L’Europe est censée disposer des normes de sécurité alimentaire les plus strictes au monde. Le consommateur attend, légitimement, que ce qu’il pose sur sa table soit de qualité et sans danger — et qu’il sache ce qu’il mange. Deux affaires récentes, l’une sur le continent, l’autre au Royaume-Uni, viennent pourtant rappeler que l’exigence de traçabilité n’est pas toujours respectée, avec pour résultat des consommateurs tantôt malades, tantôt trompés, parfois les deux.
Une épidémie de salmonelle venue de nouilles instantanées
Selon un rapport d’Euronews, des nouilles instantanées aromatisées ont été identifiées comme la source probable d’une épidémie de salmonellose. Le bilan communiqué par les autorités sanitaires européennes est loin d’être anodin : au moins 106 personnes touchées dans quatorze pays, majoritairement des enfants et de jeunes adultes, et pas moins de 49 hospitalisations.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ont relié les cas à des produits d’une même marque, recensés en Autriche, au Royaume-Uni, en Tchéquie, au Danemark, en Estonie, en France, en Allemagne, en Hongrie, en Lettonie, en Lituanie, aux Pays-Bas, en Norvège, en Pologne et en Suède. Les souches bactériennes en cause pointaient vers un producteur ukrainien. La marque Reeva, propriété de la société vietnamienne Uniben, a fini par reconnaître la « détection alléguée » de Salmonella Stanley dans un lot de nouilles distribué sur le marché balte et fabriqué par Euro Food Service, un industriel ukrainien. Les lots concernés ont depuis été retirés, l’entreprise assurant avoir pris les mesures nécessaires.
Le maillon faible de la traçabilité
Reprenons le fil : une entreprise vietnamienne sous-traite sa production à l’Ukraine, pays en guerre et État non membre de l’Union. Pourquoi pas, dira-t-on. Sauf que ni le Vietnam ni l’Ukraine ne sont tenus de se plier aux standards exigeants imposés aux producteurs européens. Et ces produits finissent malgré tout dans les rayons des supermarchés locaux, où le consommateur, de bonne foi, présume que tout ce qui est mis en vente est propre à la consommation.
Cette faille en dit long sur une contradiction plus large. Dans le même temps, Bruxelles s’emploie à signer des accords comme le Mercosur, qui autorisent l’afflux de produits agricoles issus de pays où les normes environnementales et sanitaires diffèrent de celles de l’Union — au risque de fragiliser des milliers d’exploitations européennes. Le tout sur fond de ce que les agriculteurs dénoncent comme un étouffement de la Politique agricole commune, entre coupes budgétaires et surcharge de règles environnementales. D’un côté, on asphyxie le producteur local sous les contraintes ; de l’autre, on ouvre grand la porte à des importations échappant à ces mêmes exigences.
Des kebabs « à l’agneau »… à la chèvre et au gras
Le second dossier, révélé par la BBC, nous mène outre-Manche. Kismet Kebabs, qui se présente comme l’un des plus gros fabricants de döner kebabs du Royaume-Uni, trompait ses clients depuis des années. Des tests ADN menés par les services de contrôle en 2020 et 2021 ont montré que des kebabs censés contenir « 70 % d’agneau » affichaient en réalité « moins de 10 % de mouton ». L’essentiel était en fait composé de peau, de graisse et de chèvre.
Une descente dans l’usine, en mai 2021, a levé le voile sur la recette : aucune livraison d’agneau n’y parvenait. Un enquêteur cité par la BBC décrit des palettes de chèvre, des chutes à forte teneur en graisse, des cartons de gras et de peau, des morceaux de mouton — le tout passé dans un gigantesque hachoir jusqu’à ressembler à de la pâte à modeler. L’entreprise a écopé le mois dernier d’une amende de 500 000 livres après avoir reconnu une fraude remontant à 2021.
Deux affaires, un même constat : derrière les promesses d’un modèle sanitaire irréprochable, la réalité de ce que nous mettons dans nos assiettes mérite, plus que jamais, d’être regardée de près.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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