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Les États-Unis ont connu une pression migratoire inédite sur leur frontière avec le Mexique à la fin de l’année 2022. Au point de voir Joe Biden changer de cap politique en reprenant les mesures de Donald Trump ?
États-Unis : record d’immigration à la frontière mexicaine
La fin de l’année 2022 a été marquée par un nombre record de passages de clandestins depuis le Mexique vers les États-Unis. Plus largement, entre septembre 2021 et septembre 2022, les gardes-frontières américains ont ainsi procédé à plus de 2,2 millions d’arrestations de migrants illégaux le long de cette frontière sud du pays. Ce qui représente tout simplement le chiffre le plus élevé jamais enregistré aux USA.
Cependant, parmi les clandestins interpellés puis rapidement expulsés par le Mexique, un certain nombre d’entre eux ont réalisé plusieurs tentatives de passage de la frontière. À savoir également que ces renvois expéditifs vers le Mexique sans possibilité de recours furent mis en place après l’entrée en vigueur en mars 2020 d’une mesure dénommée « Title 42 » pendant la pandémie de Covid-19 par l’ancienne administration Trump.
Par ailleurs, si le nombre de tentatives de passages de clandestins à la frontière mexicaine était tombé à 16 182 (soit le deuxième plus bas total en plus de 20 ans) au mois d’avril 2020, ce nombre a depuis connu une très forte hausse. Point d’orgue de cette situation, les autorités américaines ont signalé 206 239 tentatives de passage au mois de novembre 2022 selon les données mensuelles disponibles de l’U.S. Customs and Border Protection (CBP), le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.
Ainsi, les récents totaux mensuels dépassent de loin le pic atteint lors de la dernière grande vague de migration à la frontière américano-mexicaine en mai 2019 et sont à peu près équivalents au précédent pic atteint en mars 2000.

Des expulsions (temporairement ?) en baisse aux USA
En scrutant la gestion américaine de cet afflux de migrants à la frontière avec le Mexique au cours des derniers mois, on constate donc que les services de la protection des frontières des États-Unis ont ainsi procédé à des expulsions de migrants (en vertu du fameux « Titre 42 ») vers leur pays d’origine ou leur dernier pays de transit sans être placés en détention aux États-Unis.
L’alternative à cette solution est l’arrestation. Dans ce cas, les clandestins sont placés en détention sur le territoire américain dans l’attente d’une décision. Les données mises à disposition par les autorités américaines montrent ainsi qu’au cours des premiers mois de la pandémie de Covid-19, la United States Border Patrol (« Patrouille frontalière des États-Unis ») s’est largement appuyée sur ce Titre 42 pour expulser la plupart des migrants qu’elle rencontrait à la frontière.
Mais la situation a évolué avec l’arrivée au pouvoir de Joe Biden. Ainsi, en novembre 2022, environ deux tiers (68 %) de toutes les tentatives de passage de la frontière déjouées par les autorités s’est soldé par une arrestation en vertu du Titre 8 du Code des États-Unis portant sur l’immigration, tandis qu’environ un tiers de ces interventions policières (32 %) a abouti à une expulsion.

Quant à la provenance de ces migrants tentant de franchir la frontière sud-ouest des États-Unis, le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a également constaté un changement notable concernant les pays d’origine. À la fin d’année 2022, la plupart des clandestins interpellés par les patrouilles frontalières provenaient de Colombie, de Cuba, du Nicaragua, du Pérou et du Venezuela. En avril 2020, la grande majorité des clandestins stoppés était originaire du Mexique, du Salvador, du Guatemala et du Honduras.
Joe Biden et le retour aux expulsions immédiates
Toutefois, la situation a connu un nouveau rebondissement récemment. En effet, le laxisme migratoire de l’administration Biden a suscité de nombreuses critiques. Au mois de novembre dernier, le gouverneur du Texas envoyait par exemple un bus de clandestins devant la résidence de la vice-présidente des États-Unis Kamala Harris pour dénoncer le phénomène.
Lors d’un déplacement au Mexique au début de ce mois de janvier 2023, le président des États-Unis Joe Biden, après avoir décrit la situation comme étant « la plus grave crise migratoire de l’histoire » américaine, a fait savoir que les USA auront désormais plus souvent recours à des expulsions immédiates. Lesquelles seront assorties pour les clandestins tentés de réitérer leur acte d’une interdiction de nouvelle entrée sur le territoire pendant cinq ans.
Ce regain de fermeté face à l’immigration illégale a même suscité l’indignation de l’ONU, dont le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a déclaré que ces mesures américaines allaient notamment à l’encontre des « droits humains fondamentaux ». De son côté, l’ACLU (Union américaine pour les libertés civiles), une importante association américaine se présentant comme chargée de « défendre et préserver les droits et libertés individuelles », a dénoncé, selon le magazine L’Express, un programme qui « met l’administration Biden dans la droite ligne des politiques hostiles aux migrants de Trump ». À croire que ce dernier n’était pas totalement dans le faux…
Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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