Sapeurs-pompiers volontaires : ces communes et entreprises bretonnes qui montrent l’exemple par des partenariats

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En Bretagne, de nombreuses collectivités et entreprises privées ont signé des conventions de disponibilité avec leur SDIS, permettant à leurs salariés pompiers volontaires d’intervenir et de se former sans sacrifier leur emploi. Un dispositif méconnu, pourtant ouvert à tous les employeurs — et dont les bénéfices dépassent largement la seule caserne.

Il n’y a pas de pompiers professionnels sans pompiers volontaires. En France, ces derniers représentent 79 % des effectifs des services d’incendie et de secours. Sans eux, le modèle s’effondre. Et pourtant, l’un des principaux freins au volontariat reste le même depuis des décennies : comment concilier l’engagement au centre de secours avec une vie professionnelle, quand l’alerte peut tomber n’importe quel mardi matin à 10h30 ?

La réponse existe. Elle s’appelle convention de disponibilité. Et en Bretagne, de très nombreux employeurs — collectivités comme entreprises privées — ont décidé de franchir le pas.

Vitré, Bain-de-Bretagne : les communes ouvrent la voie

Le 10 avril 2026, la Ville de Vitré et le SDIS d’Ille-et-Vilaine ont signé leur huitième convention de disponibilité. Huit pompiers volontaires, tous agents municipaux — aux espaces verts, à la voirie, à la piscine ou aux bâtiments —, peuvent désormais quitter leur poste pour intervenir en journée, avec en prime cinq jours d’absence dédiés à leur formation. Le maire Pierre Léonardi et Jean-Luc Chenut, président du Conseil départemental, ont tenu à faire de la signature un moment officiel. Non pour la forme, mais pour le signal : «Quand une collectivité s’engage à ce point, cela peut susciter des vocations», a souligné Chenut.

À Bain-de-Bretagne, c’est une première depuis 2013 : la maire Myriam Gohier a signé en février dernier une convention de mise à disposition d’un de ses agents techniques : avec près de 1 000 interventions annuelles, chaque engagement supplémentaire compte. D’autant que Lely France, une entreprise locale, a également signé une convention similaire pour l’un de ses salariés.

Le secteur privé s’y met aussi

Les collectivités ne sont pas seules. En Finistère, c’est Bretagne Isolation, entreprise de Châteaulin, qui a signé le 13 mars 2026 une convention avec le SDIS 29 pour son salarié Florent Masson, pompier volontaire sur Sizun. Ancien boulanger-pâtissier reconverti dans le bâtiment après un licenciement économique post-Covid, Masson a trouvé dans le volontariat une vocation.

Le Finistère compte 211 conventions de ce type sur son territoire — deux tiers dans le secteur privé, un tiers dans le public. En Ille-et-Vilaine, ce sont 360 employeurs qui ont franchi le pas. Des chiffres qui progressent, mais qui pourraient aller beaucoup plus loin.

Ce que cette convention change concrètement

Le principe est simple : l’employeur et le SDIS négocient librement les modalités. Le salarié pompier volontaire peut être libéré sur son temps de travail pour des interventions ciblées — pas pour chaque appel, mais de façon sélective, sur des durées définies et pour des missions correspondant à ses compétences. Il bénéficie également de jours dédiés à la formation, sans amputer ses congés personnels.

Et dans tous les cas, l’employeur garde la main : si les contraintes du service ne permettent pas la libération, le salarié reste à son poste. La convention fixe un cadre, elle n’impose pas une obligation inconditionnelle.

C’est peut-être l’argument le moins mis en avant, et pourtant le plus concret pour un chef d’entreprise : avoir dans ses rangs un sapeur-pompier volontaire, c’est disposer d’un secouriste formé et expérimenté, capable d’intervenir en cas d’accident, d’identifier des risques, de déclencher les secours dans les meilleures conditions. C’est aussi un collaborateur qui, par définition, fait preuve d’esprit d’équipe, de sang-froid et de sens des responsabilités. Des qualités qui ne s’arrêtent pas à la porte de la caserne.

Pour les entreprises qui souhaitent s’engager, le SDIS de leur département est l’interlocuteur direct. La démarche est ouverte à toute structure — TPE, PME, grande entreprise, administration — et les modalités sont négociées au cas par cas. Orange, par exemple, a signé une convention-cadre nationale avec la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : sept de ses salariés, pompiers volontaires en Ille-et-Vilaine, en bénéficient directement.

Un modèle à développer d’urgence

Le message des SDIS bretons est clair : le volontariat ne survivra pas sans l’implication des employeurs. Les centres de secours ruraux, en particulier, dépendent presque entièrement de pompiers qui ont un autre métier le reste du temps. Chaque convention signée, c’est une disponibilité de plus dans la journée, une capacité d’intervention préservée pour les habitants d’un territoire.

Communes, intercommunalités, artisans, industries, commerçants : le dispositif est là, il fonctionne, et la Bretagne commence à le prouver. Reste à convaincre ceux qui ne le savent pas encore qu’ils peuvent — et devraient — faire partie de la solution.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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