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Le peuple Mainoîs se serait-il réveillé de sa longue nuit d’hiver ? Celui que l’historien breton Jean-Christophe Cassard définissait comme « un repaire d’opposants fiers du passé prestigieux de ce fragment de Neustrie » vient de lancer une pétition en ligne, relayer ces derniers jours par Breiz -Info, pour demander aux collectivités locales et à l’Etat de mettre en place une sensibilisation à toutes les langues régionales dans leur territoire respectif. Ceci comprend aussi et surtout la promotion de la langue mainoîse.
Le Maine, pays marqué du sceau du Septentrion, appartient depuis toujours à la communauté des peuples de la Manche et de la Mer du Nord. Du Grand Duché (Ve-IXe siècles) qui rassemblait les terres neustriennes de la Loire à la Seine, au cœur battant du monde Plantagenet (1129-1204) en passant par l’espace princier du scandinave Rorgon (785-840), les pays mainoîs trouvent leurs vraies racines dans le mythe celto-nordique enchanté, loin de la zone de culture du « francisme » parisien.
Si l’identité d’un peuple peut se révéler par la langue, ce critère n’est pas exclusif et unique. La langue mainoîse est multiple et complexe et il ne s’agit pas ici d’en faire l’analyse dialecticienne. Sans doute peut-on préciser simplement qu’elle est un mélange de mots français, de variantes de la langue officielle et de mots totalement différents. La langue mainoîse possède des sons et articulations que le français n’emploie pas et reste l’héritière des dialectes qui ont occupé le Maine historique avant la centralisation monarchique du XVIe siècle.
Historiquement, une littérature en langue mainoîse voit le jour à la toute fin du XIXe siècle avec des auteurs venus de tous les horizons mainoîs.
Parmi les éveilleurs, citons Roger Verdier qui fut pendant plus de soixante ans un défricheur, un collecteur avide de faits dialectaux, archéologiques ou historiques, hanté par une vision nordique et populaire du Maine qu’il défendait bec et ongle. Ses compétences n’avaient guère de limites, passant avec une agilité déconcertante des paroisses mérovingiennes aux divers parlers de la langue mainoîse. Membre de la Société française d’onomastique, de la Société d’agriculture, sciences et arts de la Sarthe et de la Fédération archéologique du Maine, Verdier signa également de jolis contes, romans et poèmes en langue vernaculaire. Signalons Cinquante bobillonneries, Prosper Béroux roi des Loudonniaux, ou encore Les gearmes d’nou guèrouâs, aventures gaies et truculentes rédigées dans un esprit rabelaisien.
En sus, il convient de signaler l’existence d’un foisonnement de contes traditionnels rédigés en langue Mainioise totalement oubliés de nos jours par nos compatriotes. Pour n’en citer que quelques uns, le breton Armand Dagnet, prosateur unique de la Suisse cénomane avec ces Houbilles et Birouilles et ses Histoires des Coévrons, Louis Déan-Laporte, père des incomparables Contes du Maine, ou encore René-Raoul Langlais avec ses Contes en patois d’cheû nous, peuvent être considérés comme de bons artisans du renouveau de la langue mainioîse. Songeons aussi à Gaston Chevereau, Fernand Bourdin et Joseph Jouet, autodidactes honnêtes au cœur généreux.
Je ne serai beau que de foi mainoîse, pour paraphraser le Normand Louis Beuve. Soutenons donc cette initiative de mise en valeur de nos langues régionales. Car « Défendre et transmettre nos langues et les imaginaires qui leur sont liés, c’est affirmer que la sauvegarde de la diversité sous toutes ses formes est une urgence démocratique et vitale face à l’uniformisation du Monde. »
Pétition : https://www.openpetition.eu/fr/petition/online/sensibiliser-a-la-langue-de-nos-territoires
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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3 réponses à “La tranquille éternité du Maine : le réveil d’un peuple et de sa langue oubliée”
J’ai en ma possession 3 livrets militaires du XIXe ayant appartenu à de solides gaillards de la région de BAIS (53) sachant lire et écrire ayant tous trois servi au 15e d’Artillerie montée de Rouen. Bais n’est pas si loin de chez Jean Chouan de l’aut coteu de la Maien.
Toujours rassurant de voir de plus en plus d’initiative pour un retour d’un dialecte, mas j’aurais aimé quelques phrases en mainois pour découvrir ce dialecte et sa sonorité.
Un peuple mainois ? C’est nouveau çà !