Les liaisons d’un soir avec les travailleuses du sexe asiatiques ne sont plus sans lendemain. Des associations traquent désormais les touristes sexuels à leur retour en Occident pour exiger une reconnaissance de paternité et des pensions alimentaires lorsque ces unions non protégées ont mené à des naissances. Le célèbre tabloïd The Sun a consacré une enquête choc à ce phénomène grandissant, intitulée « Looking for Dad: The Children of Britain’s Sex Tourists ».
25 pounds la passe, un bébé à vie
Des bébés aux traits caucasiens aux fillettes au visage afro-américain nés d’une simple passe, en passant par des jumelles abandonnées à trois ans à la recherche d’un lien avec leur père, les cas documentés par le tabloïd britannique varient, mais pointent tous vers le même responsable : le touriste sexuel. Historiquement convaincus de leur totale impunité, des millions de voyageurs venus d’Occident alimentent ce marché chaque année en Asie, entraînant de multiples naissances non désirées.
Mais le vent tourne pour ces consommateurs. L’essor combiné des expertises scientifiques et des recours juridiques permet désormais de rattraper ces géniteurs défaillants. Bien que le processus légal s’avère complexe, cette stratégie a déjà fait ses preuves dans plusieurs pays, notamment au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.
Comment fonctionne la traque
Des associations caritatives, à l’instar d’ Angeles Relief Inc basée en Australie, collectent la salive des enfants des travailleuses du sexe. Les échantillons sont envoyés à des bases de données généalogiques mondiales, semblables à celles utilisées pour retrouver des parents éloignés ou tracer sa généalogie. Une fois qu’une correspondance familiale est établie, les enquêteurs utilisent les registres publics et les réseaux sociaux pour identifier précisément le géniteur.
L’enquête Looking for dad montre que des failles juridiques et les avancées technologiques permettent désormais de poursuivre ces citoyens britanniques directement devant les tribunaux du Royaume-Uni pour exiger le paiement de pensions alimentaires.
Le but des associations
Le but affiché par ces associations est triple. Il s’agit d’aider les enfants ainsi conçus à accéder à des conditions de vie décentes (la plupart des mères se prostituant évoluant dans la misère la plus crasse), de retrouver les pères à l’étranger pour subvenir à ces besoins et enfin, de briser le cycle de l’exploitation des femmes en situation de précarité.
Si le recours à la prostitution est un vaste débat qui ne trouvera probablement jamais d’issu, la question des pratiques à risque fait consensus. Il est parfaitement juste que les hommes qui ont voulu profiter de la misère pour assouvir leurs désirs sexuels à moindre faits, exigeant qui plus est des relations tarifées sans protection, assument le coût de leurs dérives.
Une histoire qui vient nous rappeler une réalité fondamentale : malgré la multiplication des moyens de contraception, malgré l’idéologie capitalo-soixante-huitarde du « jouir sans entrave » et l’industrialisation du tourisme sexuel, sexualité et reproduction demeurent bel et bien indissociables.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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