En Écosse, les derniers chiffres publiés par les autorités dressent un tableau préoccupant de la situation sécuritaire. Entre hausse des violences sexuelles, crimes massivement sous-déclarés et perte de confiance envers les forces de l’ordre, le système judiciaire écossais est désormais vivement critiqué par l’opposition.
Près de 100 enfants victimes de viol en un an
Selon des données communiquées par la Scottish Police Authority, 98 viols de jeunes filles de moins de 13 ans ont été recensés sur une année, soit une hausse de 36 %. Un chiffre particulièrement marquant, qui s’inscrit dans une tendance plus large d’augmentation des infractions sexuelles.
Au total, les crimes à caractère sexuel ont progressé d’environ 15 %, atteignant plus de 12 000 faits enregistrés entre avril et décembre, un niveau record.
Une criminalité largement invisible
Au-delà de ces chiffres déjà élevés, un autre élément inquiète : l’ampleur des crimes qui ne sont pas portés à la connaissance des autorités. Une enquête menée auprès de plusieurs milliers d’adultes estime à près de 1,2 million le nombre total d’infractions (vols, agressions, fraudes), dont seule une faible part est effectivement enregistrée par la police.
Environ un crime sur huit seulement serait signalé, révélant un décalage important entre la réalité de la délinquance et les statistiques officielles.
Cette situation s’accompagne d’une défiance croissante envers les institutions. Près de 40 % des personnes interrogées estiment que la police n’est pas en mesure d’attraper les criminels, et la perception de son efficacité est en baisse.
Pour certains responsables politiques, ces données traduisent une perte de crédibilité du système judiciaire. L’opposition accuse notamment le gouvernement écossais d’avoir adopté une approche jugée trop laxiste face à la délinquance.
L’introduction récente d’une stratégie dite de « réponse proportionnée » par Police Scotland suscite également des critiques. Certains y voient un risque de voir des infractions minimisées, voire ignorées, afin de concentrer les moyens sur les faits les plus graves.
Dans ce contexte, les critiques évoquent la possibilité que de nombreux crimes soient, de fait, laissés sans suite.
Un débat politique relancé
Face à ces chiffres, plusieurs responsables politiques appellent à un durcissement de la réponse pénale, en particulier concernant les violences faites aux femmes et aux mineurs.
De son côté, le gouvernement écossais affirme rester engagé dans la lutte contre ces violences, en mettant en avant des politiques de prévention et des stratégies visant à agir sur les causes profondes.
Mais pour une partie de l’opinion et de la classe politique, ces réponses apparaissent insuffisantes au regard de la gravité des faits.
Entre hausse des violences, sous-déclaration massive et perte de confiance envers les institutions, l’Écosse se retrouve confrontée à une équation complexe.
Les chiffres récents ne se limitent pas à une évolution statistique : ils posent la question plus large de l’efficacité des politiques de sécurité et de la capacité des institutions à répondre à une criminalité perçue comme de plus en plus préoccupante.
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