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Aux États-Unis, un propriétaire a été privé pendant une semaine des services connectés de sa maison par Amazon après de fausses accusations de racisme de la part d’un livreur. Une situation qui soulève des inquiétudes sur la protection de la vie privée et la sécurité des appareils domestiques connectés.
Privé de sa maison connectée pour de fausses accusations de racisme
Aussi merveilleuses que puissent être les avancées permises à nos sociétés par le progrès technique, les mésaventures récemment rencontrées par un propriétaire américain sont une belle allégorie du potentiel dystopique de ce progrès technique lorsqu’il est utilisé à mauvais escient.
Le géant Amazon a ainsi décidé de priver l’homme des services connectés de sa maison durant une semaine après qu’un livreur ait faussement accusé le client d’avoir proféré une insulte raciste via l’interphone de la porte d’entrée. Si l’affaire a été peu évoquée par les titres de presse français, elle a en revanche fait grand bruit aux États-Unis.
Amazon a reconnu son erreur le 15 juin mais les faits datent du 25 mai, jour où le propriétaire Brandon Jackson, qui est par ailleurs origine afro-américaine, s’est retrouvé privé de sa maison connectée. Soit moins de 24 heures après le prétendu incident « raciste » avec le livreur.
« On m’a dit que le chauffeur qui avait livré mon colis avait déclaré avoir reçu des remarques racistes par l’intermédiaire de l’interphone », a déclaré Brandon Jackson, qui est ingénieur chez Microsoft. Or, comme il l’a rapidement démontré, ni lui, ni aucun membre sa famille n’était à la maison lorsque le colis a été déposé.
Amazon et les accusations de son service clientèle
Après s’être rendu compte qu’il ne pouvait plus interagir avec les appareils de sa maison « intelligente », n’ayant plus la possibilité accéder à ses appareils Amazon Echo, il a contacté l’entreprise. Cette dernière l’a alors informé que son compte avait été verrouillé.
De son côté, l’homme a pensé dans un premier temps qu’il avait été victime d’une tentative de piratage, ce verrouillage de sécurité résultant de connexions à son compte à plusieurs reprises.
Une fois en contact téléphonique avec le service clientèle d’Amazon, Brandon Jackson va tomber de haut lorsque son interlocuteur lui demande s’il sait pourquoi son compte a été verrouillé.
« Lorsque j’ai répondu que je n’étais pas sûr de savoir pourquoi, leur ton est devenu quelque peu accusateur. On m’a dit que le chauffeur qui avait livré mon colis avait déclaré avoir reçu des remarques racistes de la part de ma ‘sonnette d’entrée’ ».
Mais, puisque la technologie a aussi ses bons côtés, le propriétaire a alors pu passer au crible les images des différentes caméras disposées autour de son domicile pour enregistrer les moindres faits et gestes de potentiels intrus. Or, en examinant les bandes vidéo, le propriétaire affirme n’avoir trouvé aucune preuve que de telles remarques « racistes » furent prononcées. Et il a avancé une autre hypothèse, à savoir que le livreur, qui portait manifestement des écouteurs, a dû mal entendre ce que disait la sonnette, car le seul son qu’elle émettait était la réponse automatique : « Excusez-moi, puis-je vous aider ? ».
Des preuves qui n’auront toutefois pas permis d’accélérer le rétablissement de ses services connectés, Amazon n’y consentant que sept jours après l’incident. Suite à cette erreur, le géant américain a peut-être perdu un client puisque Brandon Jackson fait savoir qu’il « envisageait sérieusement d’abandonner » ses appareils Amazon Echo.
Le cas Amazon suscite des inquiétudes légitimes
Par la suite, Simone Griffin, porte-parole d’Amazon, a déclaré au magazine américain Newsweek que le groupe « s’efforçait d’offrir à ses clients une expérience agréable tout en veillant à ce que les chauffeurs qui livrent les colis d’Amazon se sentent en sécurité. »
Simone Griffin a également reconnu l’erreur d’Amazon : « Dans le cas présent, notre enquête nous a appris que le client n’avait pas agi de manière inappropriée, et nous travaillons directement avec lui pour résoudre ses problèmes tout en cherchant des moyens d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise ».
Bien qu’il n’y ait apparemment, pour l’instant, pas d’autres cas de personnes ayant été privées de leurs appareils domestiques intelligents en raison de commentaires racistes prétendument émis par leur sonnette, un grand nombre d’Américains semblent préoccupés par les questions de protection de la vie privée et de sécurité des appareils domestiques connectés à des comptes en ligne.
En mai 2023, un livre blanc rédigé par Parks Associates, un cabinet d’études de marché, en collaboration avec Iris, une société spécialisée dans la cyberprotection, a révélé que, parmi les 10 000 ménages américains disposant d’une maison connectée, près de la moitié ont déclaré avoir rencontré au moins un problème de confidentialité ou de sécurité au cours de l’année écoulée.
Par ailleurs, si environ 72 % des personnes interrogées s’inquiètent de la sécurité des données personnelles collectées par les appareils intelligents, Amazon reconnaît ce problème, mais affirme concevoir tous ses produits « en tenant compte de la protection de la vie privée et de la sécurité ».
Aux États-Unis en 2022, 13 % des foyers américains disposaient d’un gros appareil électroménager « intelligent », tel qu’un réfrigérateur, tandis que le même nombre disposait d’un petit appareil électroménager connecté. Comme, par exemple, une machine à café.
Enfin, le chroniqueur de la chaine CNews Mathieu Bock-Côté a résumé avec brio l’affaire d’Amazon et les inquiétudes qui en découlent :
«Un homme piégé par sa maison connectée» : l’édito de Mathieu Bock-Côté dans #FaceaBockCôté pic.twitter.com/gCVBMw97Lo
— CNEWS (@CNEWS) June 17, 2023
Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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