptibles d’avoir été de gros buveurs, présentaient des télomères nettement plus courts que les témoins, ce qui équivaut à un vieillissement biologique de trois à six ans.
9 000 décès liés à l’alcool en 2020 ?
D’autre part, les buveurs que l’on pourrait qualifier de « modérés » ont de quoi se rassurer : les chercheurs d’Oxford ont rapporté que les personnes buvant moins de 17 unités alcool par semaine ne risquaient pas de subir un raccourcissement des télomères lié à la consommation d’alcool. Et, ainsi, ne courraient pas le risque de vieillir plus vite. Un détail qui est également susceptible d’inciter les plus gros consommateurs, incapables de stopper totalement leur addiction à l’alcool, de toutefois réduire cette dernière.
Précautionneux, les scientifiques ont précisé dans leurs conclusions que cette étude ne prouve pas l’existence d’un lien de cause à effet. Cependant, ils présentent des arguments solides quant au mécanisme biologique probable. Au Royaume-Uni, les services de santé estiment que près de 9 000 décès enregistrés en 2020 étaient liés à une consommation excessive d’alcool.
Plus inquiétant encore, une étude commandée par le NHS England à l’Université de Sheffield et publiée le 26 juillet suggère que les habitudes de consommation d’alcool prises durant la pandémie de Covid-19 pourraient entraîner plus de 25 000 décès chez les Britanniques.
Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/jarmoluk) (photo d’illustration)
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Une réponse à “Santé. Le vieillissement conditionné par la consommation d’alcool ?”
« L’alcool tue lentement … On s’en fout on est pas pressés » – Coluche