En Inde, la lutte contre l’immigration clandestine venue du Bangladesh pousse désormais l’appareil sécuritaire à envisager des méthodes pour le moins insolites. Selon The Times, la Border Security Force étudie la possibilité d’utiliser des crocodiles et des serpents venimeux dans certaines zones fluviales et marécageuses de la frontière, afin de décourager les passages illégaux.
Le quotidien britannique rapporte qu’une note interne datée du 26 mars a demandé aux unités de terrain d’évaluer la faisabilité du projet, présenté comme une « barrière biologique » conforme aux orientations du ministre indien de l’Intérieur Amit Shah. Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’une mesure mise en œuvre, mais bien d’une option sérieusement examinée par les autorités.
Une frontière poreuse devenue obsession politique
Cette idée spectaculaire s’explique d’abord par la nature même de la frontière indo-bangladaise. Longue de plus de 4 000 kilomètres, elle traverse des deltas, des mangroves, des marécages et des cours d’eau dont le tracé change avec les crues. The Times rapporte qu’environ 850 kilomètres restent non sécurisés et que près de 145 kilomètres sont jugés impossibles ou très difficiles à clôturer en raison des inondations et du déplacement constant des rivières.
Le journal évoque également des portions de grillage déjà détériorées, cassées ou rouillées. Depuis 2014, le gouvernement de Narendra Modi a fait du contrôle de cette frontière un axe central de sa politique, dans un contexte où les migrants bangladais sont régulièrement présentés par le BJP comme une menace démographique et sécuritaire.
Solution radicale, mais lourde de risques
Reste que cette réponse soulève immédiatement de sérieuses objections. Des responsables de la BSF ont eux-mêmes reconnu que le projet posait des problèmes logistiques et sécuritaires évidents, à commencer par le danger pour les habitants des villages frontaliers. Dans une région densément peuplée et régulièrement touchée par les inondations, la présence de crocodiles et de serpents dans les zones d’eau pourrait exposer directement les riverains.
L’idée intervient en outre dans un contexte diplomatique tendu entre New Delhi et Dacca depuis la chute de Sheikh Hasina en 2024, même si des signes de reprise du dialogue sont apparus ces derniers jours. Derrière son apparence presque irréelle, cette piste dit surtout jusqu’où un État peut être prêt à aller lorsqu’il considère sa frontière comme trop poreuse et l’immigration comme un enjeu de sécurité nationale.
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Une réponse à “Inde : des crocodiles et des serpents pour protéger la frontière avec le Bangladesh”
mettons des zoos non parqués sur toutes nos frontières terrestres avec des alligators sur l’atlantique qui ne soient pas des marins d’eau douce