Études de santé : de plus en plus de jeunes Français partent se former à l’étranger

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Chaque année, des étudiants français renoncent aux études de santé en France ou les quittent après un échec, pour aller se former à l’étranger. D’après un article des Echos du 1er avril, la Cour des comptes évaluait, fin 2024, à 1 600 par an le nombre d’étudiants partant à bac +1 après un échec en première année, notamment vers l’Espagne (20 %), la Roumanie (18 %), la Belgique (18 %) et le Portugal (8 %). La même source indique aussi que « le nombre de professionnels diplômés à l’étranger qui s’inscrivent à l’Ordre national des médecins est passé de 8 % en 2010 à 15 % en 2023 ».

Au-delà des chiffres, c’est un symptôme inquiétant du malaise français. Matthieu Resche-Rigon, doyen de la faculté de santé de l’université Paris-Cité, affirme ainsi : « Depuis quatre à cinq ans, de plus en plus d’étudiants ne tentent même pas les études en France ». Beaucoup cherchent à éviter une première année jugée trop difficile, tandis que d’autres passent par des structures privées ou des agences de recrutement pour rejoindre des filières pensées, de fait, pour un public français.

Le marché prospère sur les failles du système français

Le phénomène alimente ce que certains responsables décrivent comme un véritable marché. Vianney Descroix, président de la Conférence des doyens d’odontologie, parle d’« un vrai business des études de santé ». Le même article précise que, dans sa discipline, les frais de scolarité dans certaines universités privées espagnoles vont de 10 000 à 20 000 euros en première année, soit jusqu’à 100 000 euros pour la formation complète.

Cette évolution met aussi en lumière une fracture sociale évidente. Auprès du journal Le Parisien le 6 mars dernier, Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyens et doyennes de médecine, expliquait que la loi Neuder « a généré des demandes, des demandes qui vont s’accélérer quand les décrets vont passer ». Elle ajoutait : « Le problème, c’est que nos facs sont déjà pleine à craquer ».

Le risque d’une crise sanitaire et d’une rupture d’égalité

La question ne se limite pas à l’université. Elle touche aussi à la qualité future des soins. Vianney Descroix alerte : « On est assis sur une crise sanitaire qui ne dit pas son nom ». Il affirme que certains cursus de chirurgie dentaire se déroulent « sans qu’il y ait de formation avec de vrais patients » et que les étudiants reviennent parfois « avec un niveau dramatique ».

Pour les médecins, Matthieu Resche-Rigon se montre lui aussi préoccupé : « On commence à avoir des chiffres sur la qualité de leur formation et ça fait peur ». Derrière ces trajectoires individuelles se dessine donc un triple échec : celui d’un système français trop brutal dans sa sélection, celui d’une inégalité sociale évidente entre ceux qui peuvent partir et les autres, et peut-être demain celui d’une souveraineté sanitaire fragilisée.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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3 réponses à “Études de santé : de plus en plus de jeunes Français partent se former à l’étranger”

  1. AD dit :

    Les niveaux à l’arrivée des études sont très inégaux selon les pays…nos facs ont tout basé sur une sélection destinée davantage pour des ingénieurs que pour des médecins ou dentistes…L’IA va bientôt concurrencer le médecin vu le nombre de consultations en visio…L’Etat préfère ceux qui se forment à l’ étranger ça lui coûte moins cher !

  2. Rycart dit :

    Certaines universités françaises de médecine sont depuis fort longtemps de piètre qualité. On y garde certains étudiants uniquement par ce qu’ils sont de la famille de médecins locaux dits influents…
    Peu importent leur niveau et leur fréquence de participation à des beuveries !
    Cela fait penser aux corporations.
    Il n’est donc pas étonnant de voir des étudiants aller à l’étranger : ils ont peut-être une vraie vocation et le niveau des études, en Roumanie par exemple, n’est pas désastreux !

  3. RAYMOND NEVEU dit :

    Voilà le triste spectacle qu’offre cette république en faillite, faillite devenue la règle avec l’arrivée de ce Giscard joueur d’accordéon dit d’Estaing dont le père achète les terres de la famille d’Estaing mais s’octroie les armoiries rien ne les arrêtait ces racailles de bourgeois apatrides. C’est le père de la débandade avec ses sbires de la technocratie qui sont toujours au pouvoir.

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