Cinq semaines sur le vélo. Dix-huit ans. Une victoire à Paris-Roubaix. Thijs Wiersma n’a pas lu le mode d’emploi.
Dimanche 12 avril, sur le vélodrome André Pétrieux de Roubaix, un garçon de 18 ans a soulevé un trophée que peu de gens l’auraient vu gagner quelques semaines plus tôt. Thijs Wiersma, Néerlandais, coureur de la structure de développement Visma-Lease a Bike, a remporté Paris-Roubaix juniors au sprint, devant l’Allemand Karl Herzog — champion d’Europe en titre — et le Français Alban Picard, troisième à quelques secondes.
106 kilomètres, 18 secteurs pavés, 198 coureurs au départ. Et un vainqueur qui, entre deux saisons de cyclisme, collectionne les médailles aux Championnats du monde de patinage de vitesse.
Cinq semaines sur le vélo, une victoire à Roubaix
La donnée qui sidère tout observateur un peu averti : Wiersma n’avait repris le vélo que cinq semaines avant la course. Tout l’hiver, il avait chaussé les patins, accumulé les compétitions sur glace au plus haut niveau international. Paris-Roubaix était une date cochée sur son calendrier depuis longtemps, un objectif autour duquel il avait construit sa saison de cyclisme. Pari tenu, avec une netteté qui laisse sans voix.
Sa propre réaction après la victoire en dit long sur sa personnalité : il confie avoir misé l’intégralité de sa préparation sur ce rendez-vous, sans savoir si cela suffirait, et qualifie le résultat d’ahurissant. Pas de forfanterie, pas de posture — juste la stupéfaction sincère d’un gamin qui vient de réaliser quelque chose d’extraordinaire.
Une course digne des grands
La course elle-même a tenu toutes ses promesses. Dès les premiers secteurs, les chutes et les incidents mécaniques ont égrainé le peloton. Une échappée de trois coureurs — le Français Soren Bruyère Joumard, le Néerlandais Gijs Winters et le Sud-Africain Dean Woolley — s’est formée à plus de 50 kilomètres du vélodrome et a longtemps semblé pouvoir aller au bout.
Mais le Carrefour de l’Arbre a tout redistribué. Bruyère Joumard et Winters ont chuté après le contact avec un spectateur imprudent. Wiersma, lui, avait déclenché son effort à 25 kilomètres de l’arrivée depuis le peloton. Revenu sur les débris de l’échappée grâce à son compatriote Winters — remonté sur son vélo immédiatement après sa chute —, il s’est retrouvé à deux avec lui, semblant se jouer la victoire en interne.
C’était sans compter sur Karl Herzog, le champion d’Europe allemand, revenu à toute vitesse dans les derniers hectomètres. Le sprint à trois était lancé. Wiersma a tout donné dans la ligne droite finale et s’est imposé d’une demi-roue. Herzog, fair-play, a reconnu sa défaite avec dignité. Picard, dans le groupe de chasse, a réglé ses adversaires pour offrir à la France son premier podium ici depuis 2023.
Le profil qui affole les recruteurs
Ce qui rend Wiersma si intéressant, au-delà du résultat brut, c’est la transversalité de son profil. Le patinage de vitesse développe des qualités physiques — puissance explosive, capacité cardio-vasculaire, résistance à l’effort intense — qui se révèlent redoutablement efficaces sur les pavés du Nord. Il en est parfaitement conscient et revendique l’idée de continuer à pratiquer les deux disciplines le plus longtemps possible, convaincu que l’une nourrit l’autre.
Ce n’est pas sans précédent dans l’histoire du sport néerlandais, où plusieurs athlètes ont navigué avec succès entre le vélo et la glace. Mais la précocité de Wiersma — 18 ans, un titre mondial sur glace, une victoire à Paris-Roubaix juniors — lui confère une dimension particulière.
Visma-Lease a Bike, qui l’a déjà sous contrat dans sa structure de développement, observe la situation avec beaucoup d’intérêt. Les discussions pour une intégration plus étroite dans le projet professionnel pour la saison prochaine seraient avancées. Si l’équipe qui compte Wout van Aert et Jonas Vingegaard dans ses rangs s’intéresse de près à un junior, c’est rarement par hasard.
Paris-Roubaix juniors, c’est une épreuve qui a révélé des champions. Tom Pidcock l’a gagnée. Mads Pedersen aussi. Jasper Stuyven figure au palmarès. Autant de noms qui ont ensuite marqué le cyclisme professionnel mondial. Wiersma entre dans cette liste avec un profil que les autres n’avaient pas : celui d’un athlète complet, capable d’exceller dans deux sports exigeants simultanément, et qui a choisi les pavés de Roubaix comme terrain de démonstration.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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