Ile de Groix : le journaliste Erik Tegnér une nouvelle fois pris à partie pendant ses vacances, plainte déposée, enquête ouverte

Publicité

Erik Tegnér, directeur du média identitaire Frontières et chroniqueur sur CNews, faisait le tour de la Bretagne en bateau avec trois amis. Dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 août, il se trouvait dans un bar de l’île de Groix, Les Garçons du Port. À la fermeture, un attroupement l’attendait dehors. Une bousculade, des menaces, des coups. Il a déposé plainte à la gendarmerie le lendemain à 14 h 30. Une enquête est ouverte. Le parquet de Lorient n’avait pas communiqué jeudi soir.

Le récit de Frontières

Jules Laurans, rédacteur en chef de Frontières, a publié un récit détaillé disant s’appuyer sur la plainte et sur les vidéos du téléphone de Tegnér.

Pendant la soirée, celui-ci est reconnu. Une jeune femme le qualifie de « facho ». Un serveur d’un restaurant où il avait déjeuné le midi l’aborde et lui dit qu’il l’a servi parce qu’il faisait son travail. Les échanges restent verbaux.

À la sortie, la foule s’est déjà constituée. Les insultes fusent, le nom de Tegnér est scandé, ainsi que « Groix antifa ». Un individu tente de lui arracher son téléphone. Suivent des poussées, des jets de bière au visage, une mise contre un mur. Ses amis font bloc. Deux Groisillons s’interposent, dont l’un le pousse en lui criant de partir avant qu’il ne se fasse lyncher. Certains évoquent de le jeter à l’eau. Acculé au bord du quai, il embarque et s’exfiltre. La séquence dure une trentaine de minutes. Il appelle les forces de l’ordre à plusieurs reprises.

Interrogé par CNews, Tegnér indique n’avoir pas reçu de coup direct au visage. Il déclare craindre qu’un drame finisse par survenir et affirme que personne ne le fera taire.

Une vidéo tournée du côté du groupe circule ensuite sur Instagram. Sous cette publication, des commentaires appellent à « lui faire une Quentin ».

Cent cinquante, ou une trentaine ?

Tegnér avance le chiffre de 150 personnes, attribué à une source de gendarmerie ayant visionné les caméras de vidéosurveillance. Le Télégramme – qui a néanmoins toujours atténué les agressions visant Erik Tegner écrit de son côté que la vidéo mise en ligne montre plutôt une trentaine d’individus, et qualifie les circonstances de floues, évoquant des discussions politiques qui se seraient tendues. Un élu groisillon déclare au quotidien que la situation est plus complexe que ne le disent les réseaux sociaux.

Les deux chiffres reposent sur des supports différents : une captation partielle d’un côté, un dispositif de vidéosurveillance couvrant l’ensemble du quai de l’autre. L’enquête tranchera. Ce qui n’est contesté par personne, y compris par la presse locale, c’est qu’un homme seul a été entouré, insulté et malmené pendant une durée prolongée, sur la voie publique, par une meute de chiens enragés et de hyènes, lâches, jusqu’à devoir quitter l’île par la mer.

2808 logements, 1260 résidences principales

Un élément manque à tous les récits publiés jusqu’ici.

Groix compte 2 310 habitants permanents, selon le recensement 2023 publié par l’INSEE le 6 août. L’île totalise 2 808 logements, dont 1 260 seulement sont occupés à titre de résidence principale. Les résidences secondaires et logements occasionnels en représentent 1 506, soit 53,7 % du parc — contre 49 % en 2012 et 52,4 % en 2017. Les logements vacants sont tombés à 41, soit 1,5 % du total, contre 7,4 % il y a dix ans. Il ne reste rien de disponible sur ces 14,8 kilomètres carrés.

La population résidente est composée à 50,2 % de retraités. Les cadres et professions intellectuelles supérieures y représentent 4,1 % des plus de 15 ans. En août, la population présente sur l’île est plusieurs fois supérieure à la population municipale, et le port se remplit d’une clientèle de vacanciers largement extérieure à la région.

Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer la composition de l’attroupement du 5 août.  Mais la question appartient à l’enquête, et les chiffres du recensement lui donnent son intérêt : une commune de 2 310 habitants dont la moitié est à la retraite ne produit pas spontanément un attroupement militant de cette ampleur un mercredi soir. 150 antifas à Groix (ou même 30 ou 50 d’ailleurs) cela n’existe pas, et cela suggère donc une population extérieure à l’île, et sans doute en partie extérieure à la Bretagne. Quand les auteurs seront identifiés, leurs domiciles le seront aussi.

Le traitement médiatique

Imaginons la scène inverse. Un journaliste de gauche en vacances, reconnu dans un bar, attendu à la sortie par plusieurs dizaines de personnes, insulté pendant trente minutes, aspergé de bière, plaqué contre un mur, poussé vers l’eau, contraint de fuir en bateau. Puis des commentaires en ligne renvoyant au militant mort sous les coups six mois plus tôt.

La réaction serait immédiate et massive : communiqués syndicaux, tribunes collectives, sujets d’ouverture, prises de position ministérielles, déclarations de sociétés de journalistes, rappels sur les atteintes à la liberté de la presse.

Ici, la couverture nationale s’est limitée aux médias du même camp que la victime. Le quotidien régional a publié un article prudent, sous mur payant, dont le titre place le mot agression dans la bouche de l’intéressé et souligne d’entrée que les circonstances restent floues. Aucune organisation professionnelle de journalistes ne s’est exprimée dans les heures qui ont suivi. Aucune réaction institutionnelle de gauche n’a été relevée.

Ce qui est en cause ici est de savoir si un homme, un journaliste, peut être encerclé dans la rue et contraint de fuir par la mer sans que la profession dont il relève y trouve à redire.

Plouha, août 2025

Ce n’est pas le premier épisode. À l’été 2025, Tegnér avait été pris à partie lors d’un festival à Plouha, dans les Côtes-d’Armor, en compagnie de sa compagne : bousculades, jets de bière, insultes. Un homme a été condamné pour violences en réunion et au versement de dommages-intérêts ; un second a été relaxé. Les sources disponibles divergent sur la nature exacte de la peine prononcée.

Frontières mentionne également une manifestation devant la brasserie Kerfave, dont Tegnér est à l’origine, lors de son lancement en mai, ainsi qu’un projet d’attentat visant un responsable de la rédaction. Ces éléments proviennent d’une source unique et ne sont pas recoupés à ce stade.

Quant à Quentin Deranque, les faits sont établis. Ce militant nationaliste de 23 ans est mort le 14 février 2026 à Lyon, des suites d’un traumatisme crânien infligé deux jours plus tôt, en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan. L’autopsie a conclu à des lésions crâniennes majeures. Une information judiciaire pour homicide volontaire a été ouverte, plusieurs personnes ont été mises en examen, dont un assistant parlementaire d’un député LFI pour complicité par instigation. C’est à cette affaire que renvoyaient les commentaires publiés sous la vidéo de Groix.

Jordan Bardella a apporté son soutien à Tegnér, dénonçant une agression en meute et appelant à une prise de conscience sur la violence politique de l’extrême gauche. Éric Ciotti, Laurent Jacobelli et Alice Cordier, fondatrice du collectif Némésis, se sont également exprimés. La fédération Reconquête du Morbihan, par la plume de son délégué Eric Bourgoin, a communiqué : « Cette violence tant verbale que physique est inacceptable dans un pays démocratique où l’on peut débattre entre gens éduqués. Reconquête! 56 appelle nos concitoyens à prendre conscience que la montée de cette violence qui s’accroit au fil du temps. La justice devra condamner sévèrement ces extrémistes, leurs agissements qui n’ont pas leur place dans notre pays. Reconquête Morbihan renouvelle sa solidarité à Erik Tegnér en la circonstance »

Sur les réseaux, plusieurs comptes de gauche ont ironisé sur le chiffre de 150 et présenté la scène comme l’initiative de citoyens ne voulant pas de fachos chez eux.

Tegnér a été auditionné par la gendarmerie jeudi. Il a conclu son message public par une phrase adressée à la région qu’il a dans la peau, mais aussi dans le sang et l’ADN, quoi qu’en disent parfois ses détracteurs : la Bretagne mérite mieux.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Cyclisme, Sport

Kim Le Court-Pienaar rafle Tournon, Kerbaol veille : ce Tour de France féminin est une fête

Découvrir l'article

Sociétal

Les iconoclastes du vent

Découvrir l'article

Environnement

Éolien Bretagne Sud : six associations appellent à répondre massivement à l’enquête publique

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire, International

Sherwood-Brocéliande : les Bretons au 40e Robin Hood Festival

Découvrir l'article

Animaux

Branféré : les Rencontres des intelligences animales fêtent leur 11e édition

Découvrir l'article

Culture, Culture & Patrimoine

Keltia n° 76 : la Morrigan, un dragon féminin à Sérent et le mythe arthurien revisité par les préraphaélites

Découvrir l'article

Politique

Maël de Calan va négliger le Finistère

Découvrir l'article

NANTES, Politique

Nantes : Margot Medkour se verrait bien devenir députée

Découvrir l'article

International

Ceuta : l’Europe se réveille, la France se couche — Macron refuse de signer

Découvrir l'article

Cyclisme, Sport

Tour de France Femmes 2026 : Wiebes s’impose, Océane Mahé offre le maillot à pois à « Ma Petite Entreprise » dès la première étape

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.