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Face à une pression migratoire toujours aussi intense, la République de Chypre a lancé une campagne d’information sur les réseaux sociaux pour tenter de décourager les clandestins, provenant principalement d’Afrique subsaharienne. Des autorités chypriotes qui doivent aussi composer avec celles de la République turque de Chypre du Nord, principal point de passage de ces migrants.
République de Chypre : l’immigration, problème insoluble ?
Qu’en est-il de l’immigration illégale en République de Chypre ? Au mois de décembre 2022, ce pays peuplé d’un peu moins d’un million d’habitants faisait alors parler de lui en expulsant près de la moitié des migrants entrés illégalement sur son territoire depuis le début de cette même année. Au point de détenir le plus haut taux d’expulsion de l’UE en 2022 avec un renvoi de 70 % des migrants arrivés illégalement dans le pays.
Il faut dire que la République de Chypre apparaissait, depuis plusieurs années, comme le pays membre de l’UE comptant le plus grand nombre de demandeurs d’asile par habitant.
Depuis, les autorités chypriotes n’ont pas désarmé face à cette pression migratoire. Elles ont même annoncé, le 6 juin dernier, le lancement d’une campagne d’information sur les réseaux sociaux visant à freiner les arrivées de clandestins sur leur territoire. Des autorités qui ont profité pour rappeler que la République de Chypre était le pays confronté aux plus grands mouvements migratoires de l’Union européenne.
Pour en revenir à l’année 2022, les autorités chypriotes ont indiqué que 6 % des 915 000 habitants résidents dans la partie sud de l’île étaient des demandeurs d’asile. Cela en fait le deuxième plus haut taux de demandeurs d’asile de l’Union européenne (UE) par rapport à sa population, après celui de l’Autriche. Au cours de la même année, le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) a révélé qu’avec 21 565 dossiers déposés, le nombre de demandes d’asile avait fortement augmenté en comparaison des quelque 13 235 demandes déposées en 2021.
« Parlons franchement de Chypre » aux Subsahariens
Particularité de la République de Chypre, elle ne fait pas partie de l’espace Schengen sans visa. En conséquence de quoi, un migrant en situation irrégulière peut se retrouver bloqué sur l’île.
Aussi, selon Constantinos Ioannou, ministre chypriote de l’Intérieur cité par l’agence de presse Reuters, « les trafiquants présentent à tort Chypre comme une étape intermédiaire pour la poursuite du voyage vers l’Europe, sans tenir compte du fait qu’il s’agit d’une île ».
Faire prendre conscience aux clandestins de l’écueil qui se dresse devant eux, voilà donc l’objectif de cette campagne lancée sur les réseaux sociaux et intitulée « Parlons franchement de Chypre ». Ou plutôt « Let’s Talk Truth About Cyprus ». Sa cible principale ? Les pays d’Afrique subsaharienne. Elle fait ainsi savoir aux ressortissants de ces derniers que 96 % des demandes d’asile déposées auprès de la République de Chypre sont rejetées. En prime, une interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE pendant une durée de cinq ans peut être infligée aux demandeurs déboutés.
Des autorités chypriotes peu aidées par les Turcs
Une fois de plus, l’évocation de la situation migratoire dans la République de Chypre est l’occasion de rappeler que les autorités de celle-ci doivent composer avec celles de la République turque de Chypre du Nord. Et ce, depuis l’invasion turque suite à un coup d’État en 1974.
C’est aussi par la Turquie qu’arrive une grande majorité des migrants sur l’île de Chypre. Une fois munis d’un visa étudiant, les clandestins, principalement d’Afrique subsaharienne donc, prennent l’avion pour Ercan, une ville située dans la partie nord de l’île, sous occupation turque.
Par la suite, ils n’ont plus qu’à traverser la zone tampon entre les deux États, très perméable. Aussi, 95 % des demandeurs d’asile recensés en 2022 sur le territoire de la République de Chypre seraient arrivés depuis la partie nord de l’île selon le précédent ministre chypriote de l’Intérieur Nicos Nouris.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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