La Fondation de la Mer s’associe à l’association Gestes Propres pour élargir le programme « Je navigue, je trie », lancé en 2011, qui devient « Je navigue, je trie, je protège la biodiversité ». Objectif affiché : sensibiliser les plaisanciers aux effets de leurs pratiques sur le milieu marin.
Soixante-cinq mille exemplaires d’une fiche pédagogique sont distribués dans 74 ports partenaires — tous situés sur la façade méditerranéenne.
Le poids de la plaisance sur une mer fermée
Les chiffres avancés expliquent le choix géographique. La Méditerranée représente 0,8 % de la surface des mers du globe mais abrite 9 % de la biodiversité marine mondiale. Mer semi-fermée, elle accueille chaque été près de 200 000 bateaux de plaisance.
Au niveau mondial, la Fondation rappelle qu’entre 15 et 18 tonnes de plastique sont déversées dans l’océan chaque minute — l’équivalent d’un camion-poubelle. Ces déchets se fragmentent sous l’effet des courants et de la chaleur en particules de plus en plus fines.
« Lutter contre la pollution plastique passe avant tout par une prise de conscience collective et par l’adoption de gestes simples au quotidien », déclare Alexandre Iaschine, directeur général de la Fondation de la Mer. « Les plaisanciers sont des acteurs privilégiés de la préservation du milieu marin. »
Le programme rassemble aujourd’hui 158 ports de plaisance, en métropole, dans les outre-mer, à Monaco et en Italie.
Ce que contient la fiche
Le recto détaille les gestes à bord, poste par poste.
Hydrocarbures. Ils couvrent les animaux marins d’une couche grasse qui provoque leur asphyxie. Recommandations : pompe manuelle à l’avitaillement pour éviter les fuites, huiles et lubrifiants écologiques, feuilles hydrophobes à bord pour absorber les résidus de fond de cale, et aucun rejet en mer.
Eaux usées. Elles inhibent la croissance des végétaux et modifient le comportement des coquillages. Détergents à tensioactifs végétaux uniquement, et recours prioritaire aux équipements portuaires.
Navigation. La vitesse excessive génère du bruit, perturbe la faune et augmente le risque de collision. Jusqu’à 30 000 baleines par an sont tuées ou blessées par des collisions avec des navires, selon la World Cetacean Alliance. Consigne : respecter les limitations, couper les moteurs au mouillage.
Ancrage. C’est le point le plus spécifiquement méditerranéen. L’ancrage figure parmi les principales causes de dégradation des herbiers. Un yacht de 50 mètres peut détruire jusqu’à 1 500 m² d’habitat de posidonie, plante marine qui a régressé de 75 % en 85 ans. La fiche renvoie aux applications Donia et Nav&Co pour identifier les fonds, et recommande de remonter l’ancre à l’aplomb du bateau plutôt qu’en raclant.
Déchets. De 70 à 85 % des déchets en mer sont en plastique. Un million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année par étranglement ou ingestion. La fiche insiste sur les déchets auxquels on ne pense pas : restes alimentaires, mégots et chewing-gums, qui contiennent du plastique.
Pêche de loisir. Déclaration des prises sur l’application CatchMachine, respect des tailles minimales, des quotas, des espèces interdites et des périodes d’ouverture.
Les numéros à connaître en cas d’animal en détresse
Le verso de la fiche est un aide-mémoire opérationnel, valable partout.
Devant un animal échoué ou en difficulté : ne pas le toucher ni le retourner, ne pas tenter de le remettre à l’eau, ne pas retirer ce qui l’entrave — filet ou plastique — au risque d’aggraver son état. Le recouvrir d’une serviette humide, tête dégagée.
Le réseau national d’échouage se joint au 05 46 44 99 10, pour les cétacés, les tortues, les raies et les requins.
Pour les oiseaux, la Ligue pour la protection des oiseaux : 05 46 82 12 34.
Pour les hydrocarbures et macrodéchets flottants, informer le CROSS au 196 ou sur le canal VHF 16.
Les autres numéros indiqués — Réseau tortues marines de Méditerranée française, centre de soins CESTMed, association Ailerons — sont spécifiques à la façade méditerranéenne.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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